Archives pour la catégorie “Art”

L’autre jour, en faisant ma balade quotidienne sur le site de Poupart, je tombe sur cette bassesse là.
Au début je me suis dit cool, des astuces sur le dépiautage des œufs. Ce truc ne cadre pas vraiment avec la ligne éditoriale du blog qui est plutôt axée sur le retrogaming et l’art de la biffle, ça m’a un peu surpris mais bon, j’avais aucune raison d’y voir l’œuvre du malin. Par moments Poupart est un peu fleur bleue, tout le monde le sait.
Sauf que j’ai la chance d’avoir un cerveau surdéveloppé, genre j’arrive à faire des liens entre les choses (comme David Caruso dans Les Experts : Miami), et j’ai fini par trouver l’anguille. Ce post, c’est ni plus ni moins qu’un message subliminal, une sorte d’allégorie, rapport à mon pseudo Heg qui dans les esprits mal tournés devient « egg », et ce putain d’œuf c’est moi ! Je vois clair dans leur jeu. Ils cherchent à niquer mes pouvoirs, à extraire ma créativité de sa coquille et à l’exploiter sans vergogne sur ce site…

Et Alex qui en rajoute dans les commentaires… Ils veulent ma peau c’est sûr ! J’ai cru que mon Benito prendrait ma défense avec un post salvateur, mais non. Alors j’annonce : aux soirées poker je vais raser les murs, trop peur de finir démembré dans les chiottes.

Les Bobs envahissent Poupart.org ! Et ils vont foutre la zone !
Vivent les Bobs !

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J’ai découvert sur la page d’un pote othelliste cette vidéo qui m’a bien fait triper. Il s’agit d’un clip musical (This To Shall Pass de OK Go) monté façon machine de Rube Goldberg.
Je la balance en 720p mais vous pouvez la télécharger dans sa version plein format (cf. lien juste en dessous de la vidéo) pour profiter au max de tous les détails (ils sont nombreux), impossible de tout remarquer à la première lecture.

[ télécharger la version 1080p ]
MP4 env. 102Mo

Le nombre de TV fracassées et empilées à 02:43 donne une (fausse) idée du nombre de tentatives avortées 😀
C’est amusant de voir que de jeunes nerds peuvent s’enthousiasmer ailleurs que derrière leur clavier, bricoler des mécanismes à l’ancienne (ici une poulie, là un tréteau…), récupérer des objets ordinaires et sublimer leur fonction de base dans un engrenage de mouvements parfaitement synchronisés.
Gros travail d’équipe pour un délire hyper calé et ultra convaincant.

© James Frost (le réal), OK Go (le groupe) et Syyn Labs (un collectif de créatifs spécialisés dans le développement de projets artistiques).

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« Ma mère est très poilue. Je me souviens qu’elle devait s’épiler tous les deux jours. Alors, je récupérais les poils et j’en faisais des extensions afro pour Barbie… » Charlie Le Mindu

Bon, il faut que je dise un mot de Charlie. Charlie Le Mindu.

Charlie - Photo: (c) Sud-OuestJ’ai rencontré Charlie il y a environ six ou sept ans, il devait avoir seize, dix-sept ans, pas plus.
À l’époque je sortais avec un fille qui créchait du côté de la gare, rue Charles Domercq. C’était un appart bordelais style XVIIIe défraîchi, cheminée (condamnée, œuf course), moulures au plafond et parquet en chêne. Spacieux mais chérot. Aussi était-elle en coloc avec sa sœur et un jeune gay au style improbable débarqué de son Bergerac natal : Charlie.

Ce p’tit gars m’avait tout de suite plu (entendons-nous) de par sa spontanéité, son énergie, sa créativité, on aurait dit qu’il ne s’interdisait rien (ce qui pouvait être un sujet de préoccupation et d’inquiétude, notamment lorsqu’il sortait la nuit et ramenait à l’appart des partenaires sexuels douteux…). Chacune des tenues qu’il arborait constituait un attentat à la pudeur et une rupture, que dis-je, une hérésie, vis-à-vis des tendances mode « bien dans leur temps ». Perso ça me faisait marrer (la mode c’est pas vraiment ma tasse de thé), et j’aimais cet esprit libertaire, vagabond, exalté, loin des pauvres contingences de la vie ordinaire.
Je me disais qu’un jour Charlie devrait faire face à des réalités plus prosaïques et que ça lui coûterait, qu’il devrait au mieux renoncer à une partie de lui-même, au pire y laisser son âme.
Comme je me trompais ! À croire que j’avais projeté sur lui mes propres insuffisances, tout ce qui chez moi demeure à l’état de velléité, d’inspiration molle, mon manque de couilles, autrement dit.

Vint le jour où EDF coupa le chauffage et sonna du même coup le glas de la colocation.
Les filles prendraient chacune leur appart, c’était convenu, et Charlie prendrait le train destination Berlin, sans une thune, avec sur un bout de papier l’adresse approximative de ce qui ressemblait à un squat pour artistes marginaux… On avait pas fini de se faire de la bile.

Les années ont passé, je n’ai plus eu de nouvelles.
Lorsqu’il m’arrivait de me remémorer cette époque, il était pas rare que je me demande en moi-même : « Et Charlie, où peut-il bien être aujourd’hui ? Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé de mal… »
Jusqu’à ce qu’un jour le père Benito m’envoie un texto : « Tu te souviens le coloc de Yahel ? Allume ta TV et mets Canal, tu vas halluciner, je crois que c’est lui, c’est Charlie putain, il coiffe Lady Gaga ! »
Il avait grossi, il avait l’air un peu plus barré (ou était-ce un rôle) mais c’était bien lui, c’était Charlie, présenté comme un avant-gardiste de la haute coiffure ! Il avait un salon à Londres, organisait des défilés, coiffait Lady Gaga… C’était surréaliste !

J’ai découvert son site web http://www.charlielemindu.com/ (qui vaut le détour ne serait-ce que pour la vidéo d’introduction), et ses productions, qui en disent long sur l’inventivité du gamin.

Je ne sais pas ce que ça fait d’avoir été à l’école avec un futur prix Nobel, un astronaute ou qui sais-je encore, en revanche je crois que de toutes les personnes qu’il m’ait été donné de connaître dans ma vie, Charlie est celle qui a eu la trajectoire la plus invraisemblable, la plus explosive, la plus colorée.

Chapeau l’artiste ! Je suis encore sur le cul.

À lire, cet article de Sud-Ouest (auquel j’ai emprunté la photo et la citation en en-tête de ce billet) qui résume le parcours atypique de Charlie.

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« Je me suis forcé à me contredire pour éviter de me conformer à mon propre goût. » Marcel Duchamp

Le Martien sévère par Cizo

Cizo est, à sa manière, un artiste contrarié, comme on dirait d’un mec que c’est un gaucher contrarié.
Je veux dire par là que Cizo s’est lancé (tardivement) dans la bande dessinée avec un handicap assez inattendu : il ne sait pas dessiner (enfin, c’est lui qui le dit). C’est donc par contrainte qu’il a cherché des modes d’expression alternatifs. Ce qui le rend de suite intéressant, sinon sympathique.
Je trouve ça admirable car d’autres à sa place auraient lâchement simplement renoncé. Il paraît que le dessin ça ne s’apprend pas.
Quoi qu’il en soit il est devenu une sorte d’expert en découpage (d’où son pseudo, tiré de « ciseaux », car il a passé beaucoup de temps à photocopier des docs et à les découper) et s’est découvert un vrai talent pour raconter des histoires à partir de pictogrammes et de schémas (publicitaires, industriels, pédagogiques…). On pourrait voir dans ce détournement sémantique d’objets usuels quelque chose qui empreinte au dadaïsme. En tout cas Cizo ne manque pas d’humour ; chacun sa came mais perso je suis client (cf. la planche ci-dessus, réalisée à partir d’un guide Kodak, insolite s’il en est).
Dans un entretien donné au site http://www.du9.org en juin 98, Cizo explique : « Je traduis ma pensée en pictogrammes, alors qu’avant c’était l’inverse, je traduisais les pictogrammes en pensée. Mais, ce n’est pas évident. » Ça paraît rien mais ça fait une putain de différence. La plupart des mecs qui font du montage vidéo, par exemple (et je parle là des gros beaufs dans mon genre qui filment avec un boîtier numérique et assemblent péniblement les séquences sur un PC sous-dimensionné) s’échinent généralement à caler l’image sur le son. Ce faisant ils accordent plus d’importance au son qu’à l’image. C’est une option. Encore faut-il que le son matche avec l’esprit de la vidéo (ou pas d’ailleurs, selon l’effet recherché). Parfois la force évocatrice d’une musique commandera certaines idées de prise de vues (« tiens, chanmé ce morceau, je vois trop le plan qui va avec… »), à l’inverse, la charge émotionnelle de certains plans vidéo donnera instinctivement à l’auteur des orientations sur le choix de la piste son. Mais, au bout du compte, le montage des séquences se fera bien souvent dans le maillage rythmique de la musique.
Alors, vous allez me dire : pas donné à tout le monde de se payer les services d’un compositeur. Pas donné à tout le monde non plus de créer sa propre zic (big up aux réals qui touchent leur bille à tous les niveaux de la prod et qui démoulent des trucs 100% personnels, à chaud je pense à des types comme Mike Figgis ou David Lynch…). Certes, mais pourquoi cette manie, cette tentation conformiste, que nous avons de vouloir faire en sorte que les trucs soient calés, bien propres. La bande son doit être au service du montage, pas l’inverse (sauf dans le cas d’un clip musical, évidemment). De fait nous devrions monter les images sans nous préoccuper du son, dans le souci exclusif de la narration visuelle. Scorsese disait que c’est lorsque le son est coupé que l’on sait si un montage est réussi (Gillard, mon prof d’arts plastiques au lycée, disait que c’est en regardant un dessin à l’envers que l’on sait s’il est harmonieux, mais lui je pense qu’il était pas tout seul dans sa tête), curieusement ça me rappelle un passage de The King of Comedy où le perso joué par Jerry Lewis (Jerry Langford) rentre chez lui et bloque devant un film (son off), ce plan semble anodin, sans rapport avec l’intrigue, et pourtant il en dit long sur la façon dont Scorsese conçoit la narration…

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Bon, je m’éloigne. Passé une certaine heure, j’ai tendance à faire du hors piste.
Cela dit je trouve intéressant le fait que Cizo ait d’abord appris à faire dire des choses aux images, qu’il se soit approprié des codes narratifs originaux, avant de chercher à trouver les images qui correspondraient à ce qu’il avait lui-même envie de raconter.

En filigrane, c’est un faux message d’espoir pour toutes les bites parfaitement incompétentes et dépourvues de talent.
Je vous laisse, faut que j’aille me brosser les dents.

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Bruce Lee par Markus Gustafsson

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Avant de décoller pour la Grosse Pomme, la boulette et moi nous étions au taquet.
D’abord, l’idée même d’aller à NYC ça nous excitait (c’est notre côté canin). Moi parce que ça me ramène immanquablement aux berceuses hip hop de mon adolescence (mon frère jouait en boucle les vinyles de Grandmaster Flash & the Furious Five, Afrika Bambaataa…), au cuir des playgrounds et aux posters de sports US qui tapissaient ma piaule de collégien, au cinéma que j’aime (James Gray, Martin Scorsese, John Cassavetes, Brian De Palma…) et plus généralement à la fascination qu’a toujours exercé sur moi cet intarissable bastion de contre-culture artistique, en gestation permanente. La boulette parce que New York c’est aussi Jay-Z, et Alicia Keys qui remue son boule derrière un piano à Times Square :-)
Ensuite, au vu de l’enveloppe et du temps imparti, on pouvait pas se permettre de débarquer à Newark la fleur au fusil, sans savoir où on allait crécher ni ce qu’on allait faire. On a donc couché sur le papier un certain nombre d’idées, de trucs qu’on aimerait voir ou faire. Pas un planning Excel façon Kim Jong-il avec tableau croisé dynamique et horodatage des pauses pipi, mais plutôt un recueil informel de bons plans, balades, musées, restos… trouvés au hasard de nos recherches (merci Alex !) et organisés par demi-journées, sans idée d’ordre, de sorte qu’on puisse aviser au jour le jour, en fonction du temps, de l’envie et de l’humeur du moment.
Nous avons également booké des places pour deux soirées : un concert de Gorillaz au Madison Square Garden (Plastic Beach Tour), et un petit Jets versus Vikings au New Meadowlands Stadium, dans le New-Jersey. Le genre de trucs auxquels il faut penser à l’avance car si vous comptez sur des places de dernière minute il est très probable qu’on essaie de vous les fourguer trois ou quatre fois au-dessus du tarif de base (déjà exorbitant).
Enfin, nous avons topé un New York City Pass, sorte de carnet de réduction pour famille de beaufs en mode tournée des grands ducs, valable pour différentes attractions (musées, croisières…), l’avantage étant que les ristournes s’élèvent à près de 50% du coût normal des entrées, l’effet pervers étant qu’on a tendance à privilégier les points d’intérêt du carnet au détriment de certains autres, non moins tentants…

Le MoMA (Museum of Modern Art) est le deuxième musée que nous avons visité (après le très majestueux Metropolitan Museum of Art). Son aménagement est agréable, ses collections passionnantes et éclectiques, notamment celle sur l’expressionnisme abstrait (les toiles de Pollock, grandeur nature, c’est autre chose que dans un Taschen !).

Ci-contre la Cisitalia 202 GT de Gian-Battista Farina vue au travers le 7-14mm du Lumix GF1.
Les conditions de lumière n’étaient pas idéales (flashes et trépieds sont formellement interdits dans les musées) et l’ouverture maxi du caillou (F4) me faisait craindre le pire sachant que, de base, le GF1 ne brille pas par sa gestion du bruit en basse luminosité… mais je suis positivement surpris par le résultat en sortie de post traitement. Pas de HDR, contrairement aux apparences, juste quelques ajustements dans Camera Raw, au jugé, et un masque de fusion B&W dans PS pour la touche poivre et sel.
Notez le panneau composé de milliers de vignettes dans le fond à droite, c’est un story board (narrative photography) de Vertigo, à raison d’une image par seconde. Bon là évidemment on voit rien, mais je voulais avoir l’impression de dire un truc intéressant.

La boulette sur le vif au Metropolitan.
D’habitude l’hyperréalisme me laisse froid mais je dois avouer que les portraits de Chuck Close font leur petit effet. En particulier cette peinture acrylique sur toile. Je la verrais bien dans l’entrée, chez nous, plain-pied, zéro recul : « Entre mamie, c’est ouvert ! »

Ambiance Dexter et plafonds décrépis dans le métro.
Soit dit en passant, bien pratique le métro pour bouger uptown ou downtown, en revanche pour traverser l’île d’est en ouest le plus simple c’est souvent d’y aller à patte.

Ah, faut que j’aille chez Animalis acheter de l’herbe à chat… Si j’ai le temps, j’enverrai une autre salve dans la semaine.

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Onemoreprod – Patrick Jean

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Il est admis qu’en moyenne, dans la vie, nous passons  plus de temps au turbin qu’à buller à la maison, et, à moins de bosser dans un cabinet d’experts comptables, il arrive forcément un moment où l’on y cause d’autre chose que du boulot. C’est ainsi qu’on a parfois la surprise de tomber sur des types qui méritent mieux qu’un pain dans la gueule, et quelquefois même sur de vraies bonnes pâtes, de celles qui ne paient pas de mine mais qui ont de la suite dans les idées, et qui ont surtout compris qu’on ne vit pas pour bosser mais qu’on bosse pour vivre.
Je vous ai déjà parlé de mon pote Riton dont les neurones dégagent plus d’énergie que la centrale nucléaire de Braud-et-Saint-Louis ; aujourd’hui l’occasion m’est donnée de vous présenter Mathieu, aka Backstar, qui sent en lui pousser la fibre artistique – même s’il s’en défend – celle-là même qui fait de lui un peu plus qu’un simple geek.
C’est en parcourant son blog que l’idée m’est venue de me livrer à un exercice que je ne pratique habituellement pas : l’interview.

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New York Stories sort en salle à une époque où le film à sketches est passé de mode (ce genre a connu un certain succès dans les années 50 et 60 – en France, Paris vu par… réunit les courts-métrages de six réalisateurs de la nouvelle vague – et semble susciter un nouvel intérêt ces dernières années).

C’est l’été 89, j’ai quinze piges, et comme pas mal de gamins de mon âge, j’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire de ma vie, je me cherche, j’essaie de me la jouer à la cool, surtout devant mes potes, bref je suis un p’tit con dans la moyenne. Mes seuls skills, à l’époque, sont l’EPS (le sport quoi) et le dessin. J’appartiens à la classe des branleurs puisque, pour je ne sais quelle raison post soixante-huitarde, ces matières ont perdu leurs lettres de noblesse et sont désormais l’apanage des cancres, radicaux de gauche et autres doux rêveurs. La vérité c’est que j’aime bien le français, le latin aussi, mais déjà les contraintes de la scolarité m’emmerdent et je ne fais aucun effort pour étudier, persuadé que je ne suis pas comme les autres (manquerait plus que ça) et que mon destin ne se décidera pas sur les bancs de l’école.
En fin de compte, je corrige : j’étais probablement un peu plus con que la moyenne (n’y voyez aucun signe de contrition, j’arrive à garder une assez bonne opinion de moi-même).
Quoi qu’il en soit, c’est l’été 89, et comme chaque été depuis cinq ans je passe la moitié des vacances avec mon padre. Et comme chaque été depuis cinq ans mon padre loue une dépendance dans une villa, plage de la Milady, à Biarritz.
Y’a pire, vous me direz.
Le hic, c’est qu’à l’époque je ne connais pas encore le cancre (c’est l’esprit de camaraderie, mais lui n’a de cancre que le nom) qui me fera comprendre qu’il peut se passer des trucs intéressants à la plage, et qu’on est jamais condamné à compter les grains de sable. Je veux parler de mon pote Lolo, qui me fera découvrir les vertus masochistes du Skimboard deux ans plus tard (en classe de première si je me plante pas).
Or donc (comme disent les philosophes), vu que j’en ai ras la casquette de rôtir comme une vieille duchesse au cul tanné sur le sable chauffé à blanc de la Milady, je chausse mes tongs et traîne régulièrement mes fesses downtown, en quête d’inspiration, voire, avec un peu de chatte (et sans mauvais jeu de mots), d’aventure.
Et ce jour-là, car il fallait bien que ça tombe un jour en particulier, mais je ne vous dirai pas lequel car je ne savais pas encore que ce jour allait compter (vous me suivez), ce jour-là, donc, j’ai rencontré le Cinéma. Pas que je poussais les portes d’une salle obscure pour la première fois (faut pas déconner, j’avais vu Goose crever dans Top Gun*), mais c’est ce jour-là que j’ai compris ce qu’était le Cinéma.
On dit parfois qu’il suffit d’un déclic, un élément déclencheur, une rencontre. Par exemple, j’ai rencontré la littérature lorsque j’ai lu Tropique du Cancer, avant quoi la littérature n’avait eu d’autre effet sur moi que de me barber (les « contraintes de la scolarité », j’y reviens). Et ce n’est que bien plus tard, une fois libéré de toute forme d’obligation, que j’ai redécouvert le (vrai) goût des classiques, Flaubert en tête. De la même façon, je peux dire que j’ai rencontré le Cinéma lorsque j’ai vu New York Stories, et tout particulièrement Life Lessons, le court-métrage de Martin Scorsese.
Miller et Scorsese, chacun dans leur domaine, auront été pour moi des références. Des accélérateurs incroyables. Comme si jusque-là il avait manqué des imputs à mon cerveau.

Je passe sur l’intérêt très relatif des deux autres parties, celle de Woody Allen (Oedipus Wrecks, sympathique mais c’est pas le Allen que j’aime) et celle de Francis Ford Coppola (Life Without Zoe, une croûte) et vous propose un petit extrait** de Life Lessons :

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Life Lessons, qui pour la première fois m’a fait ressentir les liens intimes qui existent entre l’Art et le Cinéma, les ponts qui se forment entre le sujet, la matière, la musique et le mouvement circulaire d’une dolly ou le choix d’un plan en contre-plongée. Et la violence des rapports, destructeurs, contradictoires, et finalement orgasmiques, qui régissent l’acte de création.
Life Lessons, qui pour la première fois m’a donné à voir plus loin que mon propre goût, et à regarder les choses à la lumière de ce que Hegel appelait le « connaisseurisme », afin de mieux m’en repaître.

* Top Gun, vous savez, le film au patriotisme dégoulinant (pour ne pas dire fascisant) qu’on regarde pour ses gros n’avions qui envoient la purée, son match de beach-volley aux allures de Gay Pride (et Maverick qui finit par mettre son gros machin dans Kelly McGillis…).
** Désolé pour le format recadré (à ma connaissance, ce film n’a jamais été édité dans son format 1.85 d’origine…).

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« La meilleure façon de tuer un artiste est sûrement de lui donner tout ce dont il a besoin. » Henry Miller

Heureusement, Riton, aka HEG, n’a jamais besoin de rien.
Quoique ce soit contraire aux lois de la nature, son cerveau est constamment en effervescence.
Et si un jour il avait vraiment que dalle, nada, genre une météorite a désintégré la Terre, y’a plus rien ni personne sauf Riton, m’est avis qu’il trouverait encore le moyen de faire du Giacometti avec son propre caca.

Vous pensez que j’exagère ? À peine. Au fond, vous méprisez les artistes. Les super-pouvoirs de Riton vous insupportent parce que vous êtes des larves, imbues et congestionnées.

Parfois, Riton débarque à mon bureau, fiévreux, un filet de bave le suit comme la traîne d’une mariée, limite en transe, comme s’il n’avait pas dormi depuis quatre jours et que des extra-terrestres menaçaient d’envahir la Terre : « Boss ! boss ! » S’avance-t-il, l’œil hagard, manquant de s’entraver dans une chaise et de renverser quelqu’un.
– Boss ! Il faut que tu me croies, dis que tu me crois, dis-le… Putain t’es où, boss ?
– Euh, je suis là Riton, en face de toi… Riton, ça va ?
– Dis-le putain que tu me crois !  Dis-le ou je te jure que je te fume sale fils de chien ! J’en ai besoiiiin, dis-leeee aaaarrrrgh…
– Riton, Riton, Riton ! (Je vois qu’il tente de se planter un crayon dans l’oeil, je l’en empêche.)
– C’est bon, respire, je te crois, tu m’entends ? Je te crois. Assieds-toi et essaie de te détendre. Reste calme et force.
Et Riton de me raconter en long, en large et surtout en travers ce qui lui est arrivé. Je dis « ce qui lui est arrivé » parce que quand Riton explique régurgite une idée qu’il a eue entre deux crises d’insomnie, vous avez vraiment l’impression qu’un illuminé est entré dans son corps et qu’il s’y sent comme un hamster dans sa roue. Votre première réaction serait de décrocher le téléphone rouge : « Sécurité ! »
À tout prendre, Riton me fait parfois penser à Paul Hackett dans l’excellent et méconnu After Hours, de Martin Scorsese, au moment où il tente d’expliquer à un quidam les trucs improbables qui lui arrivent.

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Sauf que Riton, c’est pas l’invraisemblance des choses qui le panique, c’est la démesure de ses propres idées.
Soit que ces dernières sont trop dispersées : l’une croquée sur un coin de table, l’autre à moitié raturée dans son Moleskine, la plupart en bordel dans sa tête, avec la peur viscérale d’en perdre en route ou de ne plus trouver les connexions nerveuses qui lui permettent de les maintenir entre elles ; soit qu’elles procèdent de l’utopie pure ou cabalistique.
– Riton, le prends pas mal mais tu sais que ce tu veux faire, en admettant que ce soit faisable, ça doit coûter des milliards ?
– Ah merde… (Riton retrouve un niveau de pressurisation humainement supportable, comme si on venait de lui faire une ponction lombaire.)
– Mais c’est cool, je te paie un café.

N’empêche, faut pas croire, HEG, il est pas toujours sous emphét’. La plupart du temps c’est un mec adorable qui donne sans compter, même ce qu’il n’a pas. Ouais mon pote, respect. Avec ça t’as le bon goût de savoir dessiner, et t’es pas non plus manchot avec un appareil photo. Pour preuve, ce shoot de Nanou (c’est la frangine de Riton). Appréciez l’élégance du déséquilibre provoqué par la ligne d’horizon (comme si l’anneau de feu l’entraînait dans son tournoiement) et le contrepoids donné par la verticalité du cadrage. Cerise sur le gâteau, la lune répond comme un écho à la scène de light painting et déchire les nuages à la lisière des arbres (si vous ne faites pas la différence entre les arbres et le ciel, c’est pas les noirs qui sont bouchés, c’est vos écrans qui sont mal calibrés). Une bien belle image.
C’est quand que tu nous fais un book, Riton ?

Pour finir, ça n’aura pas échappé à votre sagacité : j’avais prévu de développer une thèse selon laquelle Joe l’Indien aurait été enlevé par les FARC (oui, j’aime le mélange des genres), mais je me suis ravisé.
Reste le titre, qui semble tout droit sorti des phases finales d’un tournoi de Kamoulox. J’avais rien d’autre en magasin.

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