« Ça y est, on perd Jean-Manu… » Riton, au off, tard dans la nuit

Vous avez remarqué qu’au moment des fêtes (c’est pire en temps normal), dans la grande distribution, c’est toujours les mêmes jeux de société qui remplissent les rayons ? Comme si rien n’existait en dehors de Monopoly, Scrabble, Cluedo ou Trivial Pursuit. Des jeux déclinés et reliftés jusqu’à écœurement. Je ne dis pas que les jeunes pousses n’ont pas le droit de s’essayer aux jeux qui ont fait le patrimoine ludique de notre enfance, notez bien, et je ne remets pas (forcément) en cause la qualité de ces titres, mais le mercantilisme est-il à ce point puant, et la vue des grands distributeurs si basse, qu’il ne soit possible de ménager une petite place pour des trucs un tant soit peu novateurs et excitants ?
Je trouve ça criminel.
Ces dernières années, quelques titres, notamment dans la famille des Speed Games (petits jeux d’ambiance et de convivialité), sont arrivés à se faire connaître du grand public à force de bouche à oreille, mais le gros des jeux de plateau reste sur les étals des boutiques spécialisées (qui se raréfient méchamment), comme si ces jeux étaient réservés aux seuls hardcore gamers. Pourtant, il existe une infinité de diamants bruts entre un gros jeu de gestion du genre Agricola et un petit jeu de défausse comme Prrrt. Des jeux qui pour la plupart n’auront jamais qu’un succès d’estime, au mieux quelques récompenses symboliques dont le rayonnement s’arrêtera bien souvent aux portes d’un sombre festival. J’exagère sans doute un peu mais ce sujet produit en moi le même effet que si j’avais bouffé trop de fayots : ça me fait une excuse pour me lâcher.

Il est tout aussi indécent et criminel de revenir du Festival International des Jeux de Cannes sans avoir mis dans sa besace le moindre jeu. Quitte à le chouraver se le faire offrir (le jeu, par nature, ça peut pas être un truc réservé aux nantis). Cannes, c’est the place to be pour les inconditionnels du jeu, impossible de ne pas y dénicher quelques perles. Et, ce billet, c’est comme ça que je voulais le commencer, en mettant en lumière quelques jeux de société que j’ai ramenés de La Croisette, au fil des éditions.

Petite rétrospective (très très sélective) :

Attaquons par les jeux combinatoires abstraits (e.g. Échecs, Go, Dames, Othello etc.).

Abalone

Un des premiers mais aussi un des plus célèbres jeux primés à Cannes est sans nul doute Abalone. Il reçoit le « Super As d’Or » en 1989 (prix rebaptisé « As d’Or Jeu de l’année » depuis 2005).
J’y étais. J’avais pas beaucoup de poils au pubis, mais j’y étais.
Abalone est un des jeux emblématiques de Cannes, un des rares aussi à avoir rencontré un succès aussi large (le jeu s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde). J’ai très vite été séduit par l’esthétique du jeu qui détonait dans le paysage ludique de l’époque, et par sa mécanique naturellement, qui s’inspire de l’art des sumotori en jouant sur les rapports de force, en particulier la capacité d’un joueur à utiliser l’intertie de son adversaire pour mieux le pousser hors du plateau de jeu.
En étudiant d’un peu plus près la stratégie, je me suis rendu compte (comme bon nombre d’amateurs éclairés) que dans sa configuration de base le jeu souffrait d’une certaine passivité, Blanc et Noir pouvant arriver à une situation de blocage au centre du plateau, en formant une opposition de masses, sachant que le premier des deux qui déciderait de prendre l’initiative risquerait de fragiliser sa structure et de permettre à l’adversaire de prendre un avantage positionnel décisif.
D’ailleurs, c’est en m’efforçant de maîtriser ce principe que j’ai remporté l’open de Cannes d’Abalone deux années de rang (gnurf gnurf !). Le problème, c’est que dans ce genre de parties le jeu devient vite chiant. Heureusement, les joueurs de compétition auront la bonne idée de modifier la position de départ afin de rendre le jeu plus dynamique (un accord sera même signé dans le cadre des Mind Sports Olympiad de Londres). Plusieurs configurations ont été imaginées, mais la plus courante est « la Marguerite belge » où les boules sont disposées en chiasme (cf. figure). De fait, le jeu devient plus intéressant, plus combinatoire, et ce dès le début de la partie.
Contre toute attente, les auteurs du jeu, Michel Lalet et Laurent Lévi, ont présenté cette année en avant-première un ersatz d’Abalone auquel ils ont donné le nom de Offboard. Cette version du jeu diminue le nombre de boules, supprime les déplacements latéraux, dans un esprit de simplification, mais le principal changement est qu’elle officialise une forme de départ similaire au départ Marguerite et qu’elle introduit une règle qui contraint les joueurs à éjecter les boules de chaque côté de l’hexagone. L’idée avancée par les auteurs est qu’ils ont souhaité proposer un jeu (encore) plus simple et surtout plus dynamique. Mouais. Je ne vois pour ma part dans cette affaire qu’un argument marketing visant à capitaliser sur le succès de la verson originale, car le départ Marguerite avait de toute façon répondu aux attentes des joueurs de compétition en termes de dynamisme.

Quarto

Quarto est un jeu créé par Blaise Muller. Il reçoit le Super As d’Or en 1991.
Quarto repose sur un thème antédiluvien, celui de l’alignement de plusieurs pièces, dont un des ascendants les plus connus doit être Puissance 4 (ça ne nous rajeunit pas). Mais l’originalité de Quarto réside dans le fait qu’il compose avec plusieurs dimensions : la couleur (noir ou blanc), la forme (carré ou rond), la hauteur (grand ou petit), et la densité (plein ou creux). Ça complique pas mal la donne. Quarto va même plus loin en modifiant la mécanique habituelle de pose d’une pièce : à votre tour de jeu, vous ne choisissez pas la pièce que vous allez jouer mais celle que l’adversaire devra jouer ! « Réfléchissement Jean-Pierre ! » 🙂
Je ne peux pas dire que je sois hyper fan de ce jeu, mais il a marqué les esprits et ouvert la voie à toute une famille de jeux en bois à la fois audacieux et esthétiques (Quixo, Siam…). Avis à ceux qui cherchent à remplacer avantageusement le vieux solitaire qui prend la poussière sur le buffet du salon (et dont il manque accessoirement une bille).
À noter que Quarto a été résolu par Luc Goossens en 1998, les suites parfaites font nulles.

DVONN

C’est au truculent Kris Burm que l’on doit cet OVNI qui fait partie d’un projet plus global nommé GIPF.
L’ambition de Kris était de créer six jeux combinatoires abstraits dont les caractéristiques seraient complémentaires. Un pari fou mais plutôt réussi.
DVONN est le quatrième de la série qui se compose par ailleurs de GIPF, TZAAR (sorti en 2007 et nominé aux As d’Or mais il s’agissait en fait du remplaçant de TAMSK, édité en 1999 et par la suite retiré du projet), ZÈRTZ, PÜNCT et enfin YINSH (le sixième opus qui, bizarrement, est sorti avant le cinquième).
Je n’ai pas eu l’occasion de tester ZÈRTZ mais des quatre autres ma préférence va à DVONN que je recommande donc tout particulièrement aux amateurs du genre. (Any chance to see you again in Cannes, Kris ?)

Poursuivons avec un jeu grand public qui a tout pour devenir un classique.

Ticket to RideLes Aventuriers du Rail (Ticket to Ride en VO) d’Alan R. Moon, superbement édité par Days of Wonder, dont la réputation n’est plus à faire. As d’Or Jeu de l’année 2005.
Benito a déclaré à propos de ce jeu, après sa première partie : « Ouais, en fait c’est un genre de Risk amélioré… » Sur le moment je me suis dit : « Putain mais qu’est-ce qu’il raconte le père Ben, il est complètement à l’ouest. » Mais à présent qu’il fait partie de la crème mondiale et qu’il passe ses nuits à poser des wagons (online), je me vois pas lui dire qu’il a rien pipé à l’esprit du jeu, même si je maintiens que nous sommes à des années lumières de Risk 😀
Au reste, Benito, si tu passes dans le coin, n’hésite pas à laisser un avis sur ce jeu dont je sais que tu maîtrises aujourd’hui toute la profondeur (merci d’avance mon poulet !).
Assurément, Ticket to Ride a toutes les qualités d’un grand classique : il s’adresse aussi bien aux petits qu’aux grands, il est équilibré (savant dosage de hasard, de gestion et de stratégie), fluide et addictif (la mécanique est simple et laisse un sérieux goût de reviens-y). La map du jeu original est celle des États-Unis mais, le succès aidant, d’autres versions ont été éditées, introduisant certaines spécificités (par exemple, la version Europe intègre des tunnels et des gares) qui renouvellent astucieusement l’intérêt des parties.

Enchaînons avec les inclassables de môssieur Philippe des Pallières.

Objets TrouvésLe talent de Philippe des Pallières, à mon sens, c’est qu’avant de miser sur les qualités intrinsèques d’un jeu, ses mécanismes etc. il mise sur la capacité des joueurs à sublimer le jeu, de par leur envie naturelle d’en être les principaux acteurs. Trop de créateurs ont la tête dans le guidon, le nez dans les règles, et en définitive perdent de vue la vocation première du jeu de société : divertir. Philippe ne l’a que trop bien compris et il sait mieux que quiconque donner aux joueurs le premier rôle, les faire « vivre le jeu ».
Mais pour que la mayonnaise prenne vraiment, il faut que les joueurs entrent à pieds joints dans le délire ; les indécis, les timides et autres conformistes motorisés au diesel en seront pour leurs frais.
Objets Trouvés est le premier jeu de Philippe auquel j’ai joué et j’ai été cueilli par l’insolence de sa mécanique qui ne repose finalement que sur l’imagination, l’humour et la roublardise des acteurs à la table de jeu.

Le temps me manque alors je ne dirai qu’un mot des Loups-garous de Thiercelieux, formidable jeu d’ambiance créé avec la complicité d’Hervé Marly sur la base du jeu Werewolf (lui-même inspiré du jeu Mafia de Dimitry Davidoff), et qu’un mot de Boomerang, jeu d’enchère assez inattendu et graphiquement très réussi, moins ambitieux et moins connu que les titres précédents mais tout aussi réjouissant.

Skull & RosesEn revanche, je ne peux pas ne pas m’arrêter sur Skulls & Roses (j’assume cette double négation, question de style). D’abord parce qu’on reste dans le giron de Philippe de Pallières (avec les éditions Lui-Même), ensuite parce que cette petite merveille signée Hervé Marly vient de se voir décerner le prix de l’As d’Or Jeu de l’année 2011, enfin parce que ce jeu ne repose sur rien. Absolument rien. Du Coca Zéro en boîte. C’est un jeu de bluff réduit à sa plus simple expression. Chaque joueur a en tout et pour tout cinq tuiles en carton qui ressemblent à des sous-bocks Guinness (l’environnement graphique du jeu est celui des bikers). Et ça fonctionne.
Comme pour beaucoup de jeux – mais plus encore pour celui-ci – il ne faut pas se fier à sa première impression. Ce n’est qu’au bout de quelques tours de chauffe que le jeu commence à distiller ses arômes, à révéler ses ressorts. Et si je vous disais que ce jeu, d’une simplicité déconcertante, l’auteur a mis quinze ans pour le démouler !
L’amateur de Poker y trouvera en outre un bon moyen d’apprendre à identifier et interpréter les « tells ».

Prolongeons cette rétro avec deux jeux d’ambiance coopératifs.

Time's UpTime’s up a reçu l’As d’Or Jeu de l’année 2006.
Peter Sarett a réussi le tour de force de renouveler un genre aussi vieux que la tradition orale, le  jeu de devinette. Toute l’originalité de Time’s Up tient dans son mécanisme à trois temps. Premier temps, des noms de personnalités à faire deviner avec comme seule contrainte un sablier (jusque-là rien de neuf) ; deuxième temps, mêmes joueurs, mêmes noms de personnalités à faire deviner (!), à ceci près qu’on ajoute une contrainte : les joueurs n’ont le droit d’utiliser qu’un seul mot pour faire deviner le nom d’une personnalité ; troisième et dernier temps, on prend les mêmes et on recommence, mais la contrainte devient : plus un mot ! Autrement dit, il faut mimer. Effet désinhibant garanti.
Encore un titre qui montre que, dans le monde du jeu comme dans bien d’autres domaines, c’est avec les recettes les plus simples qu’on fait la meilleure cuisine.

Aargh ! TectAargh ! Tect fonctionne sur le même principe que Tokyo Train mais la massue (en plastique gonflable) ajoute à la dimension barrée du truc.
Ce jeu voit s’affronter deux équipes. Dans chacune des équipes est nommé un architecte dont le job va consister à expliquer aux ouvriers comment assembler les éléments de construction d’un édifice dont il est le seul à connaître le plan. Le hic étant que nous sommes à l’âge de pierre et qu’il convient de parler la langue ou plutôt les onomatopées de l’époque. Chaque architecte reçoit donc une aide de traduction et la place entre ses ouvriers et lui de manière à ce que chacun puisse faire correspondre les expressions du paléolithique aux actions attendues. Par exemple « MANUNGU » signifie « Placer avant ! » Autrement dit, « Place l’élément de construction plus en avant ! » Pour corser le tout, l’architecte doit également exécuter certains mouvements (forcément ridicules) pour indiquer la couleur des différents éléments de construction. Enfin, il dispose d’une massue qu’il met dans la gueule des ouvriers : une fois pour valider une action ; deux fois pour signaler une erreur d’assemblage. Tout est dit 😀

Terminons avec un jeu de négociations qui nous a fait crever de rire cette année au off et pour lequel nous avons eu un gros coup de cœur (disons un autre gros coup de cœur, après S&R d’Hervé Marly).

C'est moi le patron !C’est moi le patron ! Comme son nom l’indique, ce jeu est un jeu d’enculés (n’ayons pas peur des mots). Le genre de jeux où l’amitié et la loyauté ne sont plus de mise. Le genre de jeux où la seule valeur qui compte est celle de l’argent. Un jeu fait de fausses promesses, de bluff et de truanderies. Mais quel bonheur d’avoir le dernier mot, de prendre la place du patron et de remettre tout le monde à sa place. Encore faut-il savoir le faire avec suffisamment de filouterie pour engranger un max, au risque que les investisseurs ne vous lâchent, que l’affaire ne se fasse pas et que les millions vous passent sous le nez…
Naturellement, comme tous les jeux qui reposent sur la négo et la diplomatie, l’enthousiasme et la capacité de rebond des joueurs à la table sont des éléments prépondérants dans le succès d’une partie et le plaisir qu’on y prend. De ce point de vue, je préfère vous dire qu’avec Riton, Dom (banquier dans la vraie vie !), Jean-Manu, Pierre et Olivier, le retour sur investissement était plus que rentable ! (Petit aperçu, quoique peu compréhensible pour le profane, dans la vidéo que vous trouverez plus bas.)

Je me sens un peu merdeux parce que j’avais prévu de dire quelques mots de Gang of Four (jeu de défausse), Passe-trappe (jeu de bistrot d’habileté distribué par nos potes de Ferti) et de quelques autres titres (notamment Sexopolitan dont je tâcherai d’écrire un billet à part) mais j’ai déjà épuisé mon crédit temps pour cet article, au vu du nombre de trucs que j’ai dans les tiroirs et qui attendent que je m’y attelle.

Je vous laisse avec une vidéo subjective de l’édition 2011, en mode multiplication des pains.

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13 commentaires sur “C’est moi le patron !”
  1. Benito dit :

    Excellent recueil de jeux malheureusement trop méconnus… Poupart nous distille dans cet article le « bio » du jeu ! Le jeu qu’on trouve pas à Carrouf en tête de gondole ou frappé d’un « vu à la télé » bien en vue, non, le jeu uniquement disponible dans la boutique spécialisée du coin, tenue par le même type bizarre depuis 15 ans. Le même type bizarre qui est capable de vous parler de chacun des jeux entassés du sol au plafond comme s’il les avait vu grandir puis récoltés lui-même.

    Je n’ai jamais eu l’occasion (le privilège?) de me rendre au Festival International des Jeux de Cannes. Néanmoins et chaque année, il me tarde le retour de Poupart. Je sais qu’il n’en revient jamais le panier vide ni rempli de jeux pourris (pour rester dans le « bio »). Il m’est par conséquent assez facile de vous donner mon avis subjectif sur certaines de ces pépites (le farwest je trouve que ça fait « bio » aussi, non ? Bon ok, au pire ça fait « home-made », on reste dans la thématique).

    Les Aventuriers du Rail (Ticket to Ride) : « Ouais, en fait c’est un genre de Risk amélioré… » est effectivement le ressenti à chaud. J’en veux pour preuve la grande similitude entre les missions et les objectifs, les fantassins et les wagons en plastique de couleurs différentes et surtout le principe du tour à tour où le mouvement n’est pas déterminé par un jet de dé (Risk étant à ma connaissance un des précurseurs en la matière).
    À froid et après 2596 parties jouées online (à ce jour) et une meilleure place de 291e mondial (ça va, je me sens de me la péter un peu là), mon ressenti est profondément et irrévocablement différent. Le jeu est un équilibre quasi parfait entre stratégie et chatte, même si, dès le départ et avec un peu d’expérience, on se doute que la route (de wagons) sera longue et compliquée (ou pas). Il est également jouissif de pouvoir, en toute légalité avec la règle, asphyxier ses adversaires en ne respectant aucun des objectifs initiaux et de jouer quand même la gagne. Sans rentrer dans plus de détails, j’ai été réellement conquis par ce jeu qui offre en bonus plusieurs plateaux et variantes associées. Ma préférence allant au plateau « Europe » en « Head’s up » (1 contre 1) même si en mode multi (à 4 ou 5) sur le plateau « USA » la dynamique est plus intéressante.

    Objets Trouvés : Véritable OVNI sur la planète jeu, incontestablement doté de vertus thérapeutiques pour introvertis en manque d’imagination, je dois avec une pointe de déception admettre qu’il manque de goût, de cette douce saveur de « reviens-y ». D’une part, les parties ne sont intéressantes qu’à partir de 4 joueurs et d’autre part, on peut avoir le sentiment d’être réellement incompris(e)… pouvant tour à tour être extraordinaire et totalement déstabilisante, l’expérience de jeu marque profondément. Je suis prêt à parier que toute personne qui a joué à ce jeu en garde une trace indélébile. N’est-ce pas ce sentiment qui fait de certains jeux des jeux cultes ? À cet égard, Objets Trouvés est bien culte.

    Time’s up : Simplissime tant au niveau des règles que de la mécanique, il faut tout de même un brin de culture, une bonne mémoire, un talent certain pour le mime et surtout un binôme qui, à défaut d’être performant, sait interpréter vos moindres gestes et paroles (la base du jeu étant de faire deviner à votre partenaire des noms de personnes, films, lieux…). Mon moment préféré ? s’approprier en cours de partie les termes relativement improbables précédemment utilisés par vos adversaires. Exemple au 2e round (vous) « Rhododendron » (votre patenaire) « Batman », ouais c’est gagné (le tout dans la quasi indifférence générale) ! Imaginez un instant être arrivé juste à ce moment précis du jeu… « Heu, vous faites un Kamoulox ? ». Non, rien à voir, le principe de Time’s up c’est d’aller à l’essentiel le plus rapidement possible, peu importe le moyen plus ou moins probable d’y arriver tant que les règles de chaque round sont respectées. Du plaisir à l’état pur !

    Me tarde de pouvoir tester les nouveautés 2011 !

  2. Heg dit :

    Toujours autant émerveillé par les mots poupesques du Dude ! On est jamais rassasié.
    Encore un moment inoubliable. Il en manque toutefois un : Mr Ben qui en un regard, analyse, décortique et finit par te dire en fait que ce jeu c’est de la MERDE ! ^^ Me tarde un petit Skull & Roses avec mes deux compères, mon avis ça va être tendu ! J’ai une petite possibilité de me venger de Poupart dont le grand jeu consiste à m’annoncer avant chaque partie d’Othello qu’à la fin il ne restera plus aucun pion de ma couleur sur le tarmac. Ce qui, je ne vous le cache pas, a légèrement tendance à m’agacer…
    Cannes, des moments incroyables, une ambiance saine, des gens ultra sympas, un « ON » fatiguant et un « OFF » ahurissant !!! Je te kiffe parce que c’est toi le Patron !

  3. Benito dit :

    Riton, pour contrer Poupart à Othello, cette version d’entrainement me semble avoir été spécifiquement créée pour toi :
    http://www.gamemobile.co.uk/stripreversi.htm

  4. Heg dit :

    Putain Benito, t’es con… j’ai cliqué en me disant c’est une connerie… et là je me dis ce mec je l’aime ! Croyez-le ou non… un Othello où quand tu gagnes, la fille est toute nue !!! Et là je me dis : c’est pour moi ça ! Je me vois déjà à Cannes 2012 mettant une branlée Poupesque au Dude ! Lui vomissant un « C’est moi le patron ! » sur sa casquette new-yorkaise qui me nargue de haut !! 64-0. Ce jour-là je saurai que ma vie est une réussite. Enfin bon, revenons au jeu d’Othello avec des filles toutes nues. Je clique pour downloader le bouzin et là CrabOOm ! Payant 5.00$… Super… Tout ça pour dire que Benito aussi est un enculé.

  5. Frank Poupart dit :

    Riton, arrête les champis, fais quelque chose, vois un magnétiseur, je sais pas mais respire, tu vas finir par te claquer le cerveau.

  6. Alex dit :

    Si je peux m’introduire dans cette discussion, je suis aussi fan de tous ces petits jeux qui permettent de passer de très bons moments de bluff, fous rires, stratégies… et de « Quoi, mais pourquoi tu me fais ça, à moi !!!??? » (dixit ma petite femme quand elle ne comprend pas que je puisse la bluffer sans aucun remord).
    Pour recontextualiser un peu, étant ancien directeur de colo, à chaque séjour j’achetais un ou deux jeux nouveaux de cette sorte.

    Mes préférés qui n’ont pas été cités :
    Carcassonne : un bon jeu de stratégie surtout avec quelques extensions.
    Bohnanza : jeu de bluff et de stratégie où il faut être au moins 6 ou 7 pour bien bien se faire plaisir. Mais un pur régal.
    Quoridor : jeu de stratégie très rapide mais bougrement bon!!

    Jeux supers avec des enfants :
    La guerre des moutons : jeux de stratégie qui peut démarrer vers 6-7 ans.
    Boursicocotte : jeu de bluff et stratégie bien rigolo, mais vite lassant car finalement assez limité. Mais avec des ados, cela prend toujours à 100%

    Bref il y en a pas mal d’autres un ton en-dessous, mais quoiqu’il arrive comme tu dis Mister Poupart, que ces jeux sont bons et changent par rapport aux classiques !!!

    Merci encore pour cet article très instructif, et n’hésite pas si tu manques de monde pour tester ce genre de jeux, car il y en a plusieurs que tu as cités qui me donnent bien envie et que je n’ai pas encore testés.

    Alex from NYC

  7. Frank Poupart dit :

    Hey Alex, vous êtes à NY en ce moment ? Je pensais que vous partiez en avril (!?) bref je suis probablement à la ramasse…
    Vous revenez bientôt j’espère, il faut qu’on se cale une date pour que vous veniez à la maison.
    Carcassonne, c’est comme Les Colons De Catane, on m’en a dit beaucoup de bien mais je n’y ai jamais joué. Va falloir que je remédie à ça (du coup je compte sur toi).
    Quoridor, j’ai jamais fait qu’une partie donc j’ai pas vraiment eu le temps de m’en faire un avis objectif. Les éditions Gigamic proposent pas mal de jeux de stratégie en bois, c’est un peu leur marque de fabrique. Dans le genre blocage, ils ont aussi Eclipse qui a bonne presse.
    Bohnanza je connais pas, mais je viens de voir que c’est Uwe Rosenberg qui a pondu ce titre (auteur de l’excellent Agricola), ce qui pique tout de suite ma curiosité.
    La Guerre Des Moutons, encore un must-have signé Philippe des Pallières (ce type est énorme).
    Perso, du côté des jeux pour les juniors, le dernier qui m’ait vraiment emballé c’est Château Roquefort (encore un jeu allemand !).
    Bon, rentrez vite qu’on teste tout ça ! 🙂
    Biz les veinards !

  8. Heg dit :

    Perso j’ai déja testé Carcassonne avec deux extensions sur une table de 2X2m c’est quand même assez énorme !!!

  9. Frank Poupart dit :

    Ah ouais, t’essaies de me mettre la pression Riton ou bien ?

    Euh sinon Alex, je crois que j’ai fumé la moquette, la boulette me dit que vous partez en avril, pendant les vacances scolaires. En fait, ta signature c’était genre « le Alex des bons plans » quoi… Je percute pas des masses mais ça ne m’empêchera pas de te coller une branlée à Carcassonne 😀

  10. Majdou dit :

    Hey ! Moi aussi je veux faire partie de tes minifilms !!! Trop de la balle !! De la bombe de balle même !!
    Des bisous.
    (Oui voilà un commentaire inutile… je sais :))

  11. Alex dit :

    Yes quand tu veux à Carcassonne !!!

    Et sinon NY, ce sera du 10 au 17 Avril !

  12. Matéo dit :

    J’VEUX DES PROFITEROLES !!!

  13. Gramgroum dit :

    Amateur d’Abalone, Frank ?
    Pour affronter quelques-uns des meilleurs joueurs au monde, c’est ici et c’est gratuit :
    http://moggames.net/
    Au plaisir de jouer contre toi (avec toi ?).

  14.  
Je commente, je flatte, je tacle...