Archives pour la catégorie “Jeux”

Hop, je copie-colle le mail que j’ai envoyé hier sur la liste de diff des LSOP, après relecture je me dis qu’il est formaté comme un CR d’étape. Et pour une fois que je poste à J+2…

Super soirée, big up à Cyril (bientôt sommelier officiel des LSOP !), l’endroit est juste super agréable avec la terrasse qui va bien, et en plein centre, royal quoi.
Bravo à Alex pour son deuxième titre de la saison (euh Alex je me permets de t’informer que t’as atteint ton quota annuel : en s1 et s2 t’as gagné deux étapes donc là faudrait voir à te calmer :-)), sachant que ce champion bâtard est toujours invaincu en head’s up ! Faut dire que Le Prof est arrivé en finale avec trois francs six sous et qu’il ne pesait pas bien lourd face aux piles de jetons du père Alex…
Le Prof donc, toujours en quête de son premier titre, qui réalise au passage une bonne affaire et se replace dans le top ten (soit dit en passant je pense que Le Prof est le joueur le plus « underrated » des LSOP, clairement).

Cyril finit une nouvelle fois dans le tiercé, il perd sa place de leader mais compte une étape de moins qu’Alex…
En tout état de cause ces deux-là creusent sensiblement l’écart en tête de classement : Mef ! comme on dit à l’armée.

Riton et Vince, respectivement quatre et cinquième, avaient des billes pour aller plus loin dans cette étape avant d’être rattrapés pas leur instinct de brêlitude, ce qui ne les empêche pas de gratter quelques places au classement et ainsi de talonner l’ami Tom qui n’a pas donné sa pleine mesure hier soir. Quant à la mienne de mesure, je continue de la chercher, à croire que ça fait deux ans que j’ai de la chatte…

Mat a bien flambé et il l’a payé cash (un bon vieux bad beat de derrière les fagots), mais pas de quoi être en peine, il s’en est retourné faire des photos de cul. Je le remercie au passage pour avoir assuré l’intérim de Benito en balançant son verre de rouge sur mon tapis 😀

Adrien, mon voisin de table et compagnon de galère, a serré les fesses aussi longtemps qu’il a pu (« Infirmier ! INFIRMIEEEEER !!! Aaarrgh, je suis touché, j’ai la dose putain je vais crever… ‘culés de viets !!! »), il sort neuvième mais marque des points pour la croix du combattant (n’empêche, toujours un plaisir de voir ta bobine Adrien !).
Ça me fait penser que je vais plancher sur un système de récompenses et d’accessits un peu bidons comme on l’avait déjà évoqué, je pense proposer un genre de sondage en fil continu sur la page des LSOP, dont les résultats seraient révélés à la fin de l’année et feraient l’objet d’une cérémonie (pourquoi pas lors du Noël des potes).

Un mot sur Cat qui apporte toujours son sourire ultrabright à la table avant d’aller explorer des mondes parallèles (narco je vous dis, narco).
Ah merde, j’oublie c’te pute de Jul, qui en plus de jouer à crédit se permet de terminer devant moi. Cela dit c’est grâce à elle qu’on a touché du bonus social hier.

Comme d’hab’ une pensée moyennement émue pour ceux qui n’étaient pas là mais auraient voulu en être.
Et merci à Fanfois d’être passé vider quelques bières (à mardi au basket !).

La biz à tous, pensez à changer de slip, demain c’est dimanche.

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C’était il y a presque un mois, troisième étape de la troisième saison des LSOP, la soirée commençait idéalement avec des convives à l’heure et un menu alléchant : jambon d’Espagne, huîtres du bassin, tapas en tous genres… et Lagrave Martillac !
Vince et Marlène arrivaient un peu après les autres et sur le moment nous ne prêtâmes évidemment pas attention à ce retard anecdotique qui aura pourtant son importance dans la suite de la soirée (du moins est-il possible de le penser).

Le pok’ était lancé à 22h, bref la soirée classique… mais parfaite !
Sauf que… Oui, sauf que nous n’avions pas imaginé que cela allait se passer comme ça.

Voici un petit résumé des faits et gestes de chacun pour mieux comprendre le déroulement de la soirée, dans l’ordre inverse du classement final :

La Brick : pour sa première participation à une étape des LSOP, la Brick a joué la partition du parfait bizut : gentil, serviable et… sorti le premier de la table. Bref, tu reviens quand tu veux Bricou !

Olivier : mon guest à moi, avec qui (je vous l’avais pas dit) j’avais participé à un stage de poker sur Paris offert par nos femmes respectives, sur le thème de l’agressivité. Résultat : il sort neuvième mon pov’ yéyé, et il n’aura même pas eu le temps d’utiliser ses compétences en agressivité. Tu reviendras leur montrer mon pote, t’inquiète !

Le Prof : Aurél’ a une fois de plus craqué très rapidement. La question que j’ai envie de poser est : Pourquoi sort-il si vite alors qu’il joue bien et qu’il n’est pas con ?

Jean-Neudes : il n’a pas été de la veine mais a tout de même bien fait marrer tout le monde et a sûrement permis à Benito d’être on ne peut plus joyeux.

Poupy : notre grand maître à tous est-il encore LE grand maître ? Pas sûr pour l’instant, en 2013. Mais ne nous affolons pas, il n’aura pas que des parties comme celle-ci où il ne touche que des merdes. Il reviendra, j’en suis sûr, et saura nous écraser comme de misérables vermines ! Ou pas 😎

Alex les bons plans : pas un grand soir pour moi. J’ai juste remporté mon face à face avec Poupy en terminant juste devant lui. Aucune belle main à part mon full au moment où Tom a sorti le grand jeu et m’a éjecté de la partie. Mais bon, that’s poker !

Benito : lui a été dans un grand soir. Il nous a fait son one man show toute la soirée pour le plus grand bonheur de tous. Et finalement on a l’impression que le poker était vraiment secondaire. Le souci, c’est qu’en finissant quatrième, il n’a même pas été payé pour son spectacle 😥

La boulette : pour sa deuxième participation aux LSOP, la boulette a joué sur les basiques. Un bon 4-4-2, avec une défense solide, un milieu de terrain assez défensif et une attaque sérieuse et prometteuse. Ces deux places d’honneur très intéressantes sont à revoir et à confirmer mais, en tout état de cause, elle s’annonce comme le digne successeur de Karine… que l’on ne voit malheureusement plus (occupée à pouponner !).

Tom : Tom n’a malheureusement pas pu défendre toutes ses chances contre le vainqueur du jour, mais il a tout de même sorti LA main de la soirée, voire même de l’année. Un carré d’as ! Étant short stack, je faisais tapis pour le titiller, mais c’était sans compter que Tom voulait entrer dans l’histoire des LSOP avec un magnifique carré d’as ! Chapeau bas, l’artiste !

Vince :  ce soir du 8 mars 2013, nous avions une tonne de questions à propos de Vince. Pourquoi était-il arrivé en retard ? Avait-il un rendez-vous secret pour préparer la soirée ? Pourquoi a-t-il passé toute la soirée sur un fauteuil de bar bien plus haut que tout le monde ? Était-ce pour dominer tout le monde ? Était-ce pour faire peur ? Est-ce sa nouvelle tactique ?  Pourquoi portait-il une chemise blanche ? Pourquoi était-elle prête à craquer ? Pourquoi Bianca l’a collé toute la soirée ?… Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Nous n’avons hélas pas réussi à trouver les réponses à toutes ces questions. Résultat : il nous a tous allumés comme des malpropres !

Voilà encore une très belle soirée poker à la maison. Merci à tous d’être venus, c’est toujours un immense plaisir de vous recevoir.

Mais surtout un grand grand  merci à nos serveuses du Hooters : Marlène, Poussy & Céline 😉

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Pour la plupart des membres de notre secte communauté, jusqu’à récemment, Xavier c’était encore une abstraction, l’homme mystère des avatars WordPress, le soldat inconnu, le mec dont tout le monde a entendu parler sans jamais le voir… Il ne fallait donc pas rater cette occasion de l’épingler !
Benito a réussi un gros coup en alignant Xavier au casting de cette première étape 2013.
Une étape qui a aussi été marquée par la pendaison de crémaillère de nos hôtes, lesquels ont investi un sympathique et confortable pavillon au cœur de Bruges. Résidence classy, paisible et sécurisée avec douves et miradors, plus de surface, un étage (j’ai laissé trois vertèbres dans le déménagement), un garage, un jardin, rien ne manque à part peut-être un labrador et une piscine en plastique. Ce ne sont donc pas dix ni douze mais vingt-cinq personnes qui se sont retrouvées chez Céline et Benito pour une soirée qui s’annonçait douce et bon enfant. Mais ça c’était avant que les emmerdes ne commencent.

Et les emmerdes c’est comme les produits dopants elles ont tendance à se disperser, au point qu’à la fin on ne sait plus très bien qui en est l’instigateur… Je passe sur les détails mais en gros disons que Cyril a foutu la merde et nous a tous niqués.
Évidemment, si Benito avait opté pour une formule plus safe (mais c’est mon pote donc je cautionne), si Cat nous avait dit qu’elle était narcoleptique, si Xavier avait fait comme d’habitude et envoyé un mot d’excuse… Mais avec des si… Eva Mendes me remettrait un Oscar ce weekend à L.A., j’aurais des loges VIP pour les Jets et la boulette serait à la tête de Vogue Magazine.

Peu importe en définitive, puisqu’on remet le couvert ce soir, même heure même endroit (merki Benito). Les vrais responsables seront confondus (à l’apéro les langues se délient), et châtiés à coups de check-raises dans leur face. Je suis chaud patate.
Ça va chier.

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« Les réformistes prétendent que les progrès de la théorie conduiront à la disparition des Échecs, et qu’il faut, pour leur rendre vie, en remanier les règles. En réalité, qu’exprime cette affirmation ? Le mépris de l’intuition, de l’imagination et de tous les autres éléments qui font des Échecs un art. »
Alexander Alekhine (1892-1946).

Pour ce billet je ne pouvais pas trouver de citation plus à propos, sauf à remplacer dans le texte « les progrès de la théorie » par « les ordinateurs » (car il est aujourd’hui admis que l’ordinateur, qui n’existait pas à l’époque d’Alekhine, est devenu le principal instrument des progrès de la théorie).

En poussant un peu le bouchon, la question pourrait se poser ainsi : comment continuer de trouver du plaisir dans la pratique d’un jeu dont on sait qu’il sera tôt ou tard résolu ?
Par « résolu » comprenez qu’un programme informatique en aura exploré toutes les possibilités, et in fine révélé la ou les suites parfaites, celles où les deux adversaires jouraient invariablement les meilleurs coups. Nous saurons alors qui de Noir ou Blanc est à priori gagnant, à moins évidemment que l’issue ne soit nulle (« Tout ça pour ça ! dit le badaud, quelle déception ! » 😀 ).
Notez que plusieurs jeux ont déjà été résolus : Connect Four (plus connu en français sous le nom de Puissance 4 ; le joueur qui commence a une ligne gagnante contre toute défense dès l’instant qu’il joue son premier coup dans la colonne du milieu, c’est une affaire de parité) ; Quarto (si Noir et Blanc jouent parfaitement, la partie sera forcément nulle) ou encore, plus récemment, les Dames anglaises, dont l’espace de recherche est à ce jour le plus vaste à avoir jamais été résolu1 (partie nulle)…

Eh bien, d’une certaine façon (mais d’une certaine façon seulement, et cela fait sans doute toute la différence), c’est ce qui menace d’arriver un jour aux Échecs, comme aux autres jeux de réflexion qui entrent dans le moule des jeux déterminés à information complète et parfaite et qui résistent encore à l’analyse informatique (Othello, les Dames, le Go…).

Faut-il s’en inquiéter ? Pas vraiment.
Nous avons même plusieurs raisons de nous rassurer :

1. Le commun des mortels ne se sent pas concerné.
Tout ce qui intéresse le joueur occasionnel, c’est de se divertir et non de se prendre la tête avec ces histoires de suites aussi parfaites qu’imbitables.
Lorsque Jackie fait sa grille de Sudoku assise sur le trône, elle se fout de savoir que la solution se trouve en dernière page, elle fait marcher ses deux neurones ; d’une ça la détend, de deux ça l’aide à démouler.

2. D’autres cataclysmes ont le temps de nous tomber sur la tête (à commencer par le 21 décembre 2012).
En effet, selon les spécialistes, il faudra de longues années avant qu’un jeu comme les Échecs soit résolu, il est même peu probable que cela arrive de notre vivant (voire celui de nos enfants ; bon là je m’avance un peu). Et plus l’espace de recherche d’un jeu est important (i.e. sa complexité exprimée en nombre de positions possibles), plus cela prendra de temps.
Prenez le Go : il existe 361 possibilités pour poser la première pierre, 360 pour la deuxième, etc. Le nombre total de positions possibles est ainsi de l’ordre de 10170 ! Monstrueux2. À titre de comparaison, il est d’environ 1050 pour les Échecs et de « seulement » 1028 pour Othello (un jeu de tapettes quoi).

3. L’homme et l’ordinateur ne jouent pas dans la même catégorie.
On pourrait imaginer que s’ils disposaient de l’arbre de jeu complet, les joueurs de compétition ne se prépareraient pas de la même manière, ils ne chercheraient plus à introduire des nouveautés stratégiques mais davantage à mémoriser les suites parfaites (ce qu’au demeurant ils font déjà, dans les limites de la théorie actuelle). Ce serait en quelque sorte la fin du jeu tel que nous le connaissons. Ça fout les boules. Sauf que c’est tout bonnement impossible. Car cela supposerait que pour chaque coup déviant (i.e. chaque coup imparfait) le joueur connaisse aussi la réfutation qui s’applique jusqu’au bout de l’arbre, et ce pour tous les coups ! La vache.
Inutile de vous dire que c’est totalement hors de portée, cela nécessiterait une capacité de mémorisation surnaturelle (à tout le moins dans un environnement sans OGM :-D), une force qui est et restera l’apanage des ordinateurs.
La résolution du jeu d’Échecs nous renseignerait donc tout au plus sur l’issue théorique d’une partie, mais la connaissance d’une ligne parfaite serait comme un grain de sable sur la plage… Bref, cela aurait un effet démystifiant et légèrement réducteur3, mais cela n’ôterait pas au jeu son intérêt à l’échelle de nos p’tits cerveaux reptiliens ; cela focaliserait l’étude autour de certaines variantes (et encore, d’aucuns pourraient a contrario être tentés de s’en éloigner le plus possible pour éviter une forme de standardisation du jeu), mais personne ne saurait en tirer un avantage définitif, à moins de se faire greffer un microprocesseur sur le lobe frontal. En fin de compte, cela ne changerait pas radicalement la donne.

Le vrai changement, celui que les « réformistes » craignaient, il est venu lorsque les ordinateurs ont commencé à battre les meilleurs joueurs humains.
À l’époque d’Alekhine, on était loin de se douter que les ordinateurs permettraient un jour d’étudier les Échecs, qu’ils seraient en quelque sorte les nouveaux dépositaires de la théorie, et encore moins qu’ils en viendraient à bout. Mais certains dénonçaient déjà le processus de théorisation du jeu qui selon eux conduirait inévitablement à cette forme de normalisation des parties, notamment dans le choix des ouvertures (une fois qu’il est acquis que certaines ouvertures sont meilleures que d’autres), privant le jeu d’une part de créativité et empêchant le talent pur de s’exprimer librement. Et c’est précisément ce processus que les ordinateurs ont accéléré au point que, aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile, pour ne pas dire suicidaire, de jouer en dehors des ornières creusées par la théorie.

La défaite la plus retentissante concernant la passation de pouvoir entre l’homme et la machine a été le match revanche entre Kasparov et Deep Blue, le superordinateur d’IBM, en mai 97 à New York.
Elle a suscité chez Kasparov une rare incrédulité. D’abord parce qu’il avait jusque-là toujours été intimement convaincu que les ordinateurs jouaient comme des bites étaient « stupides » (ce qui se défend, vu qu’un des principaux algorithmes des machines consiste à évaluer tous les coups, même les plus pourris, mais notre ami Kasparov avait manifestement négligé l’extradordinaire puissance de calcul de la bête, capable d’analyser jusqu’à 200 millions de coups à la seconde ! À ce compte on peut se permettre d’analyser aussi les mauvais coups :-D), ensuite parce qu’il ne pouvait pas encaisser de se faire dérouiller par une merde en ferraille remplie de condensateurs et de circuits imprimés, fût-elle créée par l’esprit humain.
D’ailleurs, lors de la fatidique deuxième partie, Kasparov a accusé IBM d’avoir triché en faisant appel aux conseils d’un grand maître (au hasard, Karpov). Un des coups de Deep Blue semblait en effet inconcevable pour une machine dont la faiblesse devait être le penchant matérialiste et la difficulté à jouer dans des positions fermées. Aussi, quand Deep Blue a refusé l’avantage de pions que lui offrait Kasparov, lui préférant un coup positionnel, Kasparov a cru voir la main du diable, et le fait que Deep Blue ait longtemps « réfléchi » à ce coup achevait de l’en persuader : on était en train de lui faire à l’envers ! 😀
Le plus étonnant dans l’histoire, c’est que Kasparov a abandonné alors qu’il pouvait encore faire nulle (en jouant une séquence qui menait à un échec perpétuel). Plus tard, il commentera : « The truth is that I was very tired and couldn’t believe the way the machine had just played. I trusted its calculations. I assumed that if the machine allowed a move such as Qe3 at the end, it had calculated everything that could follow and found wins, so I didn’t even bother checking it. Costly error, as I soon found out. »
Cette défaite a littéralement torpillé Kasparov. Jusqu’à la fin du match (qui se déroulait au meilleur de six parties), il ne sera plus que l’ombre de lui-même, incapable de se faire à l’idée que Deep Blue ait pu le battre à la régulière. Comment se pouvait-il que Deep Blue joue avec une telle profondeur d’analyse, et que dans le même temps il n’ait pas été en mesure d’anticiper un simple échec perpétuel ? Pourquoi avait-il mis si longtemps avant de jouer 37.Be4 ? Pourquoi refusait-on au staff de Kasparov d’accéder aux fichiers logs de la machine ? Autant de questions qui alimentaient la parano du Russe.
Dans la dernière partie, il jouera une ouverture réputée perdante, comme s’il avait voulu battre la machine sur un terrain qui lui est complètement étranger : la psychologie. Erreur fatale.

Hop, extrait du documentaire de Vikram Jayanti : Game Over : Kasparov and the Machine.

Et la partie en question, sinon c’est pas drôle :

Bon, je suis un peu à la dérive. L’idée, au départ, c’était de dire que les ordinateurs dominent largement les meilleurs joueurs mondiaux4, que c’est sur leurs analyses que s’appuient désormais toutes les stratégies, et qu’en dehors de ces stratégies point de salut. Ce qui a tendance à rendre le jeu prévisible et chiant. Les ouvertures n’étant bien souvent qu’une succession de coups récités par cœur jusqu’à ce qu’un des deux joueurs décide de sortir de la sacro-sainte bibliothèque d’ouvertures5, au mieux parce qu’il a préparé une combinaison maison au bénéfice de laquelle il pense pouvoir piéger son adversaire, au pire parce qu’il ne se souvient plus de la suite théorique 😀

Quand le jeu devient à ce point formaté, on est en droit de se demander quelle part de plaisir et de créativité il nous reste.
Voilà, en susbstance, ce que dénonçaient les réformistes. Et, n’en déplaise à ce cher Alekhine, ils n’avaient pas complètement tort.

J’avais précédemment expliqué (ici) qu’une façon de sortir des sentiers battus consistait à pratiquer le jeu rapide. Mais ce n’est pas la seule option.
Dans les années 90, le GM Bobby Fischer a imaginé une façon beaucoup plus radicale de « redistribuer les cartes » : il a inventé (ou remis au goût du jour, c’est selon) les Échecs aléatoires (en anglais Fischer Random Chess, ou encore Chess 960 où 960 représente le nombre total de positions de départ différentes liées au système de jeu qu’il propose). Concrètement, il s’agit d’une variante des Échecs dans laquelle la position de départ des pièces de la première rangée est tirée au sort ! (Avec quand même deux ou trois règles conditionnelles comme le fait que le Roi doit obligatoirement être entre les Tours, les Fous sur des cases de couleurs opposées…) Ceci afin de changer la physionomie des parties (les nouvelles positions de départ impliquant de revoir les plans de jeu habituels), et de remmettre au centre des préoccupations la maîtrise des concepts fondamentaux du jeu.
Inutile de préciser qu’il serait tout à fait vain de vouloir mémoriser les ouvertures théoriques à partir de 960 positions de départ différentes !
Pour prendre un exemple que je connais mieux : si demain la position de départ du jeu d’Othello changeait, cela mettrait à mal l’ensemble des théories existantes sur les débuts de partie, en revanche les principes fondamentaux que sont l’occupation du centre de la position, la mobilité, la frontière, la notion de parité etc., tous ces principes continueraient de s’appliquer, et la créativité des joueurs retrouverait une première jeunesse, celle d’il y a quarante ans, lorsqu’il y avait encore tout à faire, tant de choses à découvrir, tant de pistes à défricher…

Le hic, c’est qu’on ne peut pas appliquer directement le système de Fischer à Othello, car le nombre de départs différents serait de… deux ! Soit la position classique, où les pions noirs et blancs sont disposés en chiasme, soit la position historique du Reversi, où les pions sont parallèles.
De fait, des joueurs ont imaginé que la partie pourrait démarrer après que quelques coups aient été préalablement joués de façon artificielle, en faisant en sorte que la configuration des pions ainsi formée assure une égalité quasi parfaite entre les joueurs.
Borja Moreno et Matthias Berg ont utilisé des programmes d’Othello (Edax et Ntest) pour créer une liste d’ouvertures aléatoires « à 8 coups » considérées comme étant équilibrées (i.e. dont l’évaluation est entre +1 et -1).
Borja a implenté cette liste sur son serveur de jeu en ligne qui offre donc la possibilité de s’essayer au jeu sur ouverture aléatoire (random opening).
Matthias quant à lui a développé une application java (XOT) qui permet de générer des ouvertures aléatoires à la demande, ce qui est particulièrement pratique pour affronter un ami ou organiser un tournoi ITRW.
Voici quelques exemples de positions ainsi créées (la partie commence réellement au neuvième coup, Noir conserve donc le trait) :

Naturellement ce système n’est pas parfait mais il permet de renouveler astucieusement l’intérêt des parties en obligeant notamment les joueurs à réfléchir dès le premier coup (ce qui n’est jamais le cas dans une partie classique entre joueurs expérimentés) et en proposant des modèles de partie aussi inhabituels qu’amusants.
Fischer disait à propos des Échecs 960 qu’il ne s’agissait pas de « tuer les Échecs », mais bien au contraire de leur redonner l’apparence du bac à sable dans lequel le talent et la créativité des joueurs peuvent s’exprimer à plein, laissant aux vestiaires les lignes apprises par cœur et autres formes de parties préarrangées.
Et Levon Aronian d’ajouter : « Chess 960 is healthy and good for your chess. If you get into it and not just move the pieces to achieve known positions it really improves your chess vision. »

1 Il aura fallu plus de 18 ans et jusqu’à 200 ordinateurs travaillant simultanément pour que Jonathan Schaeffer et son équipe viennent à bout des Dames anglaises (plateau 8×8) : http://webdocs.cs.ualberta.ca/~chinook/
2 Un espace de recherche tellement vaste que la force de calcul brute n’y suffit pas (il y a quelques années, les meilleurs programmes de Go jouaient encore comme des brêles), certains spécialistes se sont ainsi penchés sur de nouvelles heuristiques basées sur ce qu’on appelle des simulations Monte-Carlo, sortes de techniques probabilistes qui permettent d’élaguer très largement l’arbre de jeu à analyser. Cet article paru dans Pour La Science (n°354, avril 2007) en parle beaucoup mieux que moi et se lit comme du petit lait. Et pour ceux qui aiment se prendre le bulbe, voir aussi les travaux de Rémi Coulom sur le sujet : http://remi.coulom.free.fr/ (en anglais).
3 Le truc un peu chiant ou paradoxal ou les deux, c’est de se dire qu’on connaît la meilleure façon de jouer, la stratégie dominante, celle qui est au-dessus de toutes les autres, mais que pour continuer de s’amuser il faille nécessairement en jouer une moins bonne…
4 C’est au moins vrai pour Othello (j’ai en mémoire la cinglante défaite de Takeshi Murakami face à Logistello), les Dames (et ce en dépit de la récente victoire d’Alexander Schwarzman face à Maximus) ou les Échecs… en revanche c’est loin d’être le cas pour le Go, même si les progrès accomplis en termes de programmation ces dernières années sont impressionnants.

5 Les ouvertures sont au jeu ce que les voies d’insertion sont à l’autoroute, il y en a des longues, des sinueuses, d’autres qui se terminent vite, mais dans tous les cas le but est le même : s’insérer le plus sûrement possible. À défaut le voyage risque de tourner court.

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LSOP, saison 2, clap de fin.

Jean-Neudes remporte sa première étape, The Brain sa deuxième bague, on s’est tous pété la panse, on s’est fait des bisous avec la langue et tout… mais attendez… j’ai préparé un discours (je le sors de ma poche) :

Les LSOP, c’est comme une série à laquelle on s’attache, dont les personnages nous sont de plus en plus familiers et dont il nous tarde à chaque fois le prochain épisode même si on connaît d’avance la fin… (Quelqu’un dans l’assistance : « Ah bon ? » Moi : « Bah ouais car en fait on va tous crever ! »)
Pendant un mois, chacun vaque à ses occupations, la vie nous accapare et nous réserve diverses fortunes ; et puis le temps s’arrête, l’espace d’une soirée entre potes (même si l’heure continue de tourner pour les mamans et les papas qui se lèvent tôt) ; tout n’est plus que réconfort, amitié, catharsis…
Et merde, j’ai envie d’envoyer du lourd, laissez-moi le dire à la manière de Brad 😀
Oh et puis on s’en tamponne du CR !

De toute façon c’est bientôt la fin du monde. Ce soir je vais aux putes.

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Comme quelques photos valent mieux qu’un CR qui sent le réchauffé…
La plupart sont signées Alex (celles qui sont taguées quoi), c’est aussi pour ça qu’il est pas dessus 😕 donc merci à lui.

[ télécharger les photos ]
Fichier zip 2,3 Mo

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Rien à voir avec l’étape de la Coloc’, mais c’était trop tentant 😀

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[ télécharger la vidéo ]
WMV env. 55Mo

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Merci à Poupy de me passer la main pour ce compte rendu, et ainsi relever un peu le faible niveau de son blog.
Pardon par avance à ceux qui le voulaient court.*

Une fois de plus, un échantillon de loosers s’est réuni pour une étape des LSOP. Une fois de plus (et même cette fois plus particulièrement), ils ont fait honneur à leur médiocre rang. Au passage, je les remercie chaudement pour avoir répondu présent à l’invitation.
Juliette, Céline et Alex, Aurél, Poupy et moi étions donc de la partie. Si cette édition s’est avérée être l’une des moins peuplées (et étant donné la taille de la baraque investie pour passer la nuit, il se serait forcément passé des trucs sales si nous avions été une douzaine), elle a aussi été l’une des plus extrêmes pour certains.

Au départ pourtant, tout était calé pour que cette étape se déroule au poil, le cul dans la graisse.
À peine posés le samedi midi dans la mini villa d’été de ma Bonne Maman (comprenez grand-mère) au cœur du Cap Ferret entre bassin et océan, on commence par aller s’engloutir un bon gros dwich chez Nounours, la plaque tournante des estomacs affamés qui aiment le style surf de l’adresse. Le temps est royal, la température aussi, on enchaîne avec la plage de la pointe.

L’eau est lisse comme l’huile, plutôt bien fraîche mais ça ne décourage personne et tout le monde finit par s’y coller (même Aurél, pourtant venu sans maillot). Bon ok, Juliette y va un peu à l’insu de son plein gré, mais seul le résultat compte après tout. On retourne squatter nos serviettes, bien décidés à profiter du soleil qui est au rendez-vous.
Puis très vite le lézardage devient sportif. De petites fourmis volantes complètement défoncées au crack nous attaquent et nous piquent à la volée, sans sommation. Elles sont clairement en surnombre, et visiblement extrêmement résistantes, Poupy peut témoigner : après avoir été capturée puis coupée en trois, la bestiole continue de chercher à piquer, sans jamais se détourner de son but. Un coup des chinois. Ou de Bartherotte.
Après un 50m nage libre avec le courant remporté par Aurél (c’est le caleçon, j’en suis certain), puis avoir tout essayé sur les insectes agresseurs (enfumage à la cigarette, poignée de sable dans les yeux, hypnose et autres systèmes d’auto-défense), on finit par abdiquer pour aller panser nos piqûres autour d’un bon apéro.

C’était sans compter la loose infaillible dont nous faisons preuve avec la plus grande application : une merde plutôt maousse costaud s’invite sous la semelle d’Alex au moment de monter en voiture. Fatal.
On pensait avoir fait le plus dur en rejoignant la cabane pour la fin de la journée, mais cette fois c’est de l’intérieur que la loose frappe : Céline est malade (vomit ses tripes en fait) et passe en mode survival la fin de l’après midi, mais s’en remet finalement et revient en meilleure forme pour le dîner (big up à elle pour sa résistance). On reste vigilants durant le repas, des fois qu’un hibou de trois mètres aurait décidé de venir tous nous bouffer. Vu notre aprem, on ne peut être sûr de rien.
Mais c’est le barbecue qu’il fallait surveiller en fait. Bilan : un kilo et demi de ribs flambées. On a frôlé la taxe carbone.
Le reste du dîner est plus safe (merci à Jul et Poupy pour la jolie poêlée) même si on regrettera le dessert maison que Céline avait gentiment préparé/oublié dans sa cuisine. Des regrets partagés par les foies des deux matous, restés à la maison avec le dessert pour le weekend.

Passons à la partie. Le magnum et les herbes de Provence s’étant invités eux aussi à la table de pok, disons que pêle-mêle, dans le désordre et bien touillé, cela doit donner à peu près un truc comme ça :
La partie débute par un duel direct Alex/Céline à tapis. Alex recave.
La coalition anti Vendé mise en place porte déjà ses fruits sans que nous n’ayons rien eu à faire, quelle veine. Il faut enfoncer le clou, et Jul rebuy dans la foulée, victime de dommages collatéraux. Céline reste tout de même bien en place, pas sa moitié.
Chose curieuse, je m’installe petit à petit devant, version dictateur, et ne laisse que des miettes.
Je crois qu’ensuite Jul rebuy de nouveau, puis Poupy et Aurél coup sur coup.
Alex, en deçà de sa valeur ce soir, est sorti par Jul.
À un moment je m’aperçois que je n’ai plus tellement de tapis. Deux heures de rebuy auront eu raison de moi et je finis par rentrer dans le rang, puis suis sorti par Jul. Les jetons ont changé de main et sont devant Poupy et Jul désormais.
Aurél, qui est resté un bon moment en mode survie, revient du diable vauvert. Pendant ce temps, une Jul « on fire » sort Céline.
Puis elle finit par craquer pour laisser le head’s up à Aurél et Poupy que l’on devine à peine derrière ses jetons.
Le temps de jouer une main, la messe est dite.

En résumé du résumé, les Vendé pas au mieux, même si Céline figure plutôt super bien étant donné son état de forme peu de temps avant, moi qui m’applique mais ne tiens pas la distance, Juliette carrément sans pitié qui sort la moitié de la table et qui passe tout près du head’s up, Aurél qui repousse les limites de présence à la table avec le moins de jetons possible (couillu le bonhomme), Poupy qui ne fait pas du Poupy et qui slowplay mais qui gagne toujours à la fin. Bref presque tout le monde a eu son moment de grâce, ce qui a donné une partie à rebondissements. Sauf pour le head’s up. Poupy n’a même pas laissé le temps du rebond.

En arrière plan du jeu, on a eu droit à des trucs assez curieux : des initiations réciproques de mots nouveaux et autres langages inconnus (Alex, Juliette et Poupy notamment), un hôte encore plus fumé que ses invités, qui est encore plus à l’ouest que d’habitude, qui oublie systématiquement qu’il est deal, et qui refuse de distribuer avant de quitter la table, affichant même le verso intime de son anatomie à l’assemblée**, histoire de montrer qu’il n’est pas rancunier.

Accélérons pour résumer le dimanche, en faisant comme le vent plein sud qui a soufflé sur cette journée : une balade matinale très agréable avec Céline et Alex pour aller toper les chocolatines ; leur jolie trouvaille pour l’apéro avec le rosé pamplemousse ; une bonne orgie de fruits de mer pour le déjeuner composée d’huîtres, de moules cuisinées « à la bonne maman », de crevettes bouquets, de grillades (merci Alex et Aurél) et d’une belle salade de fruits préparée par Poupy ; un nouveau challenge de Céline (qui, vous l’aurez remarqué comme moi, ne se refuse décidément rien***) avec une violente réaction dermique, l’auteur des symptômes étant resté mystérieux ; une partie de Qwirkle pendant que Juliette sieste deux bonnes heures, elle qui s’était levée un peu plus tôt pour l’apéro (ça fatigue tant que ça, de sortir ses adversaires au pok ?) et nous pouvons refermer la page de ce weekend succulent, rempli de bonne bouffe, de bonnes bouteilles, de petites souffrances et de grands rires, partagé dans un coin qui m’est cher, avec des amis qui le sont tout autant.

Tom

* Penser un jour à réutiliser cette phrase. Au féminin.
** Mes excuses aux joueurs pour ce moment d’égarement, je sais pas, la pression, le vin, la fumette, la lune, tout ça…
*** J’espère qu’elle reviendra quand même.

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« Well-behaved women rarely create history. »
Laurel Thatcher Ulrich

Céline a été vilaine. Très vilaine.
D’aucuns diront qu’elle n’y est pour rien, qu’il y a toujours une part de chatte au poker, que ça fait partie du jeu et qu’il faut l’accepter. Ouais mais non. Nous autres ça nous aide pas, le hasard c’est un concept qui nous échappe, il nous faut du concret, un coupable, quelqu’un sur qui taper…

Tout avait pourtant bien commencé.
De mémoire, c’est Alex qui avait émis l’idée de faire une étape le weekend du 1er septembre. On était déjà le 27 août, ça ne laissait pas beaucoup de temps pour s’organiser mais c’était jouable.
Dans un souci de simplicité, je proposai de bouffer tous ensemble quelque part en ville et de se retrouver ensuite chez quelqu’un pour jouer, ça changerait de la formule habituelle (laquelle veut qu’un gus se porte volontaire pour qu’on lui vide son frigo, dépouille son appart et ruine ses rapports de bon voisinage), et surtout ce serait moins de bordel à gérer pour l’hôte de la soirée.
Sur ces entrefaites, Riton nous fait savoir que François est chaud pour faire ça chez lui. Il précise que François ne sera pas là. [Euh quoi ?!] Il nous explique que François doit tracer en Bretagne pour récupérer sa marmaille mais qu’il nous met son appart à dispo. Le cœur sur la main, François. Sans déconner.

C’est donc à Saint-Miche qu’on jouerait, restait à trouver un endroit à proximité pas trop dégueulasse pour bouffer.
Riton en ferait son affaire. Je sais pas pour les autres, mais perso quand Riton prend le lead sur un truc je suis jamais tranquille. C’est un peu comme lorsqu’il joue au poker, avec lui on sait jamais ce qui va sortir du chapeau… Je dois pourtant avouer que si le restau dans lequel on a atterri avait des airs de cantoche sociale (du genre qui prend pas la carte de crédit), l’ambiance était plutôt rock et la bouffe correcte rapport aux tarifs pratiqués. Bref, plutôt sympa cette Tanière qui propose une cuisine aux accents basques et réserve à ses clients un accueil des plus chaleureux.
A fortiori, sympa aussi cette formule de soirée en deux temps puisque Claire, Roxane et la boulette ont fait le déplacement au restau sachant qu’elles ne joueraient pas au poker. Soit dit en passant, je pense que j’ai un méchant ticket avec Roxane  😉

Cyril nous a fait la surprise de se joindre à nous dans le courant de la soirée, il serait donc de la partie, et Tony Jazz avait prévu de se rendre directement chez François. Tony Jazz, un putain de guest ? Ouais, mais pas un guest comme les autres. Tony, c’est un artiste. Producteur, compositeur, multi-instrumentaliste, cofondateur de la On Air Agency, une boîte de design sonore qui colle du lourd. Le genre de guest qui inspire le respect.
Tony s’est notamment fait connaître en démoulant un clip sur la campagne d’Obama lors des présidentielles de 2008 :

Après, artiste ou pas, du moment que y’a moyen de lui taper cinq euros…  😀

Bon, l’heure est venue de débriefer.
En lice pour cette huitième étape de la saison : Alex et Céline les bons plans foireux, Cyril, Le Prof, Mat, Riton, Tony et votre serviteur (Poupart).
J’ai pas la force de vous raconter l’étape par le menu (je comptais un peu sur François en fait 😀 ), une partie de pok c’est comme un film de boules, t’en as vu une… Au reste, il me semble que le tiercé s’est joué sur un coup, un coup terrible, un coup shakespearien qui a vu quatre joueurs aller à tapis pré-flop !

Voici donc une infographie de ce qu’il convient d’appeler le coup de la mort :

Probabilités du plus gros traquenard de la saison

Tâchons de reprendre le déroulement de cette main et d’analyser à froid ce qui se passe, en nous appuyant sur les probabilités* de gain.

Pré-flop : Céline est logiquement devant avec American Airlines, suivi par Riton et sa paire de 10. Là, il faut comprendre que Cyril (paire de Dames) est derrière Riton parce que Mat a une Dame en main, ce qui minimise ses chances de toucher un brelan alors que celles de Riton restent entières. Enfin, ça sent déjà le sapin pour Mat qui a pourtant une jolie main (QK couleur) mais qui était premier de parole. C’est sale.

Flop : Avec autant de têtes, on était en droit d’attendre un flop de merde : JK10, bim ! Riton touche son brelan, il prend une méchante option sur le pot.
Vous observerez que la somme des pourcentages n’est pas égale à 100, c’est dû au fait qu’il y a des possibilités de split. Dans cette configuration, Mat et Cyril ont à peu près 20% de chance de se partager le pot. En effet, si un As ou un 9 venaient à tomber au turn et qu’une merde sortait à la river (ou inversement), ils toucheraient tous les deux la suite (grâce à leur Dame).

Turn : Le brelan de Riton se transforme en full, c’est tout bénéf pour lui, il a plus de huit chances sur dix de gagner le coup. Mais c’est aussi le Roi de l’espoir pour Mat : une Dame (pour un full supérieur à celui de Riton) ou un Roi (pour le carré) ferait bien son affaire. C’est en revanche perdu pour Cyril, et seul un As pourrait sauver Céline…

River : Ouch ! Atroce.

Moralité : C’est dur à encaisser pour Riton. D’un autre côté, il faut bien admettre que Céline a la meilleure main pré-flop, au moment où les décisions se prennent, après quoi ce sont les cartes qui décident. Tout n’est peut-être pas si pourri au royaume des LSOP…
Ce coup était de toute façon hors normes, rendez-vous compte : 13 cartes sur la table (soit 25% du paquet de 52) et pas une seule en dessous de 10 !
Un peu plus tard, Céline me sortira à la régulière, dans un coup difficile à lire, preuve que sa performance ce soir-là ne devait rien au hasard et qu’elle mérite les félicitations du jury.

Notons qu’à la fin de l’histoire c’est Alex qui gagne, c’est même la quatrième fois qu’il remporte une étape des LSOP (pas peu fier, ce saucisson m’a fait remarquer qu’il était invaincu en head’s up !), mais c’est surtout à sa p’tite femme que nous pensons. Au mal qu’elle nous a fait. Au temps qu’il nous faudra pour nous relever. Au panier de crabes qui nous attend chez Tom.

*Les probas sont tirées de http://www.pokerlistings.com/online-poker-odds-calculator

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