Le Web est une mine.
Un type a déterré un vieux film de Theodore R. Haimes sur la rencontre qui opposa Garry Kasparov à six jeunes prodiges américains lors d’une partie simultanée à la pendule, au Russian Tea Room de New York, en 1988.


Quelques remarques :
D’abord la piètre qualité de cette copie numérique et la dégaine improbable des types qui donnent au film dix ans de plus que son âge, facile.
Ensuite, à partir de 01:35, on voit que Kasparov utilise ce qui semble être la toute première version du programme ChessBase sur… un Atari ST ! Ceci afin d’étudier avec son second les parties et le style de ses adversaires. On sent que les Échecs sont sur le point d’entrer dans une nouvelle ère, celle de la « home preparation » assistée par ordinateur.
La rapidité avec laquelle Kasparov déroule les séquences de jeu est sidérante.
Enfin, à 11:37, dans une situation a priori bien connue où chaque joueur a répété ses deux derniers coups, Daniel Edelman refuse de changer de ligne, ce qui met Kasparov dans un vif état d’énervement. Alors que Edelman lui tend la main et lui propose la nulle, Kasparov boue littéralement et fustige son jeune challenger : « You have white, you have to play ! This is my opinion, sorry. […] When I was young I would never have missed a chance to play the World Champion. » Mais Edelman ne l’entend pas de cette oreille et ne revient pas sur sa décision : « I decided to take the draw, is there something wrong with that ? » Prétextant que c’est Kasparov qui est à l’initiative de la répétition de coups et qui l’a mis dans la situation de devoir choisir entre prendre la nulle ou jouer une ligne incertaine, sans avantage. De son côté, Kasparov considère que c’est à Edelman de prendre des risques et d’assumer pleinement sa position de challenger. Il reproche à Edelman de ne pas jouer sa chance à fond, de manquer de combativité et de se satisfaire d’une nulle de salon (14 coups seulement !).

Au final, Kasparov remportera la simultanée sur le score de 4 à 2, perdant une partie contre Patrick Gideon Wolff (le type au chapeau). Une des défaites les plus rapides (25 coups) que Kasparov ait jamais encaissée.

Ci-après, pour mieux apprécier les commentaires du film, la transcription des parties de Kasparov contre Daniel Edelman, Stuart Rachels (qui était gagnant en milieu de partie avant de craquer sous la pression) et Patrick Wolff.



3 commentaires sur “American Gambit”
  1. Dom dit :

    Super intéressant ! Merci M. POUPART.

  2. Frank Poupart dit :

    You’re welcome mon poulet !
    Il faut bien qu’entre deux billets qui servent à rien je trouve un truc un tant soit peu piquant, même si ça n’intéresse que trois pelés et un tondu 😀

  3. Heg dit :

    T’es un grand malade Poupart… déjà que je suis pas bon à Othello… reste plus que le Skull & Roses où je peux te foutre des grosses branlées !!! Bise Patron ! Salut Dom !

  4.  
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