« Mes chances ? Elles sont totales. » Tom

Vendredi, journée du poisson chez les cathos, soirée mort aux rats chez Claire et Mat.
Seize joueurs (de toutes confessions et de tous pedigrees) se sont retrouvés au Garage en mode Gérard Lambert, perfectos et chaînes de vélo, et c’était pas pour faire pénitence.

Comme dirait Renaud : j’aurais mieux fait de rester chez ma mère, comme un bon fils.
Au lieu de quoi j’ai pris cher. Et je ne suis pas le seul…

Débriefing :

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Merci à Claire et Mat qui ont assuré comme des chefs pour faire de cette étape une réussite. L’ambiance Renaud à Bobino matchait parfaitement avec le thème de la soirée.
Big up à Riton pour ses photos façon moutarde à l’ancienne, ça claque.
Grosse bise à Benito qui sortait de désintox et affichait une agréable désinvolture, comme transporté par les effets de sa jeune paternité (une pensée affectueuse à Céline, restée pouponner).
Merci à Sylvain, qui portait le déguisement le plus inattendu de la soirée (à croire qu’il cherchait à se faire lyncher 😀 ) et s’est révélé être un excellent… croupier.
Enfin, dédicace à Juju, aka The Brain, grand absent de cette étape : on espère te revoir très vite à la table des LSOP.
Au passage – j’aurais dû commencer par là – bravo Alex (la rage de vaincre) et chapeau mesdemoiselles ! Profitez, savourez, gargarisez-vous, ça ne va pas durer.

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 » – What’s a major chord ? – A major chord is when everything in your life works out perfectly, when you have everything you could ever possible want. » Jimmy Doyle (Robert De Niro) dans New York, New York, de Martin Scorsese

 
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« Je ne crois pas à la vie après la mort ; je prends quand même un slip de rechange. » Woody Allen

D’un point de vue scientifique, j’ai lu ça quelque part, un fait est une observation confirmée de manière répétée, et en pratique considérée comme « vraie ».
Aussi était-il acquis, au sein de notre petite communauté de losers, que personne ne s’imposerait jamais à domicile. Plus qu’un fait, c’était devenu une règle intangible. Une loi.
Mais l’étape du Bassin, c’est un de ses principaux enseignements, nous a rappelé que la vérité en science n’est jamais définitive. Et ce n’est pas la seule certitude que la septième étape des LSOP aura ébranlée…

Par exemple, lorsque Poupart va à tapis et sort Riton (médusé) sur la toute première main de la partie, il est loin (mais alors très loin) de se douter que ce dernier lui rendra la monnaie de sa pièce, dans le carré final, et le privera de sa chance de remporter une troisième étape consécutive (je parle de moi à la troisième personne car ça m’aide à prendre du recul et à oublier cet épisode douloureux).
Il faut préciser qu’au petit jeu des retours à la vie (extra balls), Le Bassin fera également date : 8 joueurs, 7 recaves (dont deux doubles) ! C’est dire si la performance de Karine (alias le nénuphar) est à marquer du sceau de l’excellence ! Non contente d’être la seule féminine de l’étape et de nous chausser à domicile avec son air de sainte-nitouche, elle aura, sur un plan comptable, fait main basse sur 22500 jetons, soit l’équivalent de 15 caves. Excusez du peu. Karine empoche le plus gros pot jamais enregistré depuis le début des LSOP et porte sans ciller l’estocade à celui qui n’est autre que le père de sa fille (Doc), au terme d’un head’s up durant lequel on ne peut pas dire qu’elle se soit embarrassée du conjugalement correct.
Costaude, la miss.
D’ici qu’elle apprenne le Hold’em No Limit à sa sœur Marlène (c’est semble-t-il prévu), voilà à quoi pourrait ressembler la dernière étape des LSOP :

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MEF les gars, si les filles se mettent à jouer les gros bras…

Cette insolente (et encourageante, et réjouissante) réussite ne doit cependant pas occulter les autres (contre) perf’ de la soirée :

The Brain : Mauvaise passe pour celui qui avait démarré les LSOP sur les chapeaux de roue.
Tout penaud au moment de quitter la table, la détresse de son regard semblait nous souffler ces mots de Woody Allen : « My luck is getting worse and worse. Last night, for instance, I was mugged by a quaker. » 😀
Philosophe, il a juré de revenir chez Karine et Doc avec des potes et un bidon d’essence…

Vince : De retour aux affaires après une (trop) longue absence, Vince n’a pas vraiment pu développer son jeu ni entrer dans des coups qui lui auraient permis d’espérer une place payée. En revanche, jamais vu un mec quitter une table avec un flegme aussi classieux : « Bon, m’en vais chercher un putter dans le coffre de ma caisse pour taper quelques balles dans le jardin… »  😯

Séb : Séb remporte de gros coups mais craque sur la distance. Nouvelle illustration au Bassin.
S’il décidait d’évaluer, au-delà de ses propres mains, la situation à la table (positions, stacks, pots…), m’est avis qu’il pourrait devenir très très sale (ça veut dire dangereux dans la langue de Riton)…

Le Professeur : Une partie en demi-teinte pour le plus assidu de nos membres (c’est à ce jour le seul à avoir participé à toutes les étapes du tour). Son statut de Professeur pourrait bientôt le conduire à celui de « Doyen ». L’encyclopédie vivante des LSOP.
Toujours placé (finaliste au Goulag), la question n’est pas de savoir s’il va décrocher un titre, mais quand.

Poupart & Riton : Je pensais pouvoir faire le break et me placer pour la finale mais c’était sans compter avec le teigneux, l’increvable Riton, qui a recavé deux fois et dont l’objectif premier était en fait de me fumer, quel qu’en soit le prix. Je l’ai compris trop tard, à mes dépens. Contrat rempli donc pour cette raclure. En revanche, au chapitre « comment gérer un stack à faire pâlir Goldman Sachs » il faudra repasser, Doc n’en fera qu’une bouchée, et Riton devra se contenter d’une déjà très belle troisième place (preuve s’il en fallait que sa victoire au Goulag ne devait peut-être pas tout au hasard… Non Mat, je déconne 😀 ).

Doc : Son excellente prestation a été quelque peu éclipsée par celle de sa moitié, mais force est de reconnaître que Doc a remarquablement négocié les différentes phases de la partie, il a notamment su gérer un début assez indigent (avec un passage par la case recave), longtemps short stack, sans jamais céder à la panique, et sachant faire la différence aux moments opportuns. Solide le toubib.

Karine : N’en jetez plus, la pression pourrait bien lui scier les pattes lors du prochain round…
Sans transition le mot de la fin : merci papa, merci maman, pour votre accueil et vos petites attentions (les madeleines maison étaient terribles), nous n’avons qu’une hâte, vous revoir bientôt… et vous dépouiller tendrement.

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« Juju t’es en perte de vitesse, un conseil : vérifie l’état de tes sondes pitot si tu ne veux pas sombrer définitivement. » Poupart (échange de politesses sur la liste de diffusion des LSOP)

En cette veille de l’Ascension au ciel de ce bon vieux JC, quelques joueurs sont descendus bien bas… au Goulag de Cyriline Robinovskaia.
Comme dans un mauvais rêve, certains continuent même de dévaler : « Remonte Mat, c’est qu’un jeu… fais pas le con ! »

En lice pour cette sixième étape des Loose Series Of Poker : Claire, Mat, Jean-Neudes, The Brain, Le Professeur, Cyril et moi (moi, c’est à dire Riton, pas Poupart, même si je lui ai piqué son style ; le vieux a décidé de faire l’impasse, il se prend pour un perchiste :-D).
Forfait de dernière minute pour Jean-Neudes, fracture du cervelet, remplacé au pied levé par François qui sortira de son rôle de réserviste pour jouer sa carte (un peu trop) à fond.

Nous sommes reçus chez Cyril à grands coups de shooters-de-vodka-dans-ta-gueule (une tradition moujik à en croire notre hôte, mais je soupçonne une manipulation insidieuse de cette salope visant à noyer notre matière grise pour mieux nous faire les poches) et, dans une configuration à sept joueurs, nous aurons droit à un jeu hyper agressif et plein de rebondissements : rebuys, brimades et festival de cacas mous pour une fin de partie aux aurores.

Préposé au compte rendu de cette étape, j’ai eu l’idée de tenir une sorte de main-courante pendant la partie. Voici donc l’enregistrement de ce qu’il convient d’appeler la « boîte noire » :

23h30 : « Gentlemen, start your engines ! »

23h32 : Cyril va à tapis  😯

23h33 : Cyril recave (le ton est donné).

23h34 : Riton « Big stack bully on ze road again a biz to fly ».

23h53 : Riton perd le tiers de son tapis sur un all in de c’te salope de Mat…

23h59 : Une jean-neudisme blanche et une benitoïte aigüe, deux maladies orphelines extrêmement rares s’invitent à la table. Mat, qui me travaillait au corps depuis quelques jours déjà en alignant provocations, insultes et vieilles piques antisportives, a comme qui dirait envie de mettre ses couilles sur la table. Il part donc à tapis… et là CRAC BOUM ! Pokeeeeer ! Je récupère son stack sur un vilain bluff tout sale : j’ai 3 et 9 dépareillés, Mat AQ, le flop et le turn ne changent pas la donne, un 3 tombe à la river. Bad beat.
Mat tente alors de me faire manger ses cartes de force. Aucun self control ce mec.

00h05 : The Brain (qui se touche la nouille depuis le début de la partie et se contente de regarder passer les tapis) vole les blinds comme le vilain bonhomme qu’il est. Montant du casse : 120 jetons dont 80 de sa poche. Wouhou comme dirait un certain décodeur v5.

00h06 : François pète un verre de vin (plein le verre, sinon aucun intérêt) sur le tapis de Cyril (NDLR : en fait celui de Poupart, ‘culé !).

00h07 : Je reprends 300 jetons à Mat pour le punir, lequel mange aussitôt le chat de Cyril pour assouvir une pulsion de mort.

00h10 : Mat me tend une nouvelle fois la rondelle, je ne me fais pas prier, j’y mets mon gros gourdin. Riton « Le Flamboyant » (dixit Le Professeur). Fallait pas me chercher, un point c’est tout. A10 pour moi, KJ pour toto. Sort un 10. That’s Poker !

00h11 : Mat recave (rires).

00h48 : Riton sort un bluff incredibeul pré-flop et taxe les vilains méchants : 450 jetons. Ding ! (C’est le bruit du tiroir-caisse.)

00h49 : Deux 6 sortent. Face to face Mat / François (Mat change de cible :-D). Mat engage son tapis. François réfléchit entre deux shooters. Suivi. François dépouille Mat. Une Jean-Neudes : paire de 3 (François) versus AJ (Mat). Comme dirait Benito : « Atroce ! »
Mat reste en vie.

01h00 : The Brain is out. A10 pour Riton, AQ pour The Brain. Un 10 sort à la river. J’ai une moule de pendu, j’avoue.

01h11 : Mat attaque à tapis et gagne 43 jetons. Son plus beau coup de la soirée. (NDLR : MDR !)

01h13 : Le Professeur annonce que c’est le début de la fin pour moi (il me reste 3750 jetons… je dis ça je dis rien).

01h16 : Quatrième shooter de vodka du fin fond de la Sibérie.

01h20 : Claire touche American Airlines. Bad beat. Je sors une quinte.
À ce moment précis je me dis que si j’avais une copine, elle serait probablement en train de faire crac boum uh avec un gros black.

01h22 : Plusieurs SMS anonymes pour dire que je suis une lopette.

01h29 : Mat suit Riton à 500 jetons sur le flop.

01h30 : Nous sommes à tapis. A6 pour Mat, A2 pour moi. Un As et un 2 tombent mais ce dernier ne sert à rien : split grâce à une paire de 7 sur la table ! Mat s’en tire à bon compte (mais pas pour longtemps).

01h48 : All in du Professeur face à Riton ; Aurél encaisse.

01h55 : Mat et Clarinette envoient leurs tapis, ils ont tous les deux AK. J’ai une paire de 10. Claire, bisou, au revoir. Désolé. Mat entre en mode survie.

02h00 : Arrêt au stand, j’ai 2750 jetons.

02h01 : All in de Mat qui double ses 150 jetons (je l’ai suivi pour lui faire plaisir, sinon il serait parti en faisant la gueule).

02h05 : All  in de Cyril (480 jetons) suivi par Riton. Ma bonne étoile me lâche. Cyril double.

02h12 : All in de Mat (oui on est des fous !) qui récupère quelques jetons. Je le dépouillerai à 02h20 sur une main que je n’ose pas vous révéler tellement c’est indécent… Les photos parlent d’elles-mêmes.

02h55 : Sont encore en piste : François (8 grammes), Cyril, Le Professeur et Riton.

03h04 : Le Professeur vole les blinds (il ne s’en cache même pas cette petite salope).

03h43 : Je suis François qui est à tapis. Je perds (le déclin annoncé par Le Professeur ?).

04h00 : Les têtes volent comme dans Sleepy Hollow, et c’est celle de Cyril qui tombe face à Riton (je verrais mieux « Le Tueur » comme pseudo, plutôt que « Le Flamboyant », mais bon…).

04h10 : Le Prof à tapis (« tu bluffes Martoni ! »). C’est sale mais ça gagne.

04h28 : François n’est plus tout à fait lui-même. Il part couler un bronze dans une rizière. Manque de bol il marche sur une mine antipersonnel, il arrive à s’extirper du trou où il gît et se met à ramper façon cul-de-jatte. Un viet le rattrape et lui plante sa baïonnette dans le front. Rideau pour François.

04h40 : Head’s up entre Le Professeur et ma gueule.

04h52 : NFS, chimie, iono… on dégage ! Tracé plat pour Le Professeur. Heure du décès : 4h52.
Riton « Le Tueur » remporte la sixième étape des LSOP.

Les chiffres de la soirée :
7 participants
17 tapis suivis
5 joueurs sortis par Riton (« Le Tueur » je vous dis, « Le Tueur » !)
28 shooters de vodka
1 chat mort

Merci Cyril pour l’accueil. Merci à tous pour ce grand moment de brêlitude, et rendez-vous à la prochaine étape où je vous promets une nouvelle nuit en enfer !

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« Je vous laisse 5 minutes pour calter de chez moi ! » Benito

Annoncée comme une étape coupe-gorge, Le Saloon me promettait les enfers. Ma trogne était même placardée sur la porte d’entrée. Mais les Chicanos en seront pour leurs frais. Votre serviteur rafle une nouvelle fois la mise, en arborant un joli chapeau rose (mon côté wild gay) et en trouvant un allié inattendu en la personne de Jean-Neudes, lequel a sorti quelques-uns de mes adversaires les plus dangereux ; j’ai rarement vu un type avoir une chatte aussi insolente  😀

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Jean-Neudes ou le genre de type qui va à tapis pré-flop avec une paire de 3 !
Benito pose fébrilement King Kong sur la table (un ange passe), Riton un As et une merde ou un Roi je sais plus, whatever… On se dit alors que ça devrait bien se passer pour Benito, à moins que Riton trouve sa paire d’As, et naturellement personne ne met un billet sur Jean-Neudes, certains se retiennent même de rire. Mais voilà, « That’s Poker ! » Le flop et le turn ne donnent rien ; un 3 tombe à la river, c’est Jean-Neudes qui encaisse. Instantanément, Benito prend trois flèches de Cheyennes : une dans la jugulaire (petit moment d’incrédulité), une autre dans le cœur (impression de déjà-vu), et la dernière dans le cul, comme pour sceller l’affaire.

Le bad beat fait toujours son petit effet, mais c’est pas tant la chatte qui doit nous interpeller ici, qu’une question de logique.
Le fait est que si nous n’étions pas les brêles que nous sommes, personne ne serait allé à tapis pré-flop avec une paire de 3, le deal se serait réglé entre Benito et Riton : KK contre AK couleur, en head’s up, pré-flop, on est approximativement sur un rapport 66% / 34%. Bref, avantage Benito mais sans regret si ça passe pas.
Lorsque Jean-Neudes entre dans le coup, ses chances de gain face à Benito et Riton sont de l’ordre de 18%. Pire, lorsque le turn arrive, ses chances tombent à 5%  😯 (tandis qu’avec son jeu fait, Benito gagne dans 70% des cas, et que Riton a environ 25% de chances de trouver l’As ou le Cœur qui lui manque).
Seulement voilà, nous jouons bel et bien comme des brêles, ce qui autorise les situations les plus improbables, celles dont on pense pouvoir se mettre à l’abri après une grosse relance ou un tapis. Dans ces circonstances, il faut un peu plus que de la chatte et des cartes pour gagner. Il faut un hachoir, des sacs plastiques et un grand coffre.

Pour le reste, RAS. Service aux petits oignons, dégaines de bouseux, cigarillos, ambiance ad hoc… Merci Benito.

Hop, une petite vidéo pour finir (ça tourne court car j’avais pas assez d’images, pour changer). Vingt dirhams à celui qui trouve de quel film est tirée la musique ; dix pour le nom du compositeur (plus facile).

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Bruce Lee par Markus Gustafsson

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« You see in this world there’s two kinds of people, my friend. Those with loaded guns, and those who dig. You dig. »
Blondie, The Good, the Bad and the Ugly

Amateur de cinéma depuis mon âge le plus tendre, j’ai longtemps été dupe.
Je croyais ce que je voyais, ou j’avais très envie d’y croire (c’est une magie qui opère parfois encore aujourd’hui, et je m’en réjouis car c’est le signe que l’enfant que j’ai été n’est pas tout à fait reclus, désillusionné), mais surtout je croyais ce que j’entendais. Et il faut se rappeler qu’à l’époque (dans les eighties) les films en versions orginales sous-titrées ne sont pas légion, les chaînes thématiques comme Arte n’existent pas et les seuls films proposés en VOST sont diffusés à pas d’heure (les classiques de Fellini, Kazan, Tourneur, Vidor, Walsh etc. passent dans l’émission Cinéma de minuit diffusée sur FR3 et présentée par Patrick Brion dont j’achèterai plus tard les livres). Une heure bien trop tardive pour un gamin de mon âge.
Pendant longtemps donc, Clint Eastwood a eu pour moi la voix de Jacques Deschamps, son doubleur dans la trilogie du dollar.
Au point que j’ai été passablement troublé, pour ne pas dire franchement déçu, lorsqu’il m’a été donné de pouvoir acheter mes premières VHS sous-titrées et d’entendre la voix originale de Clint, comme si cela altérait ma mémoire et le souvenir de scènes mythiques que j’avais vécues au son d’une autre voix, une voix avec laquelle j’avais grandi et qui était celle du Clint que je connaissais.
Sans compter que le son mono d’origine n’avait pas la même résonnance que dans les versions doublées où les voix étaient plus en avant (à noter qu’il devient maxi tendu de se procurer des films dans leur mono d’origine tant les éditeurs s’empressent de tout remasteriser en multicanal, contre toute raison et contre toute logique mais pour ajouter à leur argu de vente. Faut dire que c’est pas les pigeons qui manquent… à quand une fausse version 3D de The Good, the Bad and the Ugly ?).

Bref, tout ça pour dire que le passage à la VO a été un vrai petit bouleversement dans ma vie de cinéphile.
Un mal pour un bien j’ai envie de dire.

Loin de moi l’idée que la voix natruelle d’Eastwood est nase, j’ai « appris » à l’aimer, et je suis aujourd’hui un inconditionnel des versions originales. Les voix des acteurs sont uniques et indissociables de leur jeu ; une fois acquis à cette idée, à ce lien indéfectible, il me sera plus possible de faire machine arrière. L’autre soir ils passaient We Own the Night à la téloche, sur le moment je me suis dit « cool, pour une fois qu’on nous sert pas une daube… » mais dès les premières secondes j’ai cru que j’allais clamser, en un mot : atroce. Obligé de sortir la version Blu-ray et de passer en VOST.
Le doublage revêt pour moi une forme d’hérésie et devrait être réservé aux analphabètes et aux malvoyants.
Vous viendrait-il à l’idée de doubler un chanteur au prétexte qu’il ne s’exprime pas en français ? À l’évidence non.

Ce n’est sans doute pas un hasard si certains pays n’utilisent pas le doublage, c’est une question d’éducation et de culture (les films étrangers ne sont pas doublés au Portugal, en Grèce, en Turquie, en Suède, en Finlande et dans bien d’autres pays… ils sont sous-titrés).

À la fin des années 90, l’arrivée du DVD a permis de faire évoluer les mentalités, car il devenait alors possible de laisser au spectateur le choix de la langue et des sous-titres appliqués à un film. Une petite révolution.
Curieusement, le téléchargement illégal favorise aussi la promotion des versions originales en ceci que, pour voir un film ou une série avant l’heure, les gens n’ont d’autre choix que de les regarder en VOST (les versions doublées n’existant pas encore).
Enfin, les ciné-clubs et autres cinémas de quartier ne sont plus les seuls dépositaires de la distribution de films en VO, certaines grandes enseignes comme l’UGC promeuvent de plus en plus les versions originales. Signe que les temps changent et que nous sortons progressivement de notre franchouillardise.

Les plus réfractaires/conservateurs diront : « Ouais mais c’est chiant de lire… » (Je souligne le côté spécieux de cet argument car en général au bout de cinq minutes on oublie qu’on est en train de lire… à moins que le film soit à chier, naturellement.) Je leur réponds que si on me donnait le choix entre suivre des cours intensifs d’anglais ou voir The Big Lebowski en VF, je prendrais les cours d’anglais, dussé-je y passer des mois.

Reste que, affectivement, il y a un avant et un après VO, et qu’il m’est très pénible de revoir la trilogie du dollar en VO sachant que je l’ai découverte en VF, tandis que, dans le même temps, voir un film récent en VF m’insupporte…
C’est donc dans sa version doublée – la version de mon enfance – que je vous propose l’extrait suivant.


Avouez que la voix de Jacques Deschamps déchire tout ! 😀

Libre à vous de voir dans cet extrait un message subliminal (ou pas) en vue de la cinquième étape des LSOP qui se déroulera ce samedi soir chez Benito.
Et pour se mettre dans l’ambiance, je ne résiste pas à la tentation de vous proposer le thème principal du film dans sa version non dépoussiérée de 1966. Morricone + Leone = inoxydable.

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« Écartez-vous, j’ai la taupe au guichet ! » Karine

Il faudrait que j’écrive les comptes rendus à chaud (au risque de ne pas être objectif, mais le suis-je jamais vraiment ?) car, deux semaines après un évènement, j’ai comme qui dirait des trous de mémoire…

J’irai donc à l’essentiel : le quatrième acte des Loose Series Of Poker s’est joué chez « Alex les bons plans », nom de code : Fidelio La Paillote. Et parce que le Poker empreinte à la tragédie grecque (si si), ça s’est mal fini pour tout le monde sauf pour moué (gnurf gnurf gnurf !).
Disons-le sans mégoter : Alex a géré de main de maître l’organisation de cette soirée où rien n’a manqué (sinon Jessica Alba en bikini pour servir les cahouètes), établissant au passage un nouveau record de participation, ce qui est d’autant plus remarquable que le délai de prévenance de cette étape était plutôt short…
Peut-être faut-il mettre ça sur le compte d’une heureuse coïncidence, à moins que quelque chose de viscéral ait présidé à l’évocation enchanteresse de La Paillote, comme lorsqu’un loup appelle sa meute… Who knows, Alex est peut-être une sorte de gourou, au fond. Restons sur nos gardes.
Quoi qu’il en soit, nous sommes tous heureux d’accueillir Alex dans notre petite confrérie ; il a démontré, par sa capacité à craquer sous la pression, un potentiel de brêlitude tout à fait intéressant. Notez qu’il a juré de se refaire la cerise chez Benito, à l’occasion de la cinquième étape prévue le 21 mai prochain. MEF !

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En deux mots : grosses perf’ pour Riton et Benito qui sortent (enfin) des chachis et se mettent à produire du jeu ; excellente prestation de Karine qui montre les dents et ne s’en laisse pas conter par des types chargés à la testostérone et à l’humour potache ; bonne entrée en matière de Jean-Neudes (nonobstant le fait que je le soupçonne d’avoir réglé mon boîtier à 2000 iso en loucedé… si les photos sont bruitées vous saurez pourquoi :-)) ; enfin, pour ne parler que des six premiers et pas dire du mal des autres, une place honorable pour notre hôte (même si cette place semble le laisser sur sa faim, à en juger par l’analyse post mortem qu’il a postée sur la liste de diffusion) qui a impressionné par l’agressivité de son jeu, notamment lors des qualifs. « J’en ai dans la slip ! » avait-il lancé après trois verres de rhum, à quoi The Brain rétorquait, encore à jeun : « Ouais, et tu vas prendre cher dans le cul ! » Euh… je disais quoi déjà ? Potache ? J’étais sans doute un peu en dessous de la vérité.
Quant à moi, cette étape aura été un long, très long retour des enfers, puisque je suis arrivé à la table finale short stack (à peine 400 jetons) et qu’il m’a fallu travailler dans l’ombre et invoquer des théories bogdanoviennes (ma piètre expertise du jeu n’y suffisant pas) pour me refaire et finalement emporter ce round. Cela fait probablement de moi le nouvel homme à abattre, c’est en tout cas ce qui se dit. Une exposition qui – cela reste entre nous – éveille chez moi une certaine forme de concupiscence. Allez-y, faites-moi mal !  😀

Comme d’hab’, retrouvez le classement des LSOP sur la page qui va bien.
Prochaine baston chez Benito la semaine prochaine.

À vous Cognacq-Jay, à vous les studios !

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Balade à Greenwich Village, agréable quartier doté d’une forte identité communautaire, bohème et artistique.
Son marché, ses échoppes, ses playgrounds (West 4th St.)…

« I dig yer style, Dude. » The Stranger

Nous remontons Thompson Street en direction du Village Chess Shop où je m’étais promis de faire un arrêt, mais voilà qu’à hauteur du 215 l’on tombe sur la boutique d’un certain Roy Preston : The Little Lebowski. Cette boutique, aussi inattendue qu’improbable, est entièrement dédiée au film des frères Coen (The Big Lebowski) et à ses produits dérivés.
Étant moi-même un inconditionnel « achiever », pour ne pas dire un Dudeiste de la première heure, c’est avec un plaisir presque euphorique que je serre la patte du taulier dont je me demande encore si l’allure est la marque d’une dévotion absolue au personnage interprété par Jeff Bridges ou l’empreinte plus ordinaire d’un type qui a du mal à boucler ses fins de mois… Car en dehors des grands raouts organisés par Scott Shuffitt et Will Russel, les fondateurs du dogmatique Lebowski Fest, et du business qui peut tourner autour, je ne soupçonnais pas qu’on pût vivre décemment d’une sous-culture aussi barrée et confidentielle.

Un jour, la (très) critique Pauline Kael a écrit à propos de Jeff Bridges qu’il était « the most natural and least self-conscious screen actor that has ever lived ». C’est dire si le rôle de The Dude lui allait comme un gant.

Un peu plus haut, en se rapprochant de Washington Square, le Village Chess Shop, véritable institution new yorkaise des Échecs.
Ouvert 24/24, point de passage incontournable pour tous ceux qui aiment pousser le pion.
J’avais dans l’idée d’y dégotter un truc pour mon frère (joueur éclairé) mais je suis rentré bredouille (il aura droit à une casquette des Yankees) ; à l’intérieur comme à l’extérieur, la boutique semble être faite de bric et de broc, ce qui lui donne un charme désuet, scolastique, comme si la technologie n’y avait aucune prise.

Retour uptown, du côté de Garment District, pour un shoot dans la salle polyvalente locale : le Madison Square Garden.

Nous y avons posé nos fesses deux fois. La première pour assister à un concert de Gorillaz (j’y étais allé les mains dans les fouilles donc pas de tof) ; la deuxième pour assister à un entraînement des Knicks (photo ci-contre). Mais, en fait d’entraînement, les Ricains mettent les petits plats dans les grands : près de 12 000 fans survoltés, distribution de goodies, compte à rebours une heure avant l’entrée des stars, démonstration de handibasket, match des minots de la ville,  DJ Clue aux platines (sans déconner) et danseuses aux meules outrageusement siliconées pour chauffer la salle… bref : SHOW TIME !
Ça fait quand même un peu bizarre d’entrer dans cette liesse au saut du lit, quand on est encore légèrement ensuqué, un dimanche à 10h du mat’. Pour un peu on aurait l’impression de débarquer à jeun dans une after 🙂

Enfin, parce que j’en ai une flopée et qu’elles se ressemblent plus ou moins toutes, une nouvelle vue de Manhattan depuis la terrasse panoramique du Rock, ambiance fin d’aprèm et taxe carbone.

 
 
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Jim Carrey dans ses œuvres. Irrésistible.

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