« Un gentleman ne peut s’intéresser qu’à des causes perdues… » Jorge Luis Borges

Je n’avais pas la tête aux cartes.
De toute façon, j’avais décidé que cette partie serait une escroquerie.
C’était pas une intuition, encore moins un truc prémonitoire, c’est juste que je l’avais décidé.
Shakespeare disait (dans une prose un peu plus châtiée) qu’il vaut mieux crever incompris que de passer sa vie à s’expliquer. Je suis en phase avec ça. Et puis c’était la veille de mon annif, je me sentais tout ce qu’il y a de plus légitime de décider du temps qu’il ferait, de ressusciter Elvis, ou de manger un gros gâteau à la crème ; qui trouverait à y redire ?

Il est arrivé dans l’ombre de ce coquin de Jean-Neudes.
Il ? L’invité mystère, notre percepteur, avec son faux air de Richard Gere, poivre et sel, chemise bleu marine boutonnée jusqu’au col façon pisse-froid, j’imagine déjà le poing qui part, le nez qui mouche rouge, les tâches de pinard sur le parquet, les mains qui s’interposent… mais en fait non. Délit de chemise. J’ouvre un Médoc, on se met à causer, il s’épanche comme s’il tirait sur sa dernière clope − sans calculer.
Où est l’embrouille ?
En même temps je me dis qu’un escroc digne de ce nom a forcément la gueule d’un honnête homme.

Je regarde autour de moi.
Riton est dans son élément : l’agitation, le bouillonnement, l’incandescence. Son padre passe prendre l’apéro. Je suis content de lui serrer la pogne.
Karine manque à l’appel, elle planche sur un mémoire. Claire aussi est assignée à résidence, en mode bouillotte et couveuse. Les absents ont tous des excuses en béton armé, c’est évident, on ne badine pas avec les LSOP.
Non contente de nous recevoir, mademoiselle Riton, Céline de son prénom, a préparé quantité de gourmandises salées et sucrées (mille mercis).
Des amis de Céline et Riton sont là, j’en remets certains mais pas tous (normal, j’ai pas Facebook), ils vont partir mais reviendront plus tard dans la nuit, bonne nouvelle pour les losers précoces amateurs de Tumblin-Dice.
Question déguisement Benito nous met tous à l’amende, comme d’hab’. Quoique Juju se défende bien avec son T-shirt Bomberman !
Je me sens d’humeur taquine.

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Un commentaire sur “LSOP round 10 – La Geekerie”
  1. Heg dit :

    Je tenais quand même à écrire le premier commentaire afin de prévenir Mr Poupart et Mr Benito qui m’ont (ces deux espèces de salopes) dépouillé sans vergogne chez presque chez moi, devant ma presque femme et devant mon presque chat. Je vais vous dilapider.
    Savez pas ce qu’ils m’ont fait ??? J’étais pépère en bout de table et je volais gros sur des coups de merde (j’avoue), je dépouille le Poupart en grosso merdo 1/4 d’heure. (Bon après, c’est sûr, le Haut-Médoc cul sec en verre gobelet 33cl ça fait mal aussi). Il rebuy. J’attaque le Benito qui s’endormait et là : boum, re rebuy.
    Je me dis : « pépère t’es confiant, big stack au bout de 20 min, vas-y tranquille, lâche du mou René… » Que nenni. L’autre buse là, il se réveille (à 1,82g/l, y’a qu’à voir comme il était frais) et commence à checker Benito en lui montrant outrageusement sa main (celle de Poupart la main, suivez un peu…) et en lui demandant ce qu’ils allaient faire de moi… J’ai pas fait deux tours… Alors je lance un appel à tous les losers. Demain soir je vous préviens d’entrée : je tourne au Coca. Je vais vous dévisser. Si y’en a un qui sort son téléphone, sa calculatrice TI-89, une Game Boy qui fait calculatrice, un stylo espion qui fait des stats, ou tout autre objet contenant des piles (boulier en bois accepté) je lui défonce la mâchoire à coups de presse-purée en fonte de ma mamie Jeanine.

  2.  
Je commente, je flatte, je tacle...