Le Web est une mine.
Un type a déterré un vieux film de Theodore R. Haimes sur la rencontre qui opposa Garry Kasparov à six jeunes prodiges américains lors d’une partie simultanée à la pendule, au Russian Tea Room de New York, en 1988.


Quelques remarques :
D’abord la piètre qualité de cette copie numérique et la dégaine improbable des types qui donnent au film dix ans de plus que son âge, facile.
Ensuite, à partir de 01:35, on voit que Kasparov utilise ce qui semble être la toute première version du programme ChessBase sur… un Atari ST ! Ceci afin d’étudier avec son second les parties et le style de ses adversaires. On sent que les Échecs sont sur le point d’entrer dans une nouvelle ère, celle de la « home preparation » assistée par ordinateur.
La rapidité avec laquelle Kasparov déroule les séquences de jeu est sidérante.
Enfin, à 11:37, dans une situation a priori bien connue où chaque joueur a répété ses deux derniers coups, Daniel Edelman refuse de changer de ligne, ce qui met Kasparov dans un vif état d’énervement. Alors que Edelman lui tend la main et lui propose la nulle, Kasparov boue littéralement et fustige son jeune challenger : « You have white, you have to play ! This is my opinion, sorry. […] When I was young I would never have missed a chance to play the World Champion. » Mais Edelman ne l’entend pas de cette oreille et ne revient pas sur sa décision : « I decided to take the draw, is there something wrong with that ? » Prétextant que c’est Kasparov qui est à l’initiative de la répétition de coups et qui l’a mis dans la situation de devoir choisir entre prendre la nulle ou jouer une ligne incertaine, sans avantage. De son côté, Kasparov considère que c’est à Edelman de prendre des risques et d’assumer pleinement sa position de challenger. Il reproche à Edelman de ne pas jouer sa chance à fond, de manquer de combativité et de se satisfaire d’une nulle de salon (14 coups seulement !).

Au final, Kasparov remportera la simultanée sur le score de 4 à 2, perdant une partie contre Patrick Gideon Wolff (le type au chapeau). Une des défaites les plus rapides (25 coups) que Kasparov ait jamais encaissée.

Ci-après, pour mieux apprécier les commentaires du film, la transcription des parties de Kasparov contre Daniel Edelman, Stuart Rachels (qui était gagnant en milieu de partie avant de craquer sous la pression) et Patrick Wolff.



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Avant de décoller pour la Grosse Pomme, la boulette et moi nous étions au taquet.
D’abord, l’idée même d’aller à NYC ça nous excitait (c’est notre côté canin). Moi parce que ça me ramène immanquablement aux berceuses hip hop de mon adolescence (mon frère jouait en boucle les vinyles de Grandmaster Flash & the Furious Five, Afrika Bambaataa…), au cuir des playgrounds et aux posters de sports US qui tapissaient ma piaule de collégien, au cinéma que j’aime (James Gray, Martin Scorsese, John Cassavetes, Brian De Palma…) et plus généralement à la fascination qu’a toujours exercé sur moi cet intarissable bastion de contre-culture artistique, en gestation permanente. La boulette parce que New York c’est aussi Jay-Z, et Alicia Keys qui remue son boule derrière un piano à Times Square :-)
Ensuite, au vu de l’enveloppe et du temps imparti, on pouvait pas se permettre de débarquer à Newark la fleur au fusil, sans savoir où on allait crécher ni ce qu’on allait faire. On a donc couché sur le papier un certain nombre d’idées, de trucs qu’on aimerait voir ou faire. Pas un planning Excel façon Kim Jong-il avec tableau croisé dynamique et horodatage des pauses pipi, mais plutôt un recueil informel de bons plans, balades, musées, restos… trouvés au hasard de nos recherches (merci Alex !) et organisés par demi-journées, sans idée d’ordre, de sorte qu’on puisse aviser au jour le jour, en fonction du temps, de l’envie et de l’humeur du moment.
Nous avons également booké des places pour deux soirées : un concert de Gorillaz au Madison Square Garden (Plastic Beach Tour), et un petit Jets versus Vikings au New Meadowlands Stadium, dans le New-Jersey. Le genre de trucs auxquels il faut penser à l’avance car si vous comptez sur des places de dernière minute il est très probable qu’on essaie de vous les fourguer trois ou quatre fois au-dessus du tarif de base (déjà exorbitant).
Enfin, nous avons topé un New York City Pass, sorte de carnet de réduction pour famille de beaufs en mode tournée des grands ducs, valable pour différentes attractions (musées, croisières…), l’avantage étant que les ristournes s’élèvent à près de 50% du coût normal des entrées, l’effet pervers étant qu’on a tendance à privilégier les points d’intérêt du carnet au détriment de certains autres, non moins tentants…

Le MoMA (Museum of Modern Art) est le deuxième musée que nous avons visité (après le très majestueux Metropolitan Museum of Art). Son aménagement est agréable, ses collections passionnantes et éclectiques, notamment celle sur l’expressionnisme abstrait (les toiles de Pollock, grandeur nature, c’est autre chose que dans un Taschen !).

Ci-contre la Cisitalia 202 GT de Gian-Battista Farina vue au travers le 7-14mm du Lumix GF1.
Les conditions de lumière n’étaient pas idéales (flashes et trépieds sont formellement interdits dans les musées) et l’ouverture maxi du caillou (F4) me faisait craindre le pire sachant que, de base, le GF1 ne brille pas par sa gestion du bruit en basse luminosité… mais je suis positivement surpris par le résultat en sortie de post traitement. Pas de HDR, contrairement aux apparences, juste quelques ajustements dans Camera Raw, au jugé, et un masque de fusion B&W dans PS pour la touche poivre et sel.
Notez le panneau composé de milliers de vignettes dans le fond à droite, c’est un story board (narrative photography) de Vertigo, à raison d’une image par seconde. Bon là évidemment on voit rien, mais je voulais avoir l’impression de dire un truc intéressant.

La boulette sur le vif au Metropolitan.
D’habitude l’hyperréalisme me laisse froid mais je dois avouer que les portraits de Chuck Close font leur petit effet. En particulier cette peinture acrylique sur toile. Je la verrais bien dans l’entrée, chez nous, plain-pied, zéro recul : « Entre mamie, c’est ouvert ! »

Ambiance Dexter et plafonds décrépis dans le métro.
Soit dit en passant, bien pratique le métro pour bouger uptown ou downtown, en revanche pour traverser l’île d’est en ouest le plus simple c’est souvent d’y aller à patte.

Ah, faut que j’aille chez Animalis acheter de l’herbe à chat… Si j’ai le temps, j’enverrai une autre salve dans la semaine.

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« The Brain is out ! »

S’il n’y avait qu’un verbatim à retenir, ce serait sans doute celui-là.
Car oui, The Brain a (enfin) mordu la poussière, samedi dernier, chez Marlène et Vince, où se déroulait la troisième étape des LSOP.
Ce revers cuisant (onzième au classement de l’étape !) remet nécessairement en question l’ascendant psychologique que Juju avait pris sur ses adversaires : Et si jusqu’ici il avait eu une chance de pendu ? Et si, au fond, il venait de retrouver son véritable niveau de jeu, c’est à dire un niveau de merde ? Et s’il avait une fausse barbe ? Autant de questions qui se bousculent dans les têtes mais que personne ne s’autorise à poser tout haut car, à ce moment précis de la soirée, la route est encore longue pour qui espère gratter des places au classement, et l’heure n’est pas au triomphalisme (tout au plus se permet-on quelques piques : « Loser ! » « Puceau ! » « Intégriste ! » Rien de méchant).

Pour la première fois depuis le lancement des LSOP, il y avait plus de joueurs en lice que de places disponibles. Le comité directeur s’est donc réuni pour trouver une soluce. Il a été question de tirer à la courte paille ou de choper deux mecs au hasard et de les savater jusqu’à ce qu’ils tombent dans les pommes, mais nous avons finalement décidé de mettre en place deux tables de qualification, dans l’idée de reformer une table unique dès que le nombre de joueurs le permettrait (ce qui est moins drôle mais plus équitable, paraît-il). Ce fut assez rapidement le cas puisque Vince, qui avait déjà perdu gros sur sa toute première main, n’a pas pu s’empêcher d’aller à tapis immédiatement après, et de gagner son ticket de sortie sans passer par la case départ (freezeout oblige). Quelques instants plus tard, c’est donc The Brain himself qui fera la sienne, de sortie, dans un joyeux charivari.

Suivront, à la table finale, dans l’ordre chronologique des éliminations :

Doc

Riton, pressé d’en découdre et de faire la démonstration de sa virilité en entrant dans un max de coups, style grosses couilles mais pas de jeu, un p’tit tour et puis s’en va. C’est sale, comme qui dirait.
Claire et Karine vont toutes les deux à tapis face à Poupart le vicelard. Poupart encaisse. La journée de la femme c’était mardi.
Benito et Mat’ sortent avec quelques regrets mais pas trop non plus, Benito s’en tire même à bon compte, il commente : « je remporte enfin un coup et pas contre n’importe qui, The Brain en personne ! Après l’avoir allégé d’environ un tiers de son tapis quasiment d’entrée, je ne reverrai malheureusement plus la couleur d’un jeton… (snif). Je reste néanmoins assez satisfait de ma partie car je finis juste devant Mat’ qui aurait bien pu me faire très très mal dès les tables de qualif’ si je n’avais pas sagement couché mes cartes. Mais voilà, trop de jetons perdus, pas assez de mains qui rentrent (ou des mains mal jouées), ‘I keep on rolling gutters’. J’espère que les statistiques seront plus en ma faveur au prochain round. Pour l’instant je limite la casse : un coup gagné en trois rounds et une dizième place au général… pas si mal ! Je sais que je peux faire mieux ! »
Aurélien, le professeur, habitué aux quatrièmes places, pointe cette fois-ci en cinquième position, ce qui revient à peu près au même vu qu’il y avait deux joueurs de plus que d’hab’. Il reste en embuscade et talonne le Doc au général. Ce dernier me rappelle que « Aurélien a renversé par deux fois sa bière pour faire diversion quand il bluffait ». Je ne sais pas si c’était une manœuvre, mais ce qui est sûr c’est que le tapis de jeu de Benito sent la fleur de houblon.
Séb, un pote de Marlène et Vince, la surprise du jour, la chance du noob ? Rien n’est moins sûr.
Cyril frappe fort pour sa première participation aux LSOP. Un réserviste dont il faudra se méfier. Le plus simple serait de ne plus l’inviter :-)
Poupart, en roue libre pendant toute la partie (pas moins de six scalps à son actif), perd complètement pied lors du head’s up.
Doc (photo), il avait annoncé la couleur dès son arrivée : « Je suis pas venu pour beurrer les toasts ! » Une façon de dire, à mots couverts : « Vous allez tous mourir dans d’atroces souffrances ! » Il retrouve sa place dans les top seeds. (Euh, c’est moi ou bien sur la photo il a trois cartes ? :-D)

À mesure que des joueurs se faisaient éliminer, des activités s’organisaient en douce à la table B, notamment un sit’n’go à six. C’est Riton qui nous en parle :
« Après avoir gardé la tête froide pendant un bon moment avec des milliards de jetons (c’est bien simple on ne me voyait plus derrière) jusqu’à me retrouver en trio avec Séb et Karine, va savoir pourquoi, la miss s’est réveillée. Et là, dommage. Elle s’est mise à bluffer, mais genre un truc de sale, faire des vols de blinds à tout va, donner des coups de pieds sous la table pour détourner mon attention et voir mes cartes… Hop, en trois minutes elle renverse la situation et humilie ce pauvre Séb qui ne demandait qu’à passer une bonne soirée avec des gens biens. Emballez, c’est pesé, Karine et Thomas repartent avec 5700 euros, l’écran plasma de Vincent, le cerveau de Ze Brain dans du vinaigre (Vince n’ayant pas de formol) ainsi que deux pizzas et un paquet de crackers entamé. Moi je dis faut plus les inviter !
PS pour Karine : ça c’est à cause de l’humiliation totale qu’ils ont subie à Skull & Roses… »

Doc nous donne le classement de cette « consolante » improvisée (avec un buy in fixé à 2 euros), dans l’ordre : Karine, Séb, Henry, Claire, The Brain, Vince.
Il ajoute : « Henry était chip leader depuis le début mais n’a pas réussi à s’imposer du fait d’un jeu trop peu offensif. Vincent a monté cette deuxième table car frustré d’être sorti au troisième pli mais n’a pas, là non plus, tenu plus de trois plis, c’est le grand looser dans l’esprit de ce tournoi. The Brain était vraiment fatigué : il s’est aussi fait laminer lors de la partie de Skull & Roses ! »

Voilou. Si vous ne souscrivez pas aux évènements tels que relatés dans ce billet, n’hésitez pas à faire valoir votre version des faits dans les commentaires. Un conseiller Marocain vous répondra dans les 24h (Frank Poupart Entertainement a décidé d’offshoriser une partie de son assistance pour d’évidentes raisons de coût).

Remerciements d’usage et bisous baveux à Marlène et Vince pour leur chaleureux accueil.
Désarmement des toboggans, vérification de la porte opposée.

À suivre…
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« Ça y est, on perd Jean-Manu… » Riton, au off, tard dans la nuit

Vous avez remarqué qu’au moment des fêtes (c’est pire en temps normal), dans la grande distribution, c’est toujours les mêmes jeux de société qui remplissent les rayons ? Comme si rien n’existait en dehors de Monopoly, Scrabble, Cluedo ou Trivial Pursuit. Des jeux déclinés et reliftés jusqu’à écœurement. Je ne dis pas que les jeunes pousses n’ont pas le droit de s’essayer aux jeux qui ont fait le patrimoine ludique de notre enfance, notez bien, et je ne remets pas (forcément) en cause la qualité de ces titres, mais le mercantilisme est-il à ce point puant, et la vue des grands distributeurs si basse, qu’il ne soit possible de ménager une petite place pour des trucs un tant soit peu novateurs et excitants ?
Je trouve ça criminel.
Ces dernières années, quelques titres, notamment dans la famille des Speed Games (petits jeux d’ambiance et de convivialité), sont arrivés à se faire connaître du grand public à force de bouche à oreille, mais le gros des jeux de plateau reste sur les étals des boutiques spécialisées (qui se raréfient méchamment), comme si ces jeux étaient réservés aux seuls hardcore gamers. Pourtant, il existe une infinité de diamants bruts entre un gros jeu de gestion du genre Agricola et un petit jeu de défausse comme Prrrt. Des jeux qui pour la plupart n’auront jamais qu’un succès d’estime, au mieux quelques récompenses symboliques dont le rayonnement s’arrêtera bien souvent aux portes d’un sombre festival. J’exagère sans doute un peu mais ce sujet produit en moi le même effet que si j’avais bouffé trop de fayots : ça me fait une excuse pour me lâcher.

Il est tout aussi indécent et criminel de revenir du Festival International des Jeux de Cannes sans avoir mis dans sa besace le moindre jeu. Quitte à le chouraver se le faire offrir (le jeu, par nature, ça peut pas être un truc réservé aux nantis). Cannes, c’est the place to be pour les inconditionnels du jeu, impossible de ne pas y dénicher quelques perles. Et, ce billet, c’est comme ça que je voulais le commencer, en mettant en lumière quelques jeux de société que j’ai ramenés de La Croisette, au fil des éditions.

Petite rétrospective (très très sélective) :

Attaquons par les jeux combinatoires abstraits (e.g. Échecs, Go, Dames, Othello etc.).

Abalone

Un des premiers mais aussi un des plus célèbres jeux primés à Cannes est sans nul doute Abalone. Il reçoit le « Super As d’Or » en 1989 (prix rebaptisé « As d’Or Jeu de l’année » depuis 2005).
J’y étais. J’avais pas beaucoup de poils au pubis, mais j’y étais.
Abalone est un des jeux emblématiques de Cannes, un des rares aussi à avoir rencontré un succès aussi large (le jeu s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde). J’ai très vite été séduit par l’esthétique du jeu qui détonait dans le paysage ludique de l’époque, et par sa mécanique naturellement, qui s’inspire de l’art des sumotori en jouant sur les rapports de force, en particulier la capacité d’un joueur à utiliser l’intertie de son adversaire pour mieux le pousser hors du plateau de jeu.
En étudiant d’un peu plus près la stratégie, je me suis rendu compte (comme bon nombre d’amateurs éclairés) que dans sa configuration de base le jeu souffrait d’une certaine passivité, Blanc et Noir pouvant arriver à une situation de blocage au centre du plateau, en formant une opposition de masses, sachant que le premier des deux qui déciderait de prendre l’initiative risquerait de fragiliser sa structure et de permettre à l’adversaire de prendre un avantage positionnel décisif.
D’ailleurs, c’est en m’efforçant de maîtriser ce principe que j’ai remporté l’open de Cannes d’Abalone deux années de rang (gnurf gnurf !). Le problème, c’est que dans ce genre de parties le jeu devient vite chiant. Heureusement, les joueurs de compétition auront la bonne idée de modifier la position de départ afin de rendre le jeu plus dynamique (un accord sera même signé dans le cadre des Mind Sports Olympiad de Londres). Plusieurs configurations ont été imaginées, mais la plus courante est « la Marguerite belge » où les boules sont disposées en chiasme (cf. figure). De fait, le jeu devient plus intéressant, plus combinatoire, et ce dès le début de la partie.
Contre toute attente, les auteurs du jeu, Michel Lalet et Laurent Lévi, ont présenté cette année en avant-première un ersatz d’Abalone auquel ils ont donné le nom de Offboard. Cette version du jeu diminue le nombre de boules, supprime les déplacements latéraux, dans un esprit de simplification, mais le principal changement est qu’elle officialise une forme de départ similaire au départ Marguerite et qu’elle introduit une règle qui contraint les joueurs à éjecter les boules de chaque côté de l’hexagone. L’idée avancée par les auteurs est qu’ils ont souhaité proposer un jeu (encore) plus simple et surtout plus dynamique. Mouais. Je ne vois pour ma part dans cette affaire qu’un argument marketing visant à capitaliser sur le succès de la verson originale, car le départ Marguerite avait de toute façon répondu aux attentes des joueurs de compétition en termes de dynamisme.

Quarto

Quarto est un jeu créé par Blaise Muller. Il reçoit le Super As d’Or en 1991.
Quarto repose sur un thème antédiluvien, celui de l’alignement de plusieurs pièces, dont un des ascendants les plus connus doit être Puissance 4 (ça ne nous rajeunit pas). Mais l’originalité de Quarto réside dans le fait qu’il compose avec plusieurs dimensions : la couleur (noir ou blanc), la forme (carré ou rond), la hauteur (grand ou petit), et la densité (plein ou creux). Ça complique pas mal la donne. Quarto va même plus loin en modifiant la mécanique habituelle de pose d’une pièce : à votre tour de jeu, vous ne choisissez pas la pièce que vous allez jouer mais celle que l’adversaire devra jouer ! « Réfléchissement Jean-Pierre ! » :-)
Je ne peux pas dire que je sois hyper fan de ce jeu, mais il a marqué les esprits et ouvert la voie à toute une famille de jeux en bois à la fois audacieux et esthétiques (Quixo, Siam…). Avis à ceux qui cherchent à remplacer avantageusement le vieux solitaire qui prend la poussière sur le buffet du salon (et dont il manque accessoirement une bille).
À noter que Quarto a été résolu par Luc Goossens en 1998, les suites parfaites font nulles.

DVONN

C’est au truculent Kris Burm que l’on doit cet OVNI qui fait partie d’un projet plus global nommé GIPF.
L’ambition de Kris était de créer six jeux combinatoires abstraits dont les caractéristiques seraient complémentaires. Un pari fou mais plutôt réussi.
DVONN est le quatrième de la série qui se compose par ailleurs de GIPF, TZAAR (sorti en 2007 et nominé aux As d’Or mais il s’agissait en fait du remplaçant de TAMSK, édité en 1999 et par la suite retiré du projet), ZÈRTZ, PÜNCT et enfin YINSH (le sixième opus qui, bizarrement, est sorti avant le cinquième).
Je n’ai pas eu l’occasion de tester ZÈRTZ mais des quatre autres ma préférence va à DVONN que je recommande donc tout particulièrement aux amateurs du genre. (Any chance to see you again in Cannes, Kris ?)

Poursuivons avec un jeu grand public qui a tout pour devenir un classique.

Ticket to RideLes Aventuriers du Rail (Ticket to Ride en VO) d’Alan R. Moon, superbement édité par Days of Wonder, dont la réputation n’est plus à faire. As d’Or Jeu de l’année 2005.
Benito a déclaré à propos de ce jeu, après sa première partie : « Ouais, en fait c’est un genre de Risk amélioré… » Sur le moment je me suis dit : « Putain mais qu’est-ce qu’il raconte le père Ben, il est complètement à l’ouest. » Mais à présent qu’il fait partie de la crème mondiale et qu’il passe ses nuits à poser des wagons (online), je me vois pas lui dire qu’il a rien pipé à l’esprit du jeu, même si je maintiens que nous sommes à des années lumières de Risk 😀
Au reste, Benito, si tu passes dans le coin, n’hésite pas à laisser un avis sur ce jeu dont je sais que tu maîtrises aujourd’hui toute la profondeur (merci d’avance mon poulet !).
Assurément, Ticket to Ride a toutes les qualités d’un grand classique : il s’adresse aussi bien aux petits qu’aux grands, il est équilibré (savant dosage de hasard, de gestion et de stratégie), fluide et addictif (la mécanique est simple et laisse un sérieux goût de reviens-y). La map du jeu original est celle des États-Unis mais, le succès aidant, d’autres versions ont été éditées, introduisant certaines spécificités (par exemple, la version Europe intègre des tunnels et des gares) qui renouvellent astucieusement l’intérêt des parties.

Enchaînons avec les inclassables de môssieur Philippe des Pallières.

Objets TrouvésLe talent de Philippe des Pallières, à mon sens, c’est qu’avant de miser sur les qualités intrinsèques d’un jeu, ses mécanismes etc. il mise sur la capacité des joueurs à sublimer le jeu, de par leur envie naturelle d’en être les principaux acteurs. Trop de créateurs ont la tête dans le guidon, le nez dans les règles, et en définitive perdent de vue la vocation première du jeu de société : divertir. Philippe ne l’a que trop bien compris et il sait mieux que quiconque donner aux joueurs le premier rôle, les faire « vivre le jeu ».
Mais pour que la mayonnaise prenne vraiment, il faut que les joueurs entrent à pieds joints dans le délire ; les indécis, les timides et autres conformistes motorisés au diesel en seront pour leurs frais.
Objets Trouvés est le premier jeu de Philippe auquel j’ai joué et j’ai été cueilli par l’insolence de sa mécanique qui ne repose finalement que sur l’imagination, l’humour et la roublardise des acteurs à la table de jeu.

Le temps me manque alors je ne dirai qu’un mot des Loups-garous de Thiercelieux, formidable jeu d’ambiance créé avec la complicité d’Hervé Marly sur la base du jeu Werewolf (lui-même inspiré du jeu Mafia de Dimitry Davidoff), et qu’un mot de Boomerang, jeu d’enchère assez inattendu et graphiquement très réussi, moins ambitieux et moins connu que les titres précédents mais tout aussi réjouissant.

Skull & RosesEn revanche, je ne peux pas ne pas m’arrêter sur Skulls & Roses (j’assume cette double négation, question de style). D’abord parce qu’on reste dans le giron de Philippe de Pallières (avec les éditions Lui-Même), ensuite parce que cette petite merveille signée Hervé Marly vient de se voir décerner le prix de l’As d’Or Jeu de l’année 2011, enfin parce que ce jeu ne repose sur rien. Absolument rien. Du Coca Zéro en boîte. C’est un jeu de bluff réduit à sa plus simple expression. Chaque joueur a en tout et pour tout cinq tuiles en carton qui ressemblent à des sous-bocks Guinness (l’environnement graphique du jeu est celui des bikers). Et ça fonctionne.
Comme pour beaucoup de jeux – mais plus encore pour celui-ci – il ne faut pas se fier à sa première impression. Ce n’est qu’au bout de quelques tours de chauffe que le jeu commence à distiller ses arômes, à révéler ses ressorts. Et si je vous disais que ce jeu, d’une simplicité déconcertante, l’auteur a mis quinze ans pour le démouler !
L’amateur de Poker y trouvera en outre un bon moyen d’apprendre à identifier et interpréter les « tells ».

Prolongeons cette rétro avec deux jeux d’ambiance coopératifs.

Time's UpTime’s up a reçu l’As d’Or Jeu de l’année 2006.
Peter Sarett a réussi le tour de force de renouveler un genre aussi vieux que la tradition orale, le  jeu de devinette. Toute l’originalité de Time’s Up tient dans son mécanisme à trois temps. Premier temps, des noms de personnalités à faire deviner avec comme seule contrainte un sablier (jusque-là rien de neuf) ; deuxième temps, mêmes joueurs, mêmes noms de personnalités à faire deviner (!), à ceci près qu’on ajoute une contrainte : les joueurs n’ont le droit d’utiliser qu’un seul mot pour faire deviner le nom d’une personnalité ; troisième et dernier temps, on prend les mêmes et on recommence, mais la contrainte devient : plus un mot ! Autrement dit, il faut mimer. Effet désinhibant garanti.
Encore un titre qui montre que, dans le monde du jeu comme dans bien d’autres domaines, c’est avec les recettes les plus simples qu’on fait la meilleure cuisine.

Aargh ! TectAargh ! Tect fonctionne sur le même principe que Tokyo Train mais la massue (en plastique gonflable) ajoute à la dimension barrée du truc.
Ce jeu voit s’affronter deux équipes. Dans chacune des équipes est nommé un architecte dont le job va consister à expliquer aux ouvriers comment assembler les éléments de construction d’un édifice dont il est le seul à connaître le plan. Le hic étant que nous sommes à l’âge de pierre et qu’il convient de parler la langue ou plutôt les onomatopées de l’époque. Chaque architecte reçoit donc une aide de traduction et la place entre ses ouvriers et lui de manière à ce que chacun puisse faire correspondre les expressions du paléolithique aux actions attendues. Par exemple « MANUNGU » signifie « Placer avant ! » Autrement dit, « Place l’élément de construction plus en avant ! » Pour corser le tout, l’architecte doit également exécuter certains mouvements (forcément ridicules) pour indiquer la couleur des différents éléments de construction. Enfin, il dispose d’une massue qu’il met dans la gueule des ouvriers : une fois pour valider une action ; deux fois pour signaler une erreur d’assemblage. Tout est dit 😀

Terminons avec un jeu de négociations qui nous a fait crever de rire cette année au off et pour lequel nous avons eu un gros coup de cœur (disons un autre gros coup de cœur, après S&R d’Hervé Marly).

C'est moi le patron !C’est moi le patron ! Comme son nom l’indique, ce jeu est un jeu d’enculés (n’ayons pas peur des mots). Le genre de jeux où l’amitié et la loyauté ne sont plus de mise. Le genre de jeux où la seule valeur qui compte est celle de l’argent. Un jeu fait de fausses promesses, de bluff et de truanderies. Mais quel bonheur d’avoir le dernier mot, de prendre la place du patron et de remettre tout le monde à sa place. Encore faut-il savoir le faire avec suffisamment de filouterie pour engranger un max, au risque que les investisseurs ne vous lâchent, que l’affaire ne se fasse pas et que les millions vous passent sous le nez…
Naturellement, comme tous les jeux qui reposent sur la négo et la diplomatie, l’enthousiasme et la capacité de rebond des joueurs à la table sont des éléments prépondérants dans le succès d’une partie et le plaisir qu’on y prend. De ce point de vue, je préfère vous dire qu’avec Riton, Dom (banquier dans la vraie vie !), Jean-Manu, Pierre et Olivier, le retour sur investissement était plus que rentable ! (Petit aperçu, quoique peu compréhensible pour le profane, dans la vidéo que vous trouverez plus bas.)

Je me sens un peu merdeux parce que j’avais prévu de dire quelques mots de Gang of Four (jeu de défausse), Passe-trappe (jeu de bistrot d’habileté distribué par nos potes de Ferti) et de quelques autres titres (notamment Sexopolitan dont je tâcherai d’écrire un billet à part) mais j’ai déjà épuisé mon crédit temps pour cet article, au vu du nombre de trucs que j’ai dans les tiroirs et qui attendent que je m’y attelle.

Je vous laisse avec une vidéo subjective de l’édition 2011, en mode multiplication des pains.

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Ce matin, séisme de magnitude 8,9 au Japon. Réaction immédiate de la Bourse qui enregistre des baisses significatives.

Nous n’avons pour l’heure qu’une idée très approximative des pertes humaines provoquées par cette catastrophe, mais déjà des bulles spéculatives se forment sur la plupart des places financières mondiales.

Je lis à l’instant sur le journal en ligne Les Echos : « Le séisme coûterait de 1 à 2 milliards de dollars aux réassureurs européens ». Et, plus loin : « ce sont surtout les réassureurs qui sont durement touchés ». Sans déconner ?
Pensez-vous que la grosse conne qui a écrit cet article a songé ne serait-ce qu’un instant à la dimension humaine et morale de la chose ?
Elle se contente de faire son travail, après tout.

Oswald Spengler avait raison, ce monde part en couille.


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Onemoreprod – Patrick Jean

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« C’est une imposture ! » Aurélien à propos de The Brain

Dix losers se sont retrouvés chez Poupart pour en découdre, vendredi dernier, dont six qui avaient déjà croisé le fer, ou devrais-je dire le carton (même si on joue avec des Fournier 100% plastique), lors du premier round des LSOP.
Riton, grand absent de l’étape inaugurale, signait une entrée rageuse dans la compétition (et en même temps un peu vaine, tant il semble parfois que Riton se bat contre lui-même). Il entraînait dans son sillage François le Français Breton (AOC) qui avait à l’évidence prévu de siffler plus de bières qu’un Irlandais le jour de la Saint Patrick.
Enfin, Élo et Nas arrivaient en guests pour compléter le line-up (en l’absence de Karine, Doc et Vince) et ajouter un peu d’expertise à cette compétition qui n’a jamais brillé par autre chose que son niveau de brêlitude (ils ne parviendront hélas pas à donner leur pleine mesure, déroutés par le jeu atypique des LSOP, loin, très loin des standards habituels : « — je relance de 12 fois la BB ! — Mais putain t’es premier de parole ! — Ouais, et je reprendrais bien du Tariquet ou un Extrême à la fraise… »).

Petit replay, de ma fenêtre :
Finaliste lors de la première étape, Thomas est le premier à quitter la table, il la quittera même deux fois (l’effet rebuy). Il me confiera avoir surévalué ses mains et commis des erreurs dont il ne manquerait pas de tirer les enseignements. Quatrième au général, il conserve toutes ses chances dans la course qui mène au précieux.
François n’ira pas beaucoup plus loin avec sa deuxième cave, il sort par la petite porte (neuvième), et Riton craque sur je ne sais quelle main (c’est le blackout dans ma tête), mais je suppose qu’il y avait pas de quoi appeler Guinness.
Élodie, septième, paie peut-être le prix d’un jeu trop attentiste : les rares fois où Élo décide de jouer un coup vous êtes à peu près sûrs qu’elle a une arme de destruction massive dans les mains (genre Armageddon).
Benito n’est jamais vraiment dedans (soit qu’il n’est pas dans les bons coups, soit qu’il manque de chatte) mais, short stack, il gratte à l’énergie une sixième place synomyne de bonus au classement. Son auto-évaluation à chaud est un peu sèche : « Au final, après deux parties jouées, je suis réellement rentré dans cinq ou six coups et j’ai pas ramassé un seul jeton, pas même réussi un vol de blinds, que dalle. » Plus tard, il renouera avec l’esprit Dudeiste qui nous rassemble et fait le sel des LSOP : « Stop worrying so much whether you’ll make it into the finals. Kick back with some friends and some oat soda and whether you roll strikes or gutters, do your best to be true to yourself and others – that is to say, abide. »
Nas, le patron, est sorti par Juju qui trouve une paire gagnante au turn alors que Nas avait la sienne sur le flop. That’s Poker !
(Pendant ce temps, Mat’ roule sa bosse sans faire trop de vagues…)
Aurélien devient rapidement chip leader en remportant deux ou trois gros coups, il a les moyens de lever le pied et de mouliner en attendant la finale mais il est rattrapé par son goût pour le bon vin et prend des risques inconsidérés qui finiront par le perdre…
Mis à mal par un bad beat, je refais peu à peu mon retard en jouant serré. Nous ne sommes plus que trois à la table et je pense pouvoir faire le break dans un mano à mano qui m’oppose à Juju, mais c’était sans compter avec ce maudit turn qui sourit une nouvelle fois à cette raclure (bis repetita placent).
Durant le heads up, Juju devient trop lisible (nombreux tells) et joue petit bras (smooth calls fébriles, couché à la moindre relance…). Mat’ portera l’estocade au bout de quelques mains seulement, après un travail de sape efficace sur les blinds. Il s’adjuge ainsi la deuxième étape des LSOP, bravo à lui ! (Rase les murs mon pote, you’re entering a world of pain !) Et, ce faisant, prive The Brain du doublé et l’empêche de creuser un peu plus son avance au classement, laquelle est déjà conséquente.

Vu que je recevais et qu’il fallait que j’assure le service, j’ai passé pas mal de temps backstage à enfourner des pizzas, préparer des amuse-gueules et ouvrir du pinard. Du coup, il se peut que j’aie loupé quelques faits marquants, que ce soit à la table de Pok ou en off. Désolé donc pour ce replay pour le moins approximatif / partiel ; je compte sur ceux qui étaient de la partie pour balancer des anecdotes ou rejouer le match dans les commentaires. J’avais prévu de faire des interviews en mode conseil de Koh-Lanta : analyses post mortem, vieilles rancœurs et concours de mauvaise foi, mais la soirée a passé comme une balle…
Heureusement, Riton a réussi à sortir quelques tofs sympas de son boîtier (merci !). Au passage, vous noterez que Benito a la gueule d’Angel Batista dans Dexter 😀

Merci à tous pour votre présence chez moué et l’excellent moment passé ensemble.
Petite dédicace aux filles : Claire, Yamina, Marie, Sylvie et la boulette, reléguées aux rôles de pintades durant cette soirée, mais qui n’ont jamais hypothéqué leur bonne humeur, communicative et agréable à tous.

Je vous laisse avec deux trois rushes de merde que j’ai mis bout à bout, on y voit fifre mais ceux qui en étaient apprécieront.
Prochaine étape prévue quelque part en mars. Nom et lieu to be announced.

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« La dictature c’est ‘ferme ta gueule’ ; la démocratie c’est ’cause toujours' » Coluche (ou pas, c’est pas clair)

En faisant mes notes de frais, je suis tombé sur la carte d’Al Mounia, un resto de Casablanca. Une bonne adresse pour manger tajines, couscous et autres spécialités culinaires locales dans un cadre agréable (possibilité de se poser dans le patio) ; je recommande le couscous tfaya (agneau, pois chiche, oignons confits et raisins secs). Je précise qu’on y sert du vin (en terre musulmane, cela ne va pas forcément de soi). Vin qui manque souvent d’équilibre (la chaleur excessive du pays n’aide pas) mais qui peut surprendre (S de Siroua et autres crus du domaine Thalvin).
J’ajoute que, de bonnes tables, à Casablanca, je n’en ai pas trouvées tant que ça. D’aucuns ne jurent que par la Sqala ou les restos guindés de la Corniche. Je leur laisse.

Et pour boire un thé à la menthe, je suggère le Ryad 21, boulevard Panoramique, près de la mosquée Taha (pas très loin de mon taf, soit dit en passant). Bien aussi.

Voilà, c’était histoire de partager un ou deux bons plans sachant que, depuis bientôt un an, je passe pas loin de dix jours par mois dans le royaume chérifien. Reste qu’au vu de ce qui se passe en Tunisie et en Égypte, on a l’impression que c’est tout le Maghreb qui est en train de s’ébranler, et la question de la sécurité au Maroc pourrait se poser.
Mes collègues Casaouis me disent que ça ne craint pas, qu’il n’y a pas de problème avec Sa Majesté Mohammed VI, que ce dernier n’est pas l’ennemi du peuple, qu’il a œuvré dans le sens de la démocratie en laissant l’opposition s’exprimer et en initiant un certain nombre de réformes progressistes [EDIT du 15/02 : Peter Pham parle même d’ « exception marocaine » dans Le Matin]. Mais d’autres ne l’entendent pas de cette oreille et dénoncent les effets de manches du roi, l’hypocrysie des classes moyennes… Bref, CQFD.

En parlant de ça, l’autre jour, d’humeur jouasse, je lance à mon pote Hicham :
— C’est quoi ces dictatures en bois à la fin, en Corée du Nord y’en a pas un qui moufte !
— Oh ! s’exclame une vieille dame à la table d’à côté.
— Ne vous offusquez pas, madame, il faut voir les choses en face. D’ailleurs, vous les vieux, vous servez à rien, il faudrait tous vous buter.
Et la vieille de s’indigner de plus belle dans la langue de Mahomet.
— Tu vois Hicham, c’est ça la liberté d’expression !
— Ouais, mais nous on a la polygamie.

Vu sous cet angle, je peux pas lutter.

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« Code is Poetry » WordPress.org

Un truc me taraude depuis le lancement de ce blog qui est propulsé par WordPress, c’est le temps de chargement à l’ouverture des pages.
Au départ, j’ai essayé de rationaliser la chose : j’avais l’habitude de coder des sites en HTML statique, il n’était pas sérieux d’espérer la même réactivité avec un CMS comme WordPress, une base MySQL, des scripts et des requêtes PHP qui partent dans tous les sens… Les latences étaient somme toute logiques, il fallait que je m’y fasse.
Au reste, dans cette affaire, le fait que le site soit hébergé à Berlin me semblait anecdoctique (même si ce choix peut surprendre pour un blog qui, à priori, n’a aucune vocation à s’exporter).

L’annonce de Google, en avril 2010, selon laquelle le temps de chargement des pages web allait être pris en compte dans les algorithmes de classement des résultats, a provoqué un effet sismique dans la communauté des développeurs. Comprenez que, pour être bien classé, il ne suffirait plus d’avoir un dispositif de référencement efficace, il faudrait aussi optimiser le temps de chargement de ses pages. Mauvaise nouvelle pour les codeurs du dimanche (au rang desquels je m’affiche discrètement).
La presse rapporte que cette décision a fait l’objet de longs débats, en interne, chez Google, s’appuyant sur des études qui ont mis en évidence le fait que les temps de chargement ont une forte influence sur le comportement d’un visiteur, sur sa capacité à naviguer plus ou moins durablement sur un site, à concrétiser un achat ou pas.
Au vu de la dimension (exagérément) économique que revêtait cette annonce, les webmasters se sont lancés dans un grand nettoyage de printemps, essayant d’expurger les codes sources de leurs pages, de compresser ce qui pouvait l’être, de mettre en place des dispositifs de cache pour limiter le nombre de requêtes sur les serveurs etc.
Perso, je n’avais aucun intérêt à changer quoi de ce soit vis-à-vis de Google vu que Frank Poupart Entertainement s’adresse au plus petit nombre (Nietzsche ajoute, dans L’Antéchrist : « peut-être même, de ce nombre, aucun n’est-il encore né » :-)) et que j’ai volontairement bloqué les moteurs de recherche dans les préférences de WordPress (Privacy Options).
Cela dit, tous les bouts de code et autres astuces qui ont soudainement émergé sur cette question de l’optimisation des temps de chargement m’ont poussé à revoir ma position (qui jusque-là avait consisté à trouver des excuses bidons pour ne surtout rien changer), ne serait-ce que pour tenter d’améliorer ce qu’on appelle dans le jargon informatique « l’expérience utilisateur ».

J’ai donc commencé par mesurer les performances brutes du blog en utilisant le module YSlow pour Firefox.
Taxé d’un pénible D (69%), je me suis mis en quête de différents leviers d’amélioration pour booster la réactivité des composants.
Liste non exhaustive des actions menées :

– Suppression des plugins qui n’avaient d’autre valeur que cosmétique + monitoring de la ressource mémoire utilisée (avec WP-Memory-Usage)
– Optimisation des tables MySQL
– Nettoyage des révisions de billets, spams, thèmes et tout ce qui prend de la place inutilement
– Mise en dur des Expire Headers et autres joyeusetés dans le fichier .htaccess
– Installation et configuration de Quick Cache (après les tests infructueux de WP Super Cache et W3 Total Cache)
– Tentative avortée de mise en place d’un mécanisme de compression GZIP et de « minification » JS et CSS (rien n’y fait, à croire que le serveur n’en veut pas. Si quelqu’un a un plan…).

Finalement, après bidouillage, obtention d’un C avec un gain de 10 points au baromètre YSlow.
Pas mal. Mais, en pratique, pas de quoi casser trois pattes à un canard. Je reste sur ma faim.

Et puis, je ne sais au hasard de quelle recherche, je tombe sur la FAQ maison de mon hébergeur (Strato, en allemand dans le texte) qui explique que sa nouvelle technologie SpeedPlus permet d’augmenter sensiblement la vitesse d’exécution des scripts au niveau des serveurs et des opérations en base de données. Strato avance même un coef’ multiplicateur de 10 ! « What tha fuck ?! » J’en ai lâché ma tartine…
Ni une ni deux, je file sur la page française de l’hébergeur : rien. Pas un traître mot sur SpeedPlus. Je suis tachycarde,  limite nervous breakdown, mais je prends sur moi et me fends d’un mail au support technique.
Un conseiller me répond que cette technologie est exclusivement réservée aux nouveaux abonnés, en Allemagne, mais qu’il peut gentiment et sans frais changer le site de plateforme pour lui faire bénéficier de SpeedPlus, qu’il me suffit pour cela d’en faire la demande en répondant à son mail. (Sans déc’, où est l’embrouille ?) Ma réponse ne s’est pas faite attendre : « Vas-y Charlie, envoie la sauce, ich bin au taquet ! »

Résultat : perso j’ai l’impression que c’est le jour et la nuit. Ce sera pas forcément flag’ pour le tout-venant (j’ai la tête dans le guidon depuis huit jours donc j’ai sans doute une approche un peu obsessionnelle du truc) mais j’aime à penser qu’il y a quand même une différence notable, tant au niveau des temps de réponse que dans la vitesse d’affichage des pages en général.

Moralité : pourquoi s’emmerder à travailler le carénage et l’aérodynamisme quand on peut changer de moteur ?
Avis aux Strato users. Bon plan en vue.

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