« Être étranger, c’est sourire et opiner du chef, c’est lire sur les lèvres, juste pour le plaisir de s’assurer que ça ne change strictement rien. Être étranger, c’est être sous l’eau quand d’autres vous parlent à la surface, les sons pénètrent, mais pas le sens. » Tania de Montaigne, Tokyo c’est loin.

Dans la série bons plans à Tokyo, voici une adresse que la boulette et moi avons testée et approuvée.

Le poisson cru c’est pas notre came, en revanche on kiffe le poulet grillé, et pour ce qui est du poulet nous avons trouvé notre bonheur. Ça se passe chez Nagomi, un resto traditionnel déniché dans le quartier old fashioned de Yanaka (Taitō-Ku) où nous avions posé nos valoches.
Le genre de resto où il faut entrer de profil tellement c’est exigu (ça me rappelle Being John Malkovich, lorsque Craig Schwartz se rend pour la première fois au septième-et-demi de l’immeuble de sa future boîte), il y a même des pièces où l’on entre à quatre pattes, par une ouverture à peine plus grande qu’une chatière… Les menus ne sont pas traduits (contrairement à d’autres restos plus accessibles aux touristes, il y a ni photos ni plats factices, cf. photo ci-dessus) et les serveurs ne savent dire qu’un truc en anglais : « Do you speak japanese ? » (ça n’aide pas des masses), l’entrée en matière est donc quelque peu cocasse. Heureusement, nos hôtes font preuve d’une gentillesse et d’un esprit de service hors du commun, et l’on se rend vite compte que le langage des signes est universel :
– Pipe ?
– Non, brochette.

Le chef fait la cuisine devant nous, il jette parfois des trucs sur le feu et disparaît derrière d’épaisses nappes de fumée, à croire qu’il assaisonne au napalm, mais dans l’assiette c’est une vraie tuerie, c’est gourmand, comme disent les gastronomes.
Les accompagnements (salades composées) ajoutent une touche de fraîcheur et de croquant, et l’Asahi (bière blonde) fait glisser le tout dans une exquise délectation.
L’établissement propose aussi un grand nombre de sakés différents, mais perso je ne suis pas amateur, ça chauffe un peu trop.
Nagomi, on a kiffé. On reviendra.

3 commentaires sur “Nagomi”
  1. Heg dit :

    Niarf, niarf… (en BD, on appelle ça un rire intérieur de cupidité vénale que personne n’entend à par moi à l’intérieur tout au fond).

  2. Heg dit :

    Michelin peut aller se rhabiller…

  3. Le Professeur dit :

    Aaaah, typiquement les gargotes dont je raffole. Effectivement, c’est le genre d’endroits où on ne peut entrer et sortir en même temps sinon il y a embouteillage, où il faut mimer ce que l’on veut manger. Mais c’est aussi là que vous découvrez les Japonais, où les barrières de la société tombent, et vous pouvez enfin partager votre Asahi ou Ebisu avec votre voisin de la table d’à coté.

    P.S : Poupart, je vois que t’as réussi à caler tes grandes jambes (cf.photo en bas gauche)… une fois assis, t’avais pas intérêt à te relever pour aller pisser.

  4.  
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