« Certains s’en tiraient à bon compte […] d’autres devenaient des monstres […] Mais quels que fussent les symptômes, une fois touché, on était ‘le chat’ pour toujours. » Charles Burns, Black Hole.

Black HoleLue d’une traite, un soir que  Morphée se faisait attendre, j’ai eu un vrai coup de cœur pour cette œuvre de Charles Burns, un auteur américain qui se range dans la mouvance de la bande dessinée alternative (aux côtés de Spiegelman notamment, avec lequel il a collaboré à ses débuts).
Black Hole se compose normalement de six volumes, mais les éditions Delcourt ont publié une très belle version intégrale qui a trouvé place sur une de mes étagères (cf. couv ci-contre). Charité bien ordonnée…

L’univers de Black Hole est d’une noirceur insondable, effrayante, mais on ne peut pas s’empêcher d’être attiré par elle, inexorablement (remarquez, n’est-ce pas le propre d’un trou noir ?), happé par son étrangeté, et le destin cauchemardesque de ces adolescents maudits.

L’action se déroule dans les années 70 à Seattle, à une époque où – j’adore ce qui est écrit en deuxième de couverture : « ce n’était plus vraiment cool d’être un hippie, mais où Bowie était encore un peu trop bizarre ».
De jeunes lycéens sont frappés par une MST incurable dont les stigmates sont aussi improbables que monstrueux. D’aucuns essaient de se terrer et de vivre en autarcie, à l’abri des regards, d’autres rêvent de s’évader, de prendre le large… mais, quand la folie se mêle à l’ostracisme ambiant, les choses commencent à vraiment mal tourner.

L’extraordinaire cloisonnisme du dessin ajoute au côté oppressant de l’histoire, et le noir et blanc confère à Black Hole cette beauté sombre et fantasmagorique qui fait d’elle une œuvre définitivement à part, chaudement recommandable.

J’ai lu quelque part que Fincher aurait dans l’idée d’adapter cette BD au cinéma, c’est du lourd, je demande à voir.

Un commentaire sur “Black Hole”
  1. Heg dit :

    Et juste de dire Maître Poupart que l’éditeur a tout fait pour trouver la bonne impression du noir, élément ultime de cette superbe série. Chaque case est juste sublime pour une œuvre se suffisant à elle-même.

  2.  
Je commente, je flatte, je tacle...