« Kinda lonely tonight, I guess I have bad intentions… » DSK Brett Favre

J’ai retrouvé un peu par hasard une vidéo des highlights du match Jets versus Vikings auquel la boulette et moi avons assisté en octobre 2010 à New York (voir plus bas dans cet article).

C’était un rêve de kid, un château en Espagne.
Je me revois, vingt-cinq ans en arrière, demander à ma tante d’enregistrer le match NFL de la semaine sur Canal avec une de mes vieilles VHS BASF usées jusqu’à la corde. Si on m’avait dit qu’un jour je serais aux premières loges…
Et l’enthousiasme est là, intact, lorsque j’ouvre l’enveloppe qui contient les précieux sésames ; c’est toute une partie de mon enfance qui remonte.

J’avais d’abord essayé de booker des places pour les Knicks (NBA) mais les premiers matches avaient lieu deux semaines plus tard, et aucune rencontre de pré-saison n’était prévue au MSG durant notre séjour à NY (nous aurons toutefois la chance d’assister à un entraînement, cf. cet ancien post). Après quoi j’avais hésité entre un match des Yankees (MLB) dans le Bronx et un des Jets (NFL) dans le New Jersey, les Giants jouant à l’extérieur cette semaine-là. Un choix cornélien, mais je ne pouvais pas décemment infliger deux soirées sport US à ma boulette (des mecs qui s’astiquent pour un yard ou un vol de base, ça ne l’émeut pas plus que ça), ce serait donc les Jets, avec une affiche particulièrement alléchante puisque ces derniers recevaient les Vikings où officiait un certain Brett Favre !

En fait, depuis que nous étions arrivés, Favre faisait régulièrement la une des journaux TV. Au début je pensais que c’était en raison de son statut de légende vivante (41 ans), et que les journalistes spéculaient sur la date de son départ à la retraite sachant qu’il était probablement en train de faire la saison de trop, mais quand j’ai tendu l’oreille j’ai compris qu’il s’agissait de tout autre chose. Favre était en fait poursuivi par une ancienne « Gameday Hostess » des Jets, une certaine Jenn Sterger, à qui il aurait envoyé des SMS pour le moins suggestifs, avec des photos de sa teub. Forcément, ça ne cadre pas vraiment avec les valeurs d’exemplarité qu’on voudrait faire porter aux champions de son rang, mais je trouve que les Ricains en font des caisses (ils sont friands de ce genre de scandales). D’autant que j’ai quelques doutes sur les mœurs de notre hôtesse, et qu’il me surprendrait qu’elle aille au catéchisme tous les dimanches.
Au fond, c’est jamais que des SMS ; Clinton lui, au moins, il s’était fait sucer 😀
Un peu plus tard, juste après que Favre ait été condamné à une amende de 50 000 dollars (non pas qu’il ait été reconnu coupable dans l’affaire Sterger mais officiellement « for not being forthright in an investigation »), deux autres nanas taillées comme des miss vénézuéliennes, anciennes « massage therapists » de l’équipe de Jets (c’est dingue les noms qu’ils trouvent pour pas dire « putes »), ont également accusé Favre de les avoir harcelées par SMS.
Alors, Brett Favre est-il un serial sexter adultère ? Ou nos masseuses ont-elles trouvé un filon potentiellement juteux (sans mauvais jeu de mots) ? La Cour suprême de Manhattan doit bientôt entendre Favre (et un ou plusieurs membres du staff des Jets) au sujet des accusations qui pèsent contre lui.
M’est avis que Favre aurait dû tirer sa révérence après son excellente saison 2009, mais il semble qu’il ait voulu se laisser une dernière chance de… rater sa sortie.

Revenons au match.
Tout se présentait pour le mieux. La boulette et moi avions passé la journée à flâner du côté de Brooklyn Heights, nous étions retournés à l’hôtel pour nous rafraîchir avant de remettre les gaz direction le New Jersey. Nous avions décidé d’y aller en bus vu que la station (Port Authority Terminal) se trouvait à quelques blocs de là où nous créchions.
Il avait fait un temps radieux toute la journée, la soirée s’annonçait claire et douce, rien ne laissait augurer que des pluies diluviennes et des boules de feu allaient s’abattre sur New York. Pourtant…

La file d’attente pour le bus faisait bien deux-cents mètres de long mais des navettes se relayaient toutes les cinq minutes, limite en flux tendu. Question logistique, ça ne lésinait pas. Le temps d’avaler un soda et quelques frites, on se retrouvait au fond d’un bus rempli de fans surboostés qui commençaient à pousser des slogans pro-Jets, des trucs plutôt bon enfant, loin des « PSG enculés ! » et autres grivoiseries de gros beaufs décérébrés. D’ailleurs, pas de hooliganisme aux US ni de ghettoïsation dans les stades, total respect entre les supporters qui à l’image du Rugby en Europe font la fête ensemble.

Le New Meadowlands Stadium (rebaptisé MetLife Stadium en 2011), il se voit de loin ; j’ai trouvé sur le site des Jets une photo de nuit qui permet de se faire une assez bonne idée du bouzin. Petite claque.
Ce monstre bénéficie des technologies les plus récentes (il avait été inauguré six mois plus tôt). Il a été construit sur le parking du mythique Giants Stadium (surnommé Meadowlands Stadium) dans le quartier d’East Rutherford, pour la modique somme de 1,6 milliard de dollars et appartient désormais à parts égales aux deux clubs de la ville, lesquels entretiennent une rivalité assez inhabituelle étant donné qu’ils ne jouent pas dans la même conférence (AFC East pour les Jets, NFC East pour les Giants). Les derbys sont donc rares mais intenses, les deux équipes jouant à domicile ! 🙂
Je crois savoir que les deux clubs s’affrontent chaque année en août lors d’un match de préparation (pre-season game), sinon il faut attendre que les deux conférences se rencontrent lors de la saison régulière, ce qui se produit tous les quatre ans si j’ai bien compris le fonctionnement du championnat NFL, ou miser sur un hypothétique Super Bowl Giants versus Jets !

Nous sommes donc absorbés par le spectacle de ce mastodonte de lumière, le nez collé à la vitre, lorsque, d’un coup d’un seul, des trombes d’eau se mettent à tomber. Je ne vous parle pas de la pluie qui bruisse gentiment et sous laquelle on s’amuse façon Sinatra, non, je veux parler de la mousson, celle qui sévit normalement en Inde ou au Bangladesh et finit en torrents de boue. C’est un peu comme si des milliards de gus avaient mis le pommeau de leur douche en mode gros jet et poussé la pression à burne.
Sur le moment, on s’est dit que le chauffeur était pas con, qu’il allait nous poser juste devant l’entrée du stade, quitte à faire une légère entorse au règlement. Négatif, à cinq-cents mètres qu’il nous a lâchés, comme des merdes, au beau milieu du parking, aucun moyen de s’abriter. Atroce.
Vous allez me dire, ça reste de l’eau, c’est pas la fin du monde, le blème c’est que j’avais toutes mes économies dans mon sac photo (deux boîtiers, quatre objos…) et que je commençais à faire dans mon slip, y’avait bien une sorte de capote pour protéger le sac mais j’étais pas sûr que ça suffise vu l’intensité du merdier. Au reste, il n’y avait pas trente-six solutions, une fois sur le marchepied du bus, la boulette et moi nous sommes regardés, nous avons regardé en direction du stade, nous nous sommes regardés à nouveau, d’un regard qui voulait dire : « C’est l’enfer qui nous attend, mais on est pas des tapettes : banzaaaaaiiiiiii ! »

On avait pas fait dix mètres qu’on était déjà trempés jusqu’aux os. Nous marchions dans vingt centimètres d’eau (et j’ai pas l’accent de Marseille), des éclairs déchiraient le ciel dans un bruit assourdissant. Mauvaise passe.

Une fois franchis les portiques de sécurité, il nous apparaît urgent de trouver des ponchos (inconcevable de voir le match avant d’avoir réglé nos problèmes d’étanchéité sachant que le stade n’est pas couvert), nous nous dirigeons donc vers la boutique la plus proche. Je dis boutique mais le premier « store » dans lequel nous entrons doit être aussi grand que la FNAC Bordeaux, tout ici est démesuré, jusqu’aux milliers d’écrans HD qui tapissent les coursives du stade…

Nous nous rendons ensuite à l’entrée de notre section et, détail amusant, chacun de nos pas fait ce petit bruit caractéristique des chaussures qui contiennent au moins 50 cl. d’eau 🙂
Là, nouveau coup du sort, nous sommes informés que, les conditions météo étant exceptionnellement mauvaises, l’accès aux gradins est retardé, principe de précaution oblige, des risques électriques sont évoqués. Nous voilà donc stoppés dans notre progression, pris dans la nasse, jouant des coudes au milieu de la meute pour ne pas mourir asphyxiés (je dramatise un peu mais bon, ça ressemblait quand même à ça), et ce pour une durée indéterminée. C’est à ce moment-là, il me semble, que j’ai cru qu’on allait perdre la boulette… Je sentais la détresse dans son regard et en même temps le courage qu’elle se donnait pour sauver les apparences ; c’était un moment important pour moi, elle le savait.

« J-E-T-S ! Jets ! Jets ! Jets ! » Fireman Ed

Après quarante-cinq interminables minutes, nous entrons enfin dans le chaudron du New Meadolands Stadium. Impression visuelle à couper le souffle, ambiance de folie. Énorme claque. À cet instant précis je retrouve mes yeux de gamin, mais en version IMAX !
Autre motif de satisfaction, la vue cadre parfaitement avec celle qu’on m’avait vendue sur le Net (j’en reparle plus bas). Nous n’avions pas très fière allure avec nos ponchos (cf. photo ci-contre) mais nous étions bel et bien dans la place, et la pluie avait finalement cessé (pour mieux revenir à la fin du deuxième quart-temps, atroce).
La suite des évènements est plus convenue : hymne américain chanté a capella par une jeune black façon The Voice, suivi d’une salve de feux d’artifice. Et pour monter en pression avant le kickoff, on pouvait reprendre les cris de ralliement d’Edwin M. Anzalone, plus connu sous le nom de Fireman Ed, ce pompier de NYC devenu figure de proue des fans des Jets (sa notoriété est telle que les Jets ont développé la Fireman Ed Chant App), et mater les chorégraphies du Flight Crew Cheerleaders, l’escouade des danseuses locales carénées comme des poupées Barbie.

Je vous épargne le récit du match sachant que la vidéo ci-dessous en résume les moments clés. Je précise juste que Brett Favre a passé ce soir-là le 500e touchdown de sa carrière (record absolu en NFL) !
Perso j’ai kiffé le jeu de Mark Sanchez (QB des Jets) qui n’est pas forcément très spectaculaire mais qui fait le job avec un sang froid remarquable, ce qui lui permet notamment d’optimiser le temps qu’il passe dans la « pocket ». Impressionnant.

Quelques infos et bons plans à l’usage de ceux qui envisageraient d’assister un jour à un match de ligue américaine (Alex, sors de ce corps !) :

– Acheter vos places à l’avance (les matches se jouent souvent à guichets fermés). Sauf exception, se pointer au stade le jour J en espérant dégotter des places (côte à côte, bon marché et bien situées) n’est pas une idée très « secure ».

– Vous paierez toujours plus que la valeur faciale des billets.
Aux US, les places (toutes les places) sont achetées en amont par des sociétés privées qui les revendent via différents réseaux de distribution. Non seulement le prix de revente est plus important mais des frais de dossier et des taxes s’appliquent, sans parler du port pour nous autres les Frenchies. À l’arrivée, l’addition peut donc être assez salée. D’où l’importance de comparer les prix sur différents sites de vente en ligne, à ce petit jeu j’aurais tendance à penser que ticketnetwork.com et stubhub.com ne sont pas les plus pourris. (Attention, certains sites n’expédient pas en dehors de l’Amérique du Nord et il n’est pas toujours possible de s’en rendre compte sans faire une simulation d’achat. Pensez à vérifier ce point avant de faire des plans sur la comète.) J’ai observé des écarts assez hallucinants d’un site à l’autre pour des places identiques (même section, même rangée). Bref, ne vous précipitez pas et faites des simulations pour connaître le montant TTC des places.
À titre d’exemple, les deux places de ce match m’avaient coûté 386 dollars alors que la valeur faciale d’un billet à l’unité dans la section que nous avions choisie était de 120 dollars, ça vous donne une idée du surcoût lié à la marge du distributeur et aux frais/taxes appliqués. Ça pique.
Naturellement, le taux de change entre aussi en ligne de compte. Quand on observe l’historique de ces dix dernières années, on voit que certaines périodes ont été plus favorables que d’autres (2008 a été une année exceptionnelle). Hélas, avec la crise, l’euro a pris du plomb dans l’aile…

– Pour obtenir les billets, plusieurs soluces s’offrent à vous.
La plus économique, c’est le Will Call : vous payez les billets en ligne et vous les retirez sur place le jour J en présentant au guichet ad hoc une pièce d’identité et la carte de crédit qui a servi au paiement. J’ai utilisé ce service pour booker des places au MSG, c’est easy. L’opération est généralement facturée 2,5 dollars, autant dire peanuts.
La deuxième solution consiste à repérer les places dispos avec l’option « electronic delivery » (envoi par email) ; au départ cette option était gratuite mais elle est de plus en plus souvent facturée (environ 5 dollars).
Enfin, si comme moi vous êtes un romantique et préférez les versions originales, il vous en coûtera environ 40 dollars (les envois internationaux ne sont jamais effectués autrement qu’en express via FedEx ou UPS avec tracking et assurance. Vous payez le prix fort mais le risque de mauvaise surprise est quasi nul). Attention toutefois aux dates d’envoi qui sont mentionnées sur le site et vérifiez que le délai de livraison est suffisant (comptez trois ou quatre jours max), le cas échéant, et si les dates de votre séjour le permettent, n’hésitez pas à vous faire livrer directement sur place, à l’adresse de votre hôtel, cela vous reviendra moins cher.

– Dernier point mais pas le moins important, utilisez un simulateur pour vous faire à l’avance une idée de la vue que vous aurez en live. Ça peut même s’avérer déterminant pour le choix des places. Certains sites proposent directement un outil de virtualisation, d’autres non. Pour un macth au MetLife Stadium, par exemple, il est possible d’obtenir une vue panoramique en renseignant sa section et sa rangée sur la page suivante : http://www.seats3d.com/nfl/new_york_jets/#/p_129_3/ (exemple pour une vue depuis la section 129, rangée 20).

Le 8 octobre prochain, les Jets reçoivent les Texans. Il est pas impossible que la boulette et moi soyons dans les parages…

2 commentaires sur “Terrain glissant”
  1. Clint dit :

    Putain j’entends encore les « Touchdown » de George Eddy résonner dans ma tête…
    Pas sûr que ma chérie eût le courage de la boulette… mais j’aurais tellement aimé me coller un match dans ma life avec une main géante genre PMU sur la route du tour de France.
    Sinon j’arrive pas à comprendre pourquoi on en veut à des personnes aussi douées de faire un « petit travers » sauce quequette…
    Favre a un bras en or, Clinton un grand bureau, et Strauss Kahn aurait redressé le manche de notre économie les doigts dans le… faut pas tout mélanger comme ça !
    Bref… au Mexique dans les salons de massage ya écrit « Happy ending »… Quand mon père allait en Thalasso chez Blanco on en faisait pas tout un plat.

  2. Alex les bons plans dit :

    Très bon article mon Poup’ !!!

    Très franchement, je te commanderais bien 1 ou 2 articles que tu ferais lors de ton prochain séjour à NYC !!!

  3.  
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