Archives pour la catégorie “Geekeries”

Chrome, le navigateur made in Google, souffle sa troisième bougie et nous offre une frise graphique de l’évolution des technologies du Web depuis l’avènement du HTML 1.0 au début des années 90.
Plutôt sympa.

Pour profiter de l’animation pleine bourre, ça se passe par ici : http://evolutionofweb.appspot.com

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« Code is Poetry » WordPress.org

Un truc me taraude depuis le lancement de ce blog qui est propulsé par WordPress, c’est le temps de chargement à l’ouverture des pages.
Au départ, j’ai essayé de rationaliser la chose : j’avais l’habitude de coder des sites en HTML statique, il n’était pas sérieux d’espérer la même réactivité avec un CMS comme WordPress, une base MySQL, des scripts et des requêtes PHP qui partent dans tous les sens… Les latences étaient somme toute logiques, il fallait que je m’y fasse.
Au reste, dans cette affaire, le fait que le site soit hébergé à Berlin me semblait anecdoctique (même si ce choix peut surprendre pour un blog qui, à priori, n’a aucune vocation à s’exporter).

L’annonce de Google, en avril 2010, selon laquelle le temps de chargement des pages web allait être pris en compte dans les algorithmes de classement des résultats, a provoqué un effet sismique dans la communauté des développeurs. Comprenez que, pour être bien classé, il ne suffirait plus d’avoir un dispositif de référencement efficace, il faudrait aussi optimiser le temps de chargement de ses pages. Mauvaise nouvelle pour les codeurs du dimanche (au rang desquels je m’affiche discrètement).
La presse rapporte que cette décision a fait l’objet de longs débats, en interne, chez Google, s’appuyant sur des études qui ont mis en évidence le fait que les temps de chargement ont une forte influence sur le comportement d’un visiteur, sur sa capacité à naviguer plus ou moins durablement sur un site, à concrétiser un achat ou pas.
Au vu de la dimension (exagérément) économique que revêtait cette annonce, les webmasters se sont lancés dans un grand nettoyage de printemps, essayant d’expurger les codes sources de leurs pages, de compresser ce qui pouvait l’être, de mettre en place des dispositifs de cache pour limiter le nombre de requêtes sur les serveurs etc.
Perso, je n’avais aucun intérêt à changer quoi de ce soit vis-à-vis de Google vu que Frank Poupart Entertainement s’adresse au plus petit nombre (Nietzsche ajoute, dans L’Antéchrist : « peut-être même, de ce nombre, aucun n’est-il encore né » :-)) et que j’ai volontairement bloqué les moteurs de recherche dans les préférences de WordPress (Privacy Options).
Cela dit, tous les bouts de code et autres astuces qui ont soudainement émergé sur cette question de l’optimisation des temps de chargement m’ont poussé à revoir ma position (qui jusque-là avait consisté à trouver des excuses bidons pour ne surtout rien changer), ne serait-ce que pour tenter d’améliorer ce qu’on appelle dans le jargon informatique « l’expérience utilisateur ».

J’ai donc commencé par mesurer les performances brutes du blog en utilisant le module YSlow pour Firefox.
Taxé d’un pénible D (69%), je me suis mis en quête de différents leviers d’amélioration pour booster la réactivité des composants.
Liste non exhaustive des actions menées :

– Suppression des plugins qui n’avaient d’autre valeur que cosmétique + monitoring de la ressource mémoire utilisée (avec WP-Memory-Usage)
– Optimisation des tables MySQL
– Nettoyage des révisions de billets, spams, thèmes et tout ce qui prend de la place inutilement
– Mise en dur des Expire Headers et autres joyeusetés dans le fichier .htaccess
– Installation et configuration de Quick Cache (après les tests infructueux de WP Super Cache et W3 Total Cache)
– Tentative avortée de mise en place d’un mécanisme de compression GZIP et de « minification » JS et CSS (rien n’y fait, à croire que le serveur n’en veut pas. Si quelqu’un a un plan…).

Finalement, après bidouillage, obtention d’un C avec un gain de 10 points au baromètre YSlow.
Pas mal. Mais, en pratique, pas de quoi casser trois pattes à un canard. Je reste sur ma faim.

Et puis, je ne sais au hasard de quelle recherche, je tombe sur la FAQ maison de mon hébergeur (Strato, en allemand dans le texte) qui explique que sa nouvelle technologie SpeedPlus permet d’augmenter sensiblement la vitesse d’exécution des scripts au niveau des serveurs et des opérations en base de données. Strato avance même un coef’ multiplicateur de 10 ! « What tha fuck ?! » J’en ai lâché ma tartine…
Ni une ni deux, je file sur la page française de l’hébergeur : rien. Pas un traître mot sur SpeedPlus. Je suis tachycarde,  limite nervous breakdown, mais je prends sur moi et me fends d’un mail au support technique.
Un conseiller me répond que cette technologie est exclusivement réservée aux nouveaux abonnés, en Allemagne, mais qu’il peut gentiment et sans frais changer le site de plateforme pour lui faire bénéficier de SpeedPlus, qu’il me suffit pour cela d’en faire la demande en répondant à son mail. (Sans déc’, où est l’embrouille ?) Ma réponse ne s’est pas faite attendre : « Vas-y Charlie, envoie la sauce, ich bin au taquet ! »

Résultat : perso j’ai l’impression que c’est le jour et la nuit. Ce sera pas forcément flag’ pour le tout-venant (j’ai la tête dans le guidon depuis huit jours donc j’ai sans doute une approche un peu obsessionnelle du truc) mais j’aime à penser qu’il y a quand même une différence notable, tant au niveau des temps de réponse que dans la vitesse d’affichage des pages en général.

Moralité : pourquoi s’emmerder à travailler le carénage et l’aérodynamisme quand on peut changer de moteur ?
Avis aux Strato users. Bon plan en vue.

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Il arrive que des artistes recyclent, détournent et s’approprient le code-barres, car ils n’ont pas manqué de voir, au-delà de sa vocation industrielle, les qualités graphiques, primaires et universelles, qui lui confèrent une indiscutable valeur ready-made.
Dans sa déclinaison flashcode, le code-barres est en passe de devenir le principal adjuvant d’une nouvelle forme de communication liée au développement des technologies nomades. Les flashcodes s’invitent sur des flyers, dans des abribus et même dans des livres (Jacques Attali se targuait encore récemment, à propos de son essai Le sens des choses, d’avoir écrit le premier « hyperlivre »)…
Il est en effet possible, avec un téléphone cellulaire pourvu d’un capteur photo et de l’applicatif qui va bien, d’accéder aux informations contenues dans ces idéogrammes d’un genre nouveau.
Le cadre étant posé (putain quel ennui), dans la grande famille des code-barres, je demande le QR :

Bonne pioche.
Très répandu au Japon, plus stylé que le flashcode − vous en conviendrez – même s’ils appartiennent au même genre, le code QR ci-dessus renvoie vers une page cachée (intime ?) du blog.
L’intérêt de cette page réside moins dans ce qu’elle contient que dans la méthode proposée pour y accéder. Un peu comme pour une grille de Sudoku, dans le fond.
Je suis joueur.

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« Je n’étais pas sorti des langes, que j’étais déjà philosophe. J’étais contre la vie, par principe.
Quel ? dites-vous. Le principe de futilité. » Henry Miller

Si j’avais nourri le cochon avec toutes les pièces de dix balles que j’ai lâchées dans une borne Street Fighter II au feu Taco King, place Gambetta, à Bordeaux, j’aurais assez de thunes pour m’acheter une Sega Blast City préparée aux petits oignons par Raphaël. (Me resterait plus qu’à trouver un moyen de faire disparaître le corps de ma copine.)
Ma seule préoccupation, à l’époque, c’était de voir mon nom dans la liste des high score.
Il m’arrivait d’avoir le zizi tout dur aussi, mais je ne savais pas encore à quoi ça servait.

Ma boulette pense que je suis un geek, un vrai (i.e. à ne pas confondre avec un nolife) – encore qu’il faille s’entendre sur la signification d’un mot aussi galvaudé. Je ne récuse pas l’épithète, car l’examen des objets qui jonchent les étagères de mon bureau comme autant de preuves à charge est sans appel : je suis positif à la culture du retrogaming. Cette pathologie s’ajoute donc à ma cinéphilite aiguë, mon addiction aux jeux de l’esprit, aux arts graphiques, aux sciences, aux profiteroles et au bilboquet. Mon système immunitaire commence à saturer. Une chance que je ne clope pas.

À tout prendre, je suis un geek nostalgique, sinon romantique. Le high-tech m’ennuie. Je trouve autrement plus grisant de savoir que l’ordinateur de bord du LEM qui a permis aux ricains d’alunir en 69 était moins puissant que celui d’un téléphone mobile, que de me toucher la nouille devant les spécificités du dernier iPod (quoique).
Cela procède d’un truc bizarre chez moi : je n’avais pas vingt ans que j’étais déjà nostalgique, j’ai toujours eu l’impression de vivre à retardement (à défaut de vivre à rebours, comme Benjamin Button), j’enviais la précocité des génies du passé dont je dévorais les bios – ou peut-être l’idée que je m’en faisais. Je passais plus de temps à refaire le monde qu’à vivre. D’après le test d’un magazine féminin (un de ceux que ma boulette laisse négligemment traîner au pied du trône), je serais du genre qui se paluche en pensant à ses ex plutôt qu’en matant des films de boules…
C’est pas faute d’avoir lu Bergson et de souscrire à cette idée que « nous ne pensons pas le temps réel mais nous le vivons, parce que la vie déborde l’intelligence. » C’est une question de nature. J’avais l’impression d’appartenir à un autre temps. Un temps qui m’aurait manqué.

J’ai découvert les jeux vidéo dans un entrepôt, sur les quais, du côté de Lormont. Mon paternel faisait du black avec un type qui distribuait des bornes d’arcade dans les bars-PMU. Il nous collait sur un jeu avec le plein de crédits, mon frère et moi, pour pas nous avoir dans les pattes pendant qu’il causait business. Le jeu, c’était Vanguard. Un des premiers Shoot’em Up à défilement et tir multidirectionnels. Mon frère était à la manœuvre, moi je pressais frénétiquement le gros bouton qui servait à shooter (c’est une des règles de la fratrie : le mode single action revient toujours au plus jeune). J’en garde une image rémanente, de celles à jamais gravées dans ma mémoire de gamin.

Dans ces années-là – nous sommes au début des eighties, j’ai dans les sept ans – notre vieux nous avait offert une console 8 bits Hanimex (un clone Arcadia 2001, je ne me souviens plus de la réf’ exacte) sur laquelle nous avons joué à bon nombre de classiques, comme Galaxian. Notez que le CPU tournait à 3.58 MHz ! Ouais, je sais, ça calme, mais je vous parle là d’un temps que les moins de vingt ans…
Je me souviens aussi avoir jalousé la mythique Atari 2600 de notre demi-frère et son non moins légendaire Pitfall!. Et la Vectrex de notre voisin, j’allais l’oublier, qui faisait figure d’OVNI avec sa 3D filaire…
Ce n’est que bien plus tard, dans les années 90, que nous aurons notre première console portable : la Gamegear (en bundle avec Sonic The Hedgehog 2. Je me revois péter les plombs quand l’AC se mettait à déconner après deux heures de jeu, juste avant la fin d’un stage…), et finalement notre premier PC : un 486dx33 sous Windows 3.1, (c’est sur cette bécane que j’ai étrenné Doom, Heart of Darkness et pas mal d’autres jeux développés pour DOS).
S’ensuivit une assez longue traversée du désert, d’abord parce que je passais le plus clair de mon temps sur les playgrounds à jouer au Basket, persuadé que j’allais coller des dunks en NBA, ensuite parce que j’avais les poches trop vides pour upgrader ou investir dans une console de salon.

J’ai fini par acheter une Dreamcast, après avoir encaissé mes premières paies, et après que Sega eut annoncé qu’ils arrêtaient la production de hardware. Le prix de la Dreamcast s’était effondré, et un pote me refilait des jeux rippés pour trois fois rien. Le jour où j’ai réalisé que c’était une putain d’hérésie, j’ai commandé une deuxième Dream sur Ebay (version jap’) et des originaux, essentiellement des jeux de baston en 2D (les puristes me pardonneront ce pléonasme)…

Aujourd’hui, il m’arrive de jouer à des jeux récents sur PC (ce qui revient à dire que je ne suis pas un pur retrogamer), et je mesure alors l’insolente évolution du jeu vidéo. Je n’irais pas jusqu’à comparer quarante ans d’histoire vidéoludique avec la grande Histoire de l’art, vieille de plusieurs millénaires, mais le raccourci est tentant.
Imaginez que Pong soit comparable, en quelque sorte, aux formes primitives de l’art pariétal, alors pourrait-on rapporter les premiers jeux en perspective isométrique (les maniaques de l’hémisphère gauche diraient « dimétrique ») à la naissance de la perspective par les artistes florentins au XVe siècle, les jeux en 3D les plus récents et les mieux modélisés se trouveraient des points communs avec l’hyperréalisme (rien de plus chiant que le savoir-faire au service du… savoir-faire), tandis que les jeux marginaux et conceptuels tels que Tétris ou LocoRoco s’associeraient sans mal à des mouvements plus modernes comme le cubisme et l’art naïf…
Oui, on pourrait s’amuser et creuser cette idée de chronologie comparative, en abordant les problèmes de forme, aussi bien que les aspects socioculturels et anthropologiques… On pourrait même sortir un fromage qui pue et un bon Graves (un Pessac-Léognan 2001, si possible), faire un Kamoulox ou évoquer la réforme des régimes spéciaux.

Sauf que le moment est venu de parler du mook qui donne du pain bénit à tous les nostalgiques qui ne se reconnaissent pas dans le paysage vidéoludique actuel, et qui refusent de plier sous le poids d’une presse ostensiblement plate et mal inspirée (cette critique ne vaut pas pour Canard PC qui est probablement le seul papier à proposer une ligne éditoriale un tant soit peu originale).
La question qui vous vient immédiatement à l’esprit est donc : « A mook ? What’s a mook ? »
Notez que Johnny Boy, aka Robert de Niro, se posait la même question dans Mean Streets (visez un peu sa touche, et celle d’Harvey Keitel !) :

[SLVideoPlayer file=Mean_Streets.wmv,width = 320,height = 240,shownavigation = false,image=mean_streets.jpg, bufferlength = 5 /]

Bon, dans le film, ça part un peu en couille…
En tout état de cause, aucun rapport avec le mook qui nous occupe ici.

Un mook a plus à voir avec un livre qu’un mag (ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce mot-valise est composé de magazine et de book) . Et quand il s’agit des éditions Pix’n Love, on tape clairement dans le haut du panier : qualité de l’impression, des reliures et du papier, couvertures chiadées (vernis sélectif), charte graphique au service de son sujet, rédacteurs passionnés qui touchent leur bille (séjours réguliers au Japon), exclusivités et articles de fond, toujours documenté mais jamais pédant… c’est le genre de périodique qui a sa place dans votre bibliothèque, entre Aristote et Desproges (NDA : y’a que des chèvres à la lettre p).

Avant de rencontrer Marc Pétronille et Sébastien Mirc, dans le cadre du dernier Festival International des Jeux de Cannes, je restais un peu sur ma faim (Retro game magazine avait contre toute attente accouché d’un quatrième numéro, après deux ans de sevrage, mais ça sentait le sapin…) et j’étais passé complètement à côté de Pix’n Love. D’abord parce que je m’étais fait à cette idée que ce genre de littérature n’avait pas sa place sur un marché aussi confidentiel, ensuite parce qu’il n’est pas facile de se procurer leurs ouvrages (pas de distribution en kiosques).
Une heureuse coïncidence a donc voulu que je rencontrasse Marc et Séb (oui, le subjonctif imparfait rime souvent avec dégueulasse). Ces derniers m’ont présenté leur came avec simplicité, je les ai trouvés raccords et plutôt détendus, voire carrément roots, dans leur façon d’appréhender la chose.
À y regarder de plus près, tous les articles ne se valent pas, et certains choix sont discutables, mais Pix’n Love s’est avancé en terrain miné, avec une audace et une exigence de qualité qui ne souffrent pour le moment aucune concurrence.

Aujourd’hui, le retrogaming a des retentissements bien au-delà du cercle fermé des hardcore gamers puisqu’on le retrouve dans des domaines touchant aux arts graphiques (Invader) ou la musique électro (mouvance Chiptune)…

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », disait Framboisier Lavoisier.

Ironiquement, au vu des productions vidéoludiques les plus récentes, le retrogaming semble promis à un bel avenir.

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