Archives pour la catégorie “Sautes d’humeur”

Aujourd’hui, j’ai renouvelé nos ESTA (Electronic System for Travel Authorization) à la boulette et moi. C’est un truc obligatoire dont on doit s’acquitter pour pouvoir se rendre aux States. Ça consiste en un formulaire à remplir et une taxe de 14$ payable en ligne (ça me fait penser que la première fois qu’on a fait notre demande, en août 2010, c’était encore gratuit).

Certaines questions du formulaire sont assez amusantes, comme la question C :

« Avez-vous autrefois été impliqué(e), ou êtes-vous maintenant impliqué(e), dans des activités d’espionnage ou de sabotage ; de terrorisme ; de génocide ; ou, entre 1933 et 1945, avez-vous participé, de quelque façon que ce soit, à des persécutions perpétrées au nom de l’Allemagne nazie ou de ses alliés ? »

Seriously ?

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Je réalise que j’ai un problème avec les parenthèses. J’en fous partout.

Définition du Trésor de la Langue Française : « Procédé stylistique consistant à insérer dans le corps de la phrase principale un élément grammatical autonome (mot, proposition, phrase…) qui en précise le sens ou introduit une digression. »

Ai-je à ce point du mal à exprimer ce que je pense qu’il me faille recourir à ce procédé comme d’autres se serviraient d’une béquille ?
Est-ce la peur d’être incompris ou bien l’envie d’en dire davantage ? Au risque d’en dire trop…

Je préfère fermer la parenthèse (j’ai assez de problèmes comme ça).

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Ce matin, séisme de magnitude 8,9 au Japon. Réaction immédiate de la Bourse qui enregistre des baisses significatives.

Nous n’avons pour l’heure qu’une idée très approximative des pertes humaines provoquées par cette catastrophe, mais déjà des bulles spéculatives se forment sur la plupart des places financières mondiales.

Je lis à l’instant sur le journal en ligne Les Echos : « Le séisme coûterait de 1 à 2 milliards de dollars aux réassureurs européens ». Et, plus loin : « ce sont surtout les réassureurs qui sont durement touchés ». Sans déconner ?
Pensez-vous que la grosse conne qui a écrit cet article a songé ne serait-ce qu’un instant à la dimension humaine et morale de la chose ?
Elle se contente de faire son travail, après tout.

Oswald Spengler avait raison, ce monde part en couille.



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« La dictature c’est ‘ferme ta gueule’ ; la démocratie c’est ’cause toujours' » Coluche (ou pas, c’est pas clair)

En faisant mes notes de frais, je suis tombé sur la carte d’Al Mounia, un resto de Casablanca. Une bonne adresse pour manger tajines, couscous et autres spécialités culinaires locales dans un cadre agréable (possibilité de se poser dans le patio) ; je recommande le couscous tfaya (agneau, pois chiche, oignons confits et raisins secs). Je précise qu’on y sert du vin (en terre musulmane, cela ne va pas forcément de soi). Vin qui manque souvent d’équilibre (la chaleur excessive du pays n’aide pas) mais qui peut surprendre (S de Siroua et autres crus du domaine Thalvin).
J’ajoute que, de bonnes tables, à Casablanca, je n’en ai pas trouvées tant que ça. D’aucuns ne jurent que par la Sqala ou les restos guindés de la Corniche. Je leur laisse.

Et pour boire un thé à la menthe, je suggère le Ryad 21, boulevard Panoramique, près de la mosquée Taha (pas très loin de mon taf, soit dit en passant). Bien aussi.

Voilà, c’était histoire de partager un ou deux bons plans sachant que, depuis bientôt un an, je passe pas loin de dix jours par mois dans le royaume chérifien. Reste qu’au vu de ce qui se passe en Tunisie et en Égypte, on a l’impression que c’est tout le Maghreb qui est en train de s’ébranler, et la question de la sécurité au Maroc pourrait se poser.
Mes collègues Casaouis me disent que ça ne craint pas, qu’il n’y a pas de problème avec Sa Majesté Mohammed VI, que ce dernier n’est pas l’ennemi du peuple, qu’il a œuvré dans le sens de la démocratie en laissant l’opposition s’exprimer et en initiant un certain nombre de réformes progressistes [EDIT du 15/02 : Peter Pham parle même d’ « exception marocaine » dans Le Matin]. Mais d’autres ne l’entendent pas de cette oreille et dénoncent les effets de manches du roi, l’hypocrysie des classes moyennes… Bref, CQFD.

En parlant de ça, l’autre jour, d’humeur jouasse, je lance à mon pote Hicham :
— C’est quoi ces dictatures en bois à la fin, en Corée du Nord y’en a pas un qui moufte !
— Oh ! s’exclame une vieille dame à la table d’à côté.
— Ne vous offusquez pas, madame, il faut voir les choses en face. D’ailleurs, vous les vieux, vous servez à rien, il faudrait tous vous buter.
Et la vieille de s’indigner de plus belle dans la langue de Mahomet.
— Tu vois Hicham, c’est ça la liberté d’expression !
— Ouais, mais nous on a la polygamie.

Vu sous cet angle, je peux pas lutter.

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Je viens de me rendre compte d’un truc atroce.
Impossible de copier les données de sauvegarde de Mario Kart Wii sur une carte SD, pas plus que sur un quelconque support amovible d’ailleurs.
Sur le moment je me dis suis dit : « Restons calmes, un truc m’aura échappé, Nintendo a forcément sorti un patch ou un correctif à la con. Google est mon ami, ça va se régler en deux clics… » Mais Google n’a fait que confirmer l’atrocité de la chose : les données de sauvegarde des jeux intégrant un mode online ne peuvent être ni copiées ni transférées. Et Nintendo d’expliquer sans s’émouvoir, en réponse à une missive où je leur demandais, entre autres choses, ce qui se passerait si un jour ma console tombait en rade et qu’il fallait l’envoyer au SAV : « The save file from Mario Kart Wii cannot be saved or transferred to an SD Card. This was intentionally done by the game’s development team for a variety of reasons. So if your Wii needed to be sent in for repair, we cannot guarantee that your saved data will be retained. »
« A variety of reasons » ? Ouais, genre. Je vois ça d’ici : « Ah merde, on avait pas prévu ça ! »
Autrement dit, je dois me préparer à l’éventualité de perdre des dizaines d’heures de jeu et toutes les récompenses virtuelles qui vont avec (acquises dans la douleur et les larmes), sans rien trouver à redire, avec la force tranquille d’un nihiliste.
Sauf que perso ça me met les boules. Je sais que Nintendo n’est pas très regardant sur la sécurité de ses consoles et qu’il est possible d’installer, au détour de quelques bidouilles, un programme pour faire tourner des homebrews et faire sauter toutes sortes de protections. Reste que je me situe plutôt dans la sphère des consommateurs responsables, en ce sens que je préfère acheter des titres plutôt que les pirater (et puis, fondamentalement, je suis pas un adepte de la dématérialisation, j’ai un vrai attachement pour les supports physiques), mais voilà le genre d’aberration qui m’inciterait à virer ma cuti.

Dans le même ordre d’idées, ça me fait penser que ma boulette et moi on attend désespérément la sortie en DVD de Dexter saison 4, qui est dans les bacs aux US depuis belle lurette, et qui Dieu sait pour quelle raison tarde à sortir ici. L’éditeur ne s’en explique pas, aucun communiqué, rien.
J’en viendrais presque à comprendre la détresse d’un internaute, pris la main dans le sac par l’HADOPI et expliquant en retour aux mises en garde qu’il a reçues : « C’est la première fois que je télécharge une série, je ne recommencerai plus, je vous le promets, mais s’il vous plaît laissez-moi télécharger le dernier épisode, attendre plus longtemps me serait insupportable. »
Véridique :-)

À ceux qui m’opposeront leur mépris et l’idée que dans la vie il y a des choses plus graves, je répondrai que les sautes d’humeur échappent aux lois de la gravité, et qu’à cet instant je me sens comme le gros dans Charlie et la Chocolaterie : je ne pense qu’à satisfaire ma petite personne.

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« Nescit vox missa reverti » Horace

La Bonne Année, c’est un (bon) film de Claude Lelouch, c’est aussi ce que l’on se souhaite, avec plus ou moins d’enthousiasme, lorsqu’une nouvelle année commence.
L’usage veut que ce soit également un moment opportun pour prendre des résolutions énergiques, qui se résument bien souvent aux promesses qu’on a pas tenues l’année d’avant. Arrêter la drogue, ou arrêter d’être con, par exemple.
Le premier janvier ne serait donc pas un jour comme les autres, en ceci qu’il produirait l’effet d’un « reset » ou, pour pousser le raisonnement, celui d’un « redémarrage en mode sans échec » ; comme si l’on pouvait vraiment faire table rase, et – plus amusant – comme si le fait d’être le premier janvier y aidât.
Ça me rappelle que, lorsque j’étais à l’école, il m’arrivait de prier secrètement dans mon lit, la veille du dernier conseil de classe : « Bon, je sais que mes notes sont un peu justes et que j’ai pris un averto, mais soyez sympas, faites-moi passer, l’année prochaine j’arrête les conneries, je ne sècherai plus les cours et je n’exhiberai plus ma bite en classe, promis… »

Quoi qu’il en soit, étant amateur de listes de courses, j’ai décidé de ne pas me débiner et d’écrire ci-après les différents modes de développement qui auront pour moi valeur de cap en 2011.
C’est une des règles du management : écrire donne du sens à l’engagement.

Sans idée d’ordre :

1. M’occuper de la boulette et, incidemment, réduire le taux de mortalité des Tamagotchis
2. Faire le bien autour de moi (Je me sens investi d’une nouvelle responsabilité depuis qu’un douanier marocain m’a appris que mon nom de famille signifiait littéralement : « Homme qui fait le bien autour de lui ». Homme bienveillant, en quelque sorte. Ça met la pression.)
2. Utiliser un sac à sapin Handicap International Fait
3. Faire une nouvelle adhésion au club d’Othello de Bordeaux (au moins une quoi, merde)
4. Obtenir une deuxième étoile à Mario Kart Wii et passer la barre des 9000 points en réseau
5. Créer et faire éditer un jeu avec Riton
6. Perdre du gras (je mise a minima sur 1 Soccer indoor / semaine)
7. Manger sainement (au moins une fois sur deux) et aller au marché bio plus souvent (quitte à prendre sur le budget friandises)
8. Rester calme
9. Faire, mettre du cœur à l’ouvrage, et ne pas trop espérer
10. Déjouer les probabilités

Si le 10/10 est inaccessible, un petit 5 ou 5,5 fera déjà bien mon affaire.

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« The Social Network […] c’est le portrait fidèle, donc secrètement tragique, d’une époque qui croit avancer en appuyant sur F5. » Julien Abadie, Chronicart.com

L’idée m’est venue de gratter quelque chose sur Facebook après avoir vu The Social Network, de David Fincher.
Le film est très bon d’un point de vue formel, la construction et le rythme sont rigoureusement orchestrés – on en attend généralement pas moins quand un réalisateur de cette trempe est à la baguette. Et l’écriture n’est pas en reste (la plume d’Aaron Sorkin est pour moi une heureuse découverte). Mais, emporté par une agitation qui sied bien au côté « nerd » de la chose, le film ne déborde que trop rarement le cadre de la reconstitution, les questions de fond sont traitées à la marge, lointainement. Et l’on se demande si cette distanciation n’est pas liée à la nature même de Facebook qui n’en finit pas d’imposer une mécanique de relations interpersonnelles à laquelle personne n’est vraiment préparé, et dont on se dit que plus elle grossit, plus elle tourne à vide.

À l’heure où j’écris ces lignes, Facebook est devenu le troisième site le plus visité de la Toile, derrière Google et Microsoft. Il compte un demi-milliard d’utilisateurs. D’après SocialBakers, la France pointe à la cinquième place des plus gros consommateurs, près d’un Français sur trois fréquenterait ce site de réseautage social. C’est juste hallucinant (pathétique ?).

Jean-Noël Lafargue, dont je suis attentivement les travaux, a posté sur son blog un excellent billet (comme souvent) que je me permets de citer largement :

« Tout le monde connaît le principe : le coucou gris pond ses œufs dans le nid d’infortunés passereaux qui se retrouvent à nourrir, contre leurs intérêts, un oiseau rapidement plus gros qu’eux et qui, pour fêter son arrivée, a commencé par projeter les autres œufs hors du nid ou, dans le cas de certaines espèces, par les tuer à l’aide de son bec particulièrement acéré. Ce que l’on sait moins en général, c’est que le parent adoptif du coucou n’est pas dupe de l’imposture, car si l’œuf intrus est au départ une bonne imitation de ses propres œufs, l’oiseau hôte voit rapidement que ce n’est pas sa progéniture qu’il nourrit et, même, qui le terrorise – car les bébés coucous se montrent plutôt brutaux. Mais voilà, c’est irrésistible, il est hypnotisé par le bec ouvert de l’énorme oisillon. La sélection naturelle a favorisé la survie des oiseaux qui, stressés par des piaillements stridents et placés face à un bec béant, ressentent le besoin impérieux d’y envoyer un ver. Le coucou “hacke” cette fonction du passereau, non seulement en imitant le comportement habituel de ses petits, mais en en produisant une version caricaturale, exagérée, monstrueuse, qui agit sur le comportement de l’oiseau hôte. Dans son extraordinaire Gène égoïste, Dawkins compare le phénomène à une drogue, ou à la pornographie, qui peut stimuler sexuellement son spectateur contre toute logique, puisque le consommateur d’une image pornographique sait parfaitement que ce qu’il regarde n’est pas réel. Il explique même que, je cite, “la gorge rouge de la progéniture du coucou est si séduisante qu’il n’est pas rare pour les ornithologues de voir un oiseau laisser tomber de la nourriture dans la bouche d’un bébé coucou qui se trouve dans le nid d’un autre oiseau”.

C’est sans doute un mécanisme similaire qui fait que le nombre d’utilisateurs de FaceBook ne cesse de croître malgré tous les signaux d’avertissements que le public reçoit régulièrement. Une fonction fondamentale de nos cerveaux, fonction qui tourne a priori autour des questions de lien social, nous empêche de nous protéger de l’évidente monstruosité du site créé par Mark Zuckerberg […] et des catastrophes qui découleront presque inévitablement de son pouvoir et de sa capacité, entre autres, à verrouiller le web à son profit. »

Et l’auteur de conclure élégamment son article : « Facebook ? Demain j’arrête, comme on dit avec la cigarette ou l’alcool.
En attendant, je continue de nourrir la bête, et Mark Zuckerberg vient d’être désigné “personnalité de l’année” par Time Magazine. »

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Depuis que j’ai rejoint une cellule de management fonctionnel et que je n’ai plus de lien hiérarchique avec les personnes avec lesquelles on me demande de bosser, je me rends compte que je suis condamné à arrondir les angles, à chercher en permanence le consensus pour faire adhérer à mes projets, à jouer de mon entregent pour faire bouger un tant soit peu les lignes…
Je me mens à moi-même depuis tant d’années qu’on a sans doute vu en moi les qualités idéales pour ce poste.
Et quand j’en ai plein le cul, je me détends en matant cette vidéo sur le management façon Terry Tate :


« Tu sais qu’il faut une page de garde pour les rapports d’activité, Richard ! » 😀

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Aujourd’hui j’ai passé la traditionnelle visite médicale du travail.
Le toubib m’a déclaré apte pour la septième année consécutive.
C’est un examen où je n’échoue jamais.
Je touche du bois.

Juste un bouton sur le pif qu’il faut que je pense à montrer à un dermato.

Et ? Dites-vous.
Et rien, je voulais voir ce que ça faisait de bloguer pour de vrai.
De raconter de la merde quoi.

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Il faut avoir vécu avec un chat pour apprécier les productions Simon’s Cat à leur juste valeur.
Car c’est dans les plus petits détails que le talent de Simon Tofield prend toute sa mesure, dans cette méticuleuse façon de restituer, en les exagérant finalement à peine, les traits de caractère de son chat, qui sont peu ou prou ceux de tous les chats qui savent rester eux-mêmes : ingrat, hypocrite, fourbe, sans-gêne, indifférent, je-m’en-foutiste…

Cela fera bientôt un an et demi que je suis contraint de cohabiter avec le chat de ma boulette, Sam, qui est devenu, par le fait, un peu le mien (Sam, mais aussi Jay-Z, Usher, le zonard, la guigne ou encore le fils de pute, selon le sobriquet du moment, vu qu’il ne répond de toute façon jamais à son nom).
Et si ma préférence continue d’aller aux chiens – pour des raisons qui ne sont pas celles évoquées par Jack Byrnes (Robert De Niro) dans le désopilant Meet the parents, de Jay Roach…

Greg, how come you don’t like cats ?
I don’t not like cats, I… I just prefer dogs. I mean, I’m just more of a dog kind of, you know. Come home, wagging their little tails, happy to see you kind of…
You need that assurance ? You prefer an emotionally shallow animal ?
I…
You see, Greg, when you yell at a dog, his tail will go between his legs and cover his genitals, his ears will go down. A dog is very easy to break, but cats make you work for their affection. They don’t sell out the way dogs do.

… je dois avouer qu’en dépit de ses mauvais côtés, le chat est attachant. Et l’on se préoccupe donc de son bien-être, sans tenir compte de toutes les crasses qu’il peut nous faire.
Car après tout, c’est dans sa nature, au chat, d’être un peu con. Il ne fait quand même pas exprès, si ?


Toutes les vidéos sur le site de l’auteur : http://www.simonscat.com/

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