Chenon, ça vous parle ?
Une bourgade du canton de Mansle (le 9-3 charentais) : 2% de couverture GSM, 150 habitants (bien cachés) au plus fort de la saison. Un coin terreux et reculé que Le Professeur nous a gentiment proposé d’investir pour terminer la saison en beauté.
Douze joueurs ont accepté de braver cette extrême ruralité et de s’accorder une parenthèse récréative, le temps d’un weekend, au milieu de nulle part (zoom arrière sur Denis Brogniart au-dessus d’un champ de betteraves).
La Chaumière s’est révélée plus cosy et fonctionnelle que Le Prof ne nous l’avait vendue (ce coquin), et comme nous avions suffisamment de provisions pour faire vivre une communauté de millénaristes dans un abri antiatomique pendant un an, le risque était finalement nul de mourir de froid ou d’une tripe vide.

Côté entertainement, les jeux Ferti étaient à l’honneur avec les modèles XL de Passe-Trappe (merki Benito) et Tumblin-Dice ; et Riton avait chargé des jeux sympas sur son iPad 2 de la mort qui a en outre servi de caméra (via l’appli Super 8) et de sous-plat pour les confits de canard.

Alex remporte brillamment la dernière étape de la saison 1 (son deuxième titre !), suivi de près par Karine et Doc qui en profitent pour cramer la politesse à plusieurs prétendants au podium du classement final. En fait, ils étaient pas moins de dix, avant le dernier round, à briguer un accessit.
Éliminé de façon prématurée, The Brain est retourné à ses chères platines pour donner du groove à la soirée. Ambiance qui s’est prolongée jusque tard dans la nuit au son d’étranges craquements… L’exotisme campagnard, sans doute. Ou les haricots blancs…

[ télécharger la vidéo ]
WMV env. 12,5Mo

Le lendemain, sensation : Benito s’impose (limite facile) lors du round inaugural de la saison 2 ; et Sylvain arrache une troisième place synonyme de « back to business ! » après deux étapes passées à peler des oranges dans le gruppetto.

Merki Aurélien pour ton accueil à La Chaumière. Ce week-end à la campagne, entre couillus (no offense, Karine), était juste parfait pour conclure la saison 2011 et commencer 2012 sous les meilleurs auspices !

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En cherchant à savoir si d’autres utilisateurs du plugin Flash Video Player rencontraient le même bug, j’ai appris que l’auteur, Joshua Eldridge, n’assurait plus le support (en tout cas, la page d’assistance vers laquelle renvoie WordPress n’existe plus).
J’avais choisi ce plugin car il se basait sur l’excellent lecteur Flash développé par Jeroen Wijering, mais il se trouve que ce dernier (et la startup qui s’est construite autour de lui) propose désormais son propre plugin WordPress. Ceci explique peut-être cela…
Toujours est-il que j’ai remplacé Flash Video Player par JW Player for WordPress et que, sauf hallucination, le bug n’est plus.

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ChromeSi vous utilisez Google Chrome, il se peut que vous ne parveniez plus à ouvrir la page http://www.frank-poupart.org/blog/ sans que Chrome ne plante comme une merde. En fait, la page charge indéfiniment et le navigateur ne répond plus.
Dans certains cas ce message d’erreur apparaît mais, que l’on choisisse d’attendre ou de fermer la page, Chrome reste bloqué.

Je pense que ce bug se produit depuis la dernière mise à jour de Chrome (i.e. le 23 janvier, version 16.0.912.77) et qu’il résulte d’un conflit entre le plugin WordPress Flash Video Player et la gestion de Flash par Chrome (vous observerez que les pages du blog sans composant Flash continuent de s’ouvrir parfaitement).
J’ai désinstallé et réinstallé Chrome : pas mieux. Riton m’a confirmé que Chrome plantait aussi chez lui. Notez que nous sommes sous Windows 7, j’ai pas testé avec un OS antérieur.

Comme j’utilise en parallèle quatre navigateurs différents*, je sais que c’est un problème propre à Chrome sous Windows (RAS avec Firefox, IE, Safari et même Chrome sous Mac Snow Leopard !). J’ai un peu creusé le truc et j’ai trouvé une rustine, en attendant qu’une prochaine release Chrome corrige éventuellement ce bug, ou que je change de player (ça me ferait mal).

Pour gérer le Flash, Chrome s’appuie sur deux plugins, celui distribué par Adobe et un plugin maison.
Ces plugins font sensiblement le même boulot et il n’est pas nécessaire d’activer les deux (mais ils le sont par défaut). Je vous propose donc la manip suivante :

1. Ouvrez Chrome, tapez « chrome://plugins » dans la barre d’adresse et validez.

2. Cliquez sur le lien « Détails », comme indiqué sur la capture d’écran ci-dessous.

Screenshot Chrome Plugins

3. Repérez les composants Flash et désactivez-les, comme indiqué sur la capture d’écran ci-dessous (la désactivation se matérialisera par un effet grisé sur les composants).

Screenshot Chrome Plugins

4. Ouvrez un nouvel onglet et lancez la page http://www.frank-poupart.org/blog/
En lieu et place des vidéos, vous devriez trouver le message : « Get the Flash Player to see this content. »

5. Revenez sur l’onglet « Plug-ins » et réactivez le composant Flash Adobe (NPSWF32.dll), pas celui de Chrome.

6. Relancez la page http://www.frank-poupart.org/blog/ Bingo !

Là, le mec qui a un tant soit peu suivi brûle de me dire : « C’était pas plus simple de désactiver directement le composant Flash de Chrome à l’étape 3 ? » Bah oui mais en fait non… ça merde. Ne me demandez pas pourquoi.

Le truc lourd, c’est qu’il faut recommencer à chaque démarrage de Chrome (d’où le nom de « rustine »).

Si pas bingo (j’en connais qui ont pas de chatte), videz le cache de Chrome en procédant comme suit :
En haut à droite de l’interface, cliquez sur la clé à molette ;
Cliquez sur « Options » ;
Dans le menu de gauche, cliquez sur « Options avancées » ;
Dans la partie « Confidentialité », cliquez sur « Effacer les données de navigation » ;
Cochez les cases « Vider le cache » et « Supprimer les cookies et autres données de site et de plug-in » (décochez les autres), puis cliquez sur « Effacer les données de navigation ». Pour finir, recommencez les étapes 1 à 6.

Si vraiment rien n’y fait (atroce), reste une deuxième méthode, beaucoup plus radicale : utilisez Firefox (ou n’importe quel autre bouzin qui navigue sauf Chrome).

De mon côté je vais voir si je peux arranger ça…
Si quelqu’un a une idée, je prends aussi.

*C’est pas que je suis parano mais il faut savoir que chaque moteur de rendu est différent et qu’il y a parfois des écarts notables entre navigateurs.
Par exemple, le profil colorimétrique de Chrome est différent de celui de Firefox : une photo apparaîtra plus saturée dans Firefox que dans Chrome (faites l’expérience, vous pourriez être surpris). Depuis que je m’en suis rendu compte, et vu que je ne suis pas très stable mentalement, j’essaie toujours de trouver un juste milieu lors du post-traitement de mes images afin que ces dernières aient à peu près la même gueule dans tous les navigateurs.
Et je ne vous parle pas des autres différences (liées notamment au respect des langages de programmation).

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Pendant que les joueurs NBA paradent au Slam Dunk Contest et se livrent à des numéros de cirque tape-à-l’œil et guignolesques, incapables d’assumer l’héritage des années 84-94 (Wilkins, Jordan, Webb, Brown, Kemp…), un certain Kenny Dobbs bouge son « petit » mètre 90 et brade son talent sur des parquets moins lustrés. Il envoie des combos d’un autre monde, voire d’un autre temps. Jamais vu un type aussi inventif.
Kenny à l’entraînement, facile (replays et arrêts sur images conseillés pour prendre la mesure du pâté).


Dans le genre stylé et méga-explosif, il y a aussi Terrell Cournoyea aka T Dub du groupe TeamFlightBrothers (notez le 540 en fin de séquence, monstrueux).
Vu les hauteurs stratosphériques auxquelles il évolue (sa tête tutoyant régulièrement le cercle) et sa taille de laveur de carreaux (175cm !), je vous laisse calculer la détente du gazier. Sans parler de son hang time qui défie les lois de la gravité.


Même sur des paniers de poussins, je vois pas comment j’aurais pu un jour passer des dunks pareils :-D

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« Je m’étais fixé jusqu’à trente ans pour réussir quelque chose dans la vie. Et j’avais vingt-neuf ans et demi. »
Rémi (Patrick Dewaere) dans Beau-Père, de Bertrand Blier.

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« Les échecs aliènent les maîtres, tourmentent leur esprit de telle façon
que la liberté intérieure des plus forts doit en souffrir »
Albert Einstein

Bobby Fischer Against the World est un film documentaire réalisé par Liz Garbus relatant la vie du champion d’échecs américain Robert James Fischer (dit Bobby Fischer)  ; il a été présenté en ouverture du Sundance Film Festival 2011.
Arte a diffusé le 6 décembre dernier une adaptation française sous le titre 64 cases pour un génie.
Bobby Fischer est souvent considéré comme le meilleur joueur d’échecs qui ait jamais existé. C’est moins la durée de son règne qui impressionne, laquelle a été relativement courte (de 72 à 75), que son insolente supériorité sur l’échiquier ; aucun joueur avant lui n’avait dominé aussi largement ses contemporains.
Champion des États-Unis à quatorze ans, grand maître à quinze, ce self-made chess player est tombé dans la marmite à l’âge de six ans et a passé le plus clair de son enfance à étudier et à réinventer les échecs claquemuré dans sa piaule de nolife, à Brooklyn, à une époque où l’apprentissage théorique se faisait encore dans les livres.

Si son génie des échecs est unanimement reconnu, l’homme a toujours divisé.
Il a quitté prématurément l’école pour se consacrer à son unique passion, les échecs. Cette obsession – sans doute nécessaire au développement de son art – ne lui a pas permis de se socialiser comme les autres enfants de son âge.
Délaissé par une mère militante communiste (fichée par le FBI !), et orphelin d’un père qu’il n’a jamais connu, Fischer a très vite été en proie à ses démons intérieurs. Pour ne rien arranger, sa conquête du titre mondial, dans le contexte de la guerre froide, fera peser sur lui une pression qui dépassait de loin les seuls intérêts de la sphère échiquéenne.
Il y a deux Bobby Fischer en fin de compte, le joueur, qui a légué des trésors d’inventivité et fait entrer les échecs modernes dans une ère nouvelle, et l’homme, qui a cédé à la paranoïa, aux propos conspirationnistes et antisémites qui l’ont rendu détestable.

Le docu met l’accent sur la personnalité de Fischer et ses frasques mémorables, passe un peu vite à mon goût sur les années 62-68 (au point qu’on ne comprend pas trop pourquoi Fischer dit « les russes ont voulu m’empêcher de jouer cette finale, ils ont sali mon nom, ils me craignent depuis des années… »), et fait la part belle au match qui l’opposa à Boris Spassky pour le titre mondial, en 72 à Reykjavik. Le « match du siècle » qui cristallisa la victoire du « monde libre » face au système soviétique.

Le film est monté sans voix off, ce choix permet à la réalisatrice de garder une certaine distance vis-à-vis de son sujet, et au spectateur d’apprécier librement ce qui lui est donné de voir et d’entendre. La narration repose uniquement sur les documents d’archives (dont plusieurs inédits) et les interviews de différentes personnalités : Henry Kissinger, Susan Polgár, Garry Kasparov…

En conclusion, un biopic plutôt bien foutu et intéressant, même pour celui qui ne kiffe pas spécialement les échecs.


Voici la sixième partie du match Fischer-Spassky qui est, de l’avis de nombreux spécialistes, la partie la plus aboutie de ce championnat du monde.

En extra, une célèbre partie qui opposa Donald Byrne (un des meilleurs joueurs américains des années 50-60) à Bobby Fischer, alors âgé de… treize ans ! Fischer sacrifie sa dame et inflige à Blanc une attaque dévastatrice.

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« Je n’étudie pas ; j’invente. » Viktor Kortchnoï
« Je ne vois qu’un coup d’avance, mais c’est toujours le bon. » José Raúl Capablanca

Le jeu sur Internet s’est considérablement développé ces dix dernières années, et force est de constater qu’on ne joue pas sur Internet de la même façon que « dans la vraie vie » (ITRW disent les geeks).
Cela tient sans doute à l’environnement sociologique des serveurs de jeux, lequel est régi par des codes propres aux communautés virtuelles (aspect que je n’aborderai pas ici, sinon de façon très indirecte), mais aussi et surtout au format de jeu le plus répandu en ligne : le blitz1.

D’après la définition de la FIDE (Fédération Internationale Des Échecs), le blitz est « une partie où tous les coups doivent être joués dans un temps limité de moins de 15 minutes pour chaque joueur ; ou bien le temps alloué + 60 fois un incrément quelconque est inférieur à 15 minutes pour chaque joueur ». Par incrément comprenez : un temps additionnel (variable) alloué à chaque joueur après qu’il a consommé son temps de réflexion initial. Ce temps additionnel peut être appliqué selon différentes méthodes : Fischer, Bronstein, hour glass…
Au jeu de Go, cet incrément est presque systématique et porte un nom particulier : le byo-yomi. Par exemple, un byo-yomi de 30 secondes signifie qu’au-delà du temps de réflexion initial, chaque joueur dispose de 30 secondes (et pas une de plus) pour jouer chacun de ses coups. S’il dépasse ce délai, il perd immédiatement la partie. Dura lex, sed lex.
Pour ce qui est d’Othello, nous appelons blitz une partie où le temps de réflexion est fixé à 5 minutes (maximum) pour chaque joueur. Précisons que, au départ, une partie d’Othello dure moins longtemps qu’une partie d’Échecs ou de Go.
À ma connaissance, les blitz d’Othello sont toujours joués sans incrément (on parle de cadence KO ou encore de mort subite), autrement dit il n’y a jamais de temps additionnel. D’ailleurs, aucun serveur d’Othello ne propose de paramétrer un temps additionnel. La raison à cela est que la gestion du temps est plus évidente à Othello qu’aux Échecs ou au Go. En effet, Othello est un jeu de remplissage, la fin de la partie intervient la plupart du temps lorsque 60 coups ont été joués (nombre de coups nécessaire pour remplir intégralement le plateau de jeu), ce qui est facilement prévisible, tandis qu’aux Échecs, par exemple, les parties peuvent durer presque indéfiniment (des règles spécifiques permettent toutefois de minorer ce risque : répétition de coups, pas assez de matériel pour mater…).
Dans la pratique, quel que soit le jeu (et abstraction faite de la définition FIDE), on associe généralement le blitz à une cadence de 5 minutes par joueur. C’est du moins vrai pour les parties « réelles » car, sur les serveurs de jeu en ligne, les blitz sont plus souvent cadencés entre 1 et 3 minutes, d’aucuns parlent alors de cadence « lightning » (unleash hell !).

Le blitz n’a pas bonne réputation. Les puristes ne jurent que par le « jeu sérieux », lequel rime forcément avec constipation réflexion intense et partie longue. (Au japon, certaines parties professionnelles de Go durent plus de 8 heures !)
D’une certaine façon, le blitz serait au jeu ce que le fast food est à la gastronomie.
Faute de temps, les stratégies nécessitant une grande profondeur d’analyse sont sacrifiées aux petites combinaisons tactiques et autres arnaques ; en 1 minute l’instinct prévaut sur le calcul. On se lance dans un plan sans avoir pris le temps d’en calculer toutes les chances de succès, sur le seul gage de l’intuition, parce qu’on sent qu’ « il y a quelque chose à y faire » ; au Go on appelle ça l’aji.
Et il est vrai que les parties jouées dans un temps très court comportent plus de coups approximatifs que dans un format long, et même de fautes grossières, et les tesujis2 y sont plus rares, quand ils ne sont pas involontaires :-D
Alors pourquoi ce format rencontre-t-il un tel succès sur Internet ?

Éléments de réponse :

• Internet est un endroit anonyme, il est donc particulièrement ouvert aux irrégularités, de petits malins se sont vite sentis obligés de jouer avec l’assistance d’un programme pour gonfler artificiellement leur classement (lors même qu’il n’y a strictement rien à gagner, mais bon, ce faisant ils ont sans doute l’impression d’avoir un plus gros zizi). De fait, les cadences très courtes (1 ou 2 minutes) limitent les risques de tricherie.

• Les parties rapides permettent de jouer des ouvertures exotiques sans forcément prendre une rouste. Sortir très vite de la bibliothèque des ouvertures communément jouées (et récitées par cœur jusqu’au coup 30 et plus !) a pour effet de mettre très tôt la pression sur l’adversaire, en le forçant à consommer de son temps pour trouver la réfutation qui lui permettra d’avoir un avantage positionnel, voire, si vous avez joué un coup vraiment atroce déraisonnable, de tuer la partie. Mais le fait est qu’il n’a qu’une poignée de secondes pour prendre les bonnes décisions, ce n’est pas toujours suffisant (en 1 minute le temps passe comme une balle), notamment lorsque la séquence opposable est contre-intuitive…
Selon votre niveau de préparation, et dans le cas où votre adversaire ne parvient pas à trouver de réfutation, il se peut donc que vous abordiez le milieu de partie dans une position avantageuse et que votre crédit temps soit plus confortable ou, soyons réalistes, moins désespérant que celui de votre adversaire. Ainsi, des joueurs de niveau modeste parviennent parfois à prendre le meilleur sur des joueurs mieux classés.
Arnaque, dites-vous ? Couilles, je vous réponds.

• Le blitz est extrêmement fun. Si l’on admet qu’il y a une part de hasard dans les parties en 1 ou 2 minutes, il ressort que l’avantage peut très souvent passer d’un camp à l’autre et que l’issue d’une partie est plus que jamais incertaine. Cela confère au jeu une dimension particulièrement ludique et jubilatoire, là où partie sérieuse pourrait rimer avec maux de tête et ennui profond.
Je force un peu le trait mais il faut reconnaître que le blitz (et le rapport permanent à cette troisième force qu’est le temps) a pour lui un vrai pouvoir de séduction et de divertissement.
Le blitz, ça me fait penser au type qui est sur le point de désamorcer une bombe : Je coupe le fil blanc ou le vert ? Je joue la case X ou bien je reprends le bord ? Merde, merde, merde, je suis court au temps, allez j’y vais au feeling, je verrai bien si ça me pète à la gueule…
S’il s’agissait d’un jeu vidéo, on dirait du blitz que c’est un jeu arcade.

• Le blitz permet d’enchaîner un maximum de parties et donc de mémoriser un large éventail de modèles de parties et de séquences de jeu, en se familiarisant avec de nombreuses positions et en acquérant les bons automatismes vis-à-vis de ces dernières. Ce capital empirique pourra se révéler tout à fait déterminant lors d’une partie à cadence classique, en ceci qu’il permettra d’élaguer plus efficacement les branches de l’arbre décisionnel, jusqu’à trouver le bon coup, notamment en situation de stress (zeitnot3).
C’est en outre un bon moyen d’expérimenter une ouverture particulière et d’en tester toutes les variantes…

• Ai-je besoin d’ajouter que le blitz ne requiert que peu de temps ? Vous avez 10 minutes à tuer ? C’est suffisant pour jouer deux ou trois blitz…

Dit comme ça, on pourrait croire que le blitz est la panacée pour les débutants et que n’importe quelle brêle a une chance de dérouiller Tamenori. C’est pas mon propos. D’ailleurs, je déconseille vivement le blitz aux joueurs débutants (sinon à vouloir les en dégoûter). Rien ne remplacera jamais l’étude approfondie du jeu et les bénéfices qu’on peut tirer d’une partie pédagogique avec un joueur expérimenté.
Au reste, ce n’est pas complètement un hasard si les meilleurs blitzeurs sont en général les meilleurs joueurs tout court. À titre d’exemple, les deux derniers champions du monde de blitz d’Échecs ne sont autres que Magnus Carlsen et Levon Aronian, respectivement numéro un et deux au classement actuel de la FIDE.
En revanche, le blitz est un terrain tout à fait recommandable pour les petits filous dans mon genre qui ne consacrent que peu de temps à l’étude mais qui ont déjà quelques dizaines de milliers de parties au compteur, et qui arrivent parfois, sur la base d’un malentendu, à faire tourner les choses à leur avantage.
Je ne sais pas si c’est ce qui est arrivé à Sakhan Gashimov (le frère aîné et manager du top seed Vugar), toujours est-il qu’il a créé la surprise en s’imposant au tournoi blitz de Donostia, le 6 janvier dernier, au nez et à la barbe de types qui lui rendaient près de 350 points ELO ! Du moins sur le papier…

Bon, pour donner du corps à cette entrée en matière un peu fumeuse, j’ai décidé de vous commenter deux parties blitz que j’ai jouées récemment sur l’excellent serveur de jeu Playok (Kurnik).
C’est la première fois que je me livre à un exercice de cette nature et, vu mes piètres compétences en matière d’analyse, je vais me concentrer sur la façon dont j’ai « vécu » ces parties, et les raisons subjectives, bonnes ou mauvaises, qui m’ont poussé à jouer tel ou tel coup… Il se pourrait que ce soit un peu trivial.
By the way, c’est aussi pour moi l’occasion de tester l’applet de LiveOthello (merci Bruno, Manu et Stéphane pour ce superbe outil). À noter que j’ai bricolé, pour mon propre usage, un skin baptisé blackwood (les goûts, les couleurs, tout ça).

Le contexte : nous sommes le 8 janvier, tard dans la nuit, j’ai ouvert une session sur le serveur de jeu Playok et créé une invitation pour des blitz cadencé à 2 minutes par joueur (ma zone de confort, enfin je crois).
Je précise que sur Playok, comme sur la plupart des serveurs de jeu en ligne, les pions se retournent simultanément et instantanément, le temps de votre pendule s’arrête donc au moment précis où vous cliquez sur la case de votre coup. Partant, jouer des blitz de 1 ou 2 minutes sur Internet n’est pas réaliste : dans la vie, la vraie, le fait de retourner physiquement les pions coûte du temps, un temps non négligeable dont on fait ici l’économie.
Les blitz de 1 minute sont courants sur Internet (cette cadence assure 2 secondes de réflexion par coup, sachant que les premiers coups sont souvent joués à tempo), en revanche, en situation de jeu réel, c’est une cadence impossible à tenir sans une très bonne dextérité et rapidité d’exécution.
De ce point de vue, le serveur japonais Yahoo! Mobage est plus réaliste : les pions se retournent les uns après les autres et la pendule ne s’arrête que lorsque le dernier pion est retourné. Cela peut avoir des effets pervers dans les parties de 1 minute (je l’ai appris à mes dépens), notamment si vous faites passer votre adversaire plusieurs fois en fin de partie…
Mais revenons à nos moutons. Un joueur m’a rejoint, un Japonais justement (pas étonnant, étant donné l’heure), son pseudo : simasuke, son niveau : 1907 (au moment de la partie, s’entend), ça pique, c’est presque 300 points de plus que moi (mon niveau fluctue entre 1500 et 1800 sur Kurnik, cette amplitude s’explique du fait que je joue des parties en série. Ainsi, lorsque je joue 20 parties contre un même joueur et que je prends 18 roustes, mon niveau s’abîme inévitablement dans les profondeurs abyssales du classement ; inversement, lorsque j’enchaîne les gains…).
C’est mal barré, mais qu’importe, « même un boulet de canon craint le brave », dit un proverbe russe :-D

 

Première partie. J’ai Noir. J’ouvre les hostilités.
(En gras les coups joués dans la partie.)

1.c4 2.e3 3.f4 4.c5 5.d6 6.f3 7.e2 Ouverture Bhagat (elle doit son nom au joueur anglais Peter Bhagat).
C’est une ouverture qui date du milieu des années 80, passée de mode, je la joue régulièrement sur Internet pour éviter les variantes trop courues de la Rose (je n’ai rien contre la Rose, cela dit).
Donnée perdante pour Noir, l’ouverture Bhagat est très peu pratiquée. Mais cette faiblesse fait aussi sa force car peu de joueurs se donnent la peine d’étudier les ouvertures dites perdantes (et donc d’en connaître les subtilités et les réfutations), partant du principe qu’un joueur raisonnable ne s’y risquerait pas.
Soit dit en passant, dans une newsletter (The Fox, août 1990, p.4) de la BOF (British Othello Federation), Michael Handel s’adresse aux joueurs débutants et leur dit, à propos de l’ouverture parallèle : « This opening is useless, just don’t play it ! » Je pense au contraire qu’il faut encourager les débutants à jouer et à étudier toutes sortes d’ouvertures, pour mieux les comprendre, connaître leurs forces et leurs faiblesses. Il semble parfois que les joueurs ne soient obsédés que par la recherche exclusive de lignes parfaites, sans considération de style ou d’imagination ; de mon point de vue cela enlève beaucoup au plaisir pur du jeu.

Le fait que simasuke marque un premier temps de réflexion m’incite à penser qu’il est en mode hors piste. Au-delà de l’ascendant psychologique (encore très relatif à ce stade de la partie), cela me permet d’être en avance au temps, ce qui est essentiel dans un format blitz de 2 minutes par joueur !

8.d3 9.c3 10.e6 Variante principale. Cette séquence est évaluée b++ par la Commission Ouvertures de la FFO, autrement dit : gros avantage Blanc. Oui, j’aime bien les situations de merde. Et je ne déconne qu’à moitié : dans des parties aussi rapides, il est parfois plus facile de survivre (peu de bons coups = peu de temps de réflexion) que de devoir « faire le jeu » en ayant l’embarras du choix…
Il m’est arrivé de répondre 11.f2 mais depuis un certain temps je préfère jouer 11.g4. Les autres coups envisageables, c6 et b4, ne m’ont jamais inspiré. 11.g4 enlève le coup Blanc en f5 tout en préparant 13.f2. La réponse naturelle (et presque systématique) de Blanc dans cette position est 12.b4 qui retire l’accès Noir à f2 et donne à Blanc une bonne forme4 (structure ramassée au centre).

13.d2 Seul coup potable. Au premier regard, ce coup a de quoi faire peur (il retourne beaucoup de pions et agrandit la frontière5 de Noir) quoiqu’il soit insidieusement bon (enfin, pas si mauvais quoi) et prépare b3. Blanc peut priver Noir de cet accès en jouant 14.c6 mais ce faisant il donnerait à Noir un voire deux coups tranquilles6 en f5 et f6.
Blanc doit donc réfléchir à un autre coup, et il y en a une chiée. Ça tombe bien, perso j’ai tout mon temps :-D

14.c2 Typique. Ce coup semble pourrir b3 mais il n’en est rien, 15.b3 reste la meilleure réponse de Noir.
Après c2b3, Blanc a perdu son accès à f1 et s’est pourri celui en f2. Je suis toujours en bibliothèque et joue à tempo. Il se pourrait que la mayonnaise prenne.

16.c6 Je n’attendais pas ce coup qui retourne d5 et donne à Noir un coup tranquille avec 17.f5. Je me préparais plutôt à c7 ou e7…

18.d1 19.e1 20.f1 21.f2 Le coup d1 permet à Blanc de préparer un coup peinard en b5. J’hésite à répondre 19.f6 mais j’ai un mauvais feeling en pensant à une possible réponse de Blanc en f1… Je choisis donc de jouer une séquence sur le bord nord, en me disant que f6 pourrait attendre.

22.a3 23.a5 24.g1 J’imagine que l’idée de a3 était d’ôter mon accès à f6 mais je le récupère aussitôt avec a5, cet échange semble à posteriori dispensable, 22.g1 directement était sans doute meilleur.

En jouant g1, Blanc s’est donné un accès à c1 qui n’offrira aucun nouveau coup à Noir, il menace donc de « gagner un temps ».
À cet instant précis je n’envisage que deux options : soit je joue 25.f6 et laisse Blanc jouer c1, avec dans l’idée d’attaquer par la suite son bord de 5 (reste à savoir de quelle façon) ; soit je joue b1 (sans espoir d’insertion en c1 vu que je n’y aurai pas accès) pour forcer Blanc à ouvrir le jeu… Je choisis cette dernière.
Il ne m’est pas venu de forcer c1b1 (suivi de f6, à vue de nez) car l’idée même de permettre à Blanc d’avoir un bord équilibré est pour moi synonyme d’emmerdements à long terme. Faut-il rappeler que nous jouons en blitz et que chaque seconde compte. Donner un bord équilibré signifierait que je suis sûr de ce que je fais, et sûr d’avoir l’avantage, ce qui n’est absolument pas le cas. Évidemment, à froid, sans pression et sans limite de temps, il est plus facile de se projeter et d’envisager toutes les possibilités…

25.b1 26.g5 27.f6 28.e7 Les coups s’enchaînent et, curieusement, j’ai pas l’impression que nous fassions de grosses bourdes.
J’hésite à jouer 29.h6 mais je crains 30.g3 et ne parviens pas à voir la suite, j’ai peur de devoir jouer h3 à un moment donné, de me retrouver avec une grosse influence7 et des faiblesses un peu partout. 29.b5 me paraît plus sage ou, mettons, moins anxiogène :-D

Ma position après b5 me plaît bien ; Blanc semble contraint de jouer un coup assez faible (en fait, Othello impose aux joueurs une sorte de zugzwang8 perpétuel ; c’est un des rares jeux où il est presque toujours souhaitable de ne pas avoir le trait !).
Ce sera finalement 30.a6.
30.a6 offre à Noir une insertion facile (et presque forcée) en a4. En contrepartie, Blanc se donne un accès à g6. Mais après 31.a4 il doit d’abord répondre 32.b6 (qui serait un coup tranquille pour Noir).

Et nous y sommes. C’est en général le moment que je choisis pour foirer lamentablement mes parties, mais allez savoir, aujourd’hui je le sens pas trop mal.
Quelle est la situation ? Quel est le plan ?
Blanc a une grande frontière au sud qui ne demande qu’à être traversée. No way.
Le coin nord-ouest est verrouillé et quelque chose me dit que si Blanc n’y joue pas en premier, Noir mourra dans d’atroces souffrances (la parité9, tout ça). Je préfère ne pas y penser.
Si c’était à Blanc de jouer, il jouerait sans doute ce coup tranquille en g6, qu’à cela ne tienne, je vais y jouer à sa place. C’est pas vraiment ce qui s’appelle un plan mais j’ai envie de dire : à chaque coup suffit sa peine.

33.g6 34.g3 35.f7 36.h5 37.e8 38.d7 39.h6 Je m’efforce de ne pas trop ouvrir et de tirer le jeu au sud-est, j’ai l’impression d’être sur la corde raide, mais visiblement Blanc n’en mène pas large non plus. C’est un peu à qui craquera le premier…

40.f8 La boulette. Alors que j’attendais h7, simasuke joue f8, menaçant h4 (enfin j’imagine que c’était son idée). Le problème est qu’après 41.h4 42.h3 43.h2, Blanc ne peut pas attaquer en g7 du fait que la ligne 7 est toute blanche (arnaque classique : Noir jouerait h7 sans retourner g7) ; à court de coups au sud, Blanc est condamné à sacrifier le coin nord-est et, incidemment, à jouer en premier dans le trou de 4 au nord-ouest, sachant que je répondrai systématiquement dans le même trou, Blanc finira forcément par jouer g7, me cédant ainsi la parité. À cet instant je sais que c’est dans la poche, reste à dérouler sans faire trop de bêtises.

J’ai soumis cette partie à l’analyse rétrograde de l’excellent programme Cassio (calcul de la finale parfaite depuis le coup 30 + évaluation du reste de la partie avec une profondeur de 23 coups), verdict : je fais 3 erreurs qui me coûtent 8 pions dans les 30 derniers coups (contre 3 erreurs et 12 pions côté Blanc) ; j’étais gagnant depuis le coup 31, c’est une petite surprise (perso je ne l’avais compris qu’au coup 40). L’avantage a changé de camp progressivement en milieu de partie. Et 40.f8 a définitivement scellé l’affaire.
Je suis jouasse.

30.A6?? Blanc rate la nulle
30.G2 G3 G6 H6 H5 H4 A6 A4 H3 D7 C8 H1 H2 C1 B6 C7 B2 E8 F8 G8 B8 G7 H8 D8 H7 A8 A7 B7 F7 A2 A1 32-32

31.A4 fait 33-31
32.B6 fait 33-31
33.G6 fait 33-31
34.G3 fait 33-31
35.F7 fait 33-31
36.H5? Blanc perd 2 pions
36.H4 F8 C7 D7 E8 B8 G8 H5 D8 G7 B7 A8 A7 C8 C1 H1 H8 H2 B2 H3 H7 G2 H6 A2 A1 33-31
37.D8 fait 35-29
38.D7 fait 35-29
39.H6 fait 35-29
40.F8? Blanc perd 9 pions
40.H7 H3 E8 F8 H4 H8 G2 C8 C7 B8 G8 G7 A8 B7 A7 H1 C1 H2 A1 B2 A2 35-29
41.H4 fait 44-20
42.H3 fait 44-20
43.H2 fait 44-20
44.G2 fait 44-20
45.H1? Noir perd 1 pion
45.G7 C1 H1 H8 B2 H7 G8 A1 A2 B7 C8 E8 C7 A8 A7 B8 44-20
46.C1 fait 43-21
47.B2 fait 43-21
48.G7? Blanc perd 1 pion
48.A1 A2 H7 H8 C8 C7 E8 B8 G7 G8 A8 B7 A7 43-21
49.H7? Noir perd 3 pions
49.C8 A1 A2 C7 H7 H8 G8 E8 B8 B7 A7 A8 44-20
50.A1 fait 41-23
51.A2 fait 41-23
52.H8 fait 41-23
53.G8 fait 41-23
54.E8 fait 41-23
55.C8 fait 41-23
56.C7? Noir perd 4 pions
56.B7 B8 C7 A7 A8 41-23
57.B7 fait 37-27
58.A7 fait 37-27
59.A8 fait 37-27
60.B8 fait 37-27

Revanche. On inverse les couleurs, c’est à simasuke d’engager.

 

1.f5 2.f6 3.e6 4.f4 5.e3 6.d6 Ouverture cheminée.

7.g4 8.d3 9.c3 10.h3 11.c4 12.g3 13.g5 14.g6 15.c7 16.c6 17.h5 Quoiqu’assez marginale, cette variante est jouée à tempo (ce qui n’est pas pour me rassurer). Rien que de très chiant et théorique (c’est une des rares ouvertures que j’ai étudiée avec un programme).
Après h5, une idée me vient (c’est pourtant pas le moment). Une intuition, plutôt. Une folie, tout bien pesé.
Je connais la suite naturelle : 18.f3 19.h4 20.h6 (après quoi Noir joue généralement e2, f2 ou c5). Mais quelque chose me dit que je vais me faire tataner. C’est chelou cette réaction, mais je réalise que j’ai probablement gagné la première partie sur un malentendu. Vu notre écart au classement, simasuke ne s’attendait sans doute pas à ce qu’on lui opposât une grosse résistance. Il aura joué sans forcer, se laissant surprendre. Soudain, je me mets à faire dans mon froc et gage que ma seule chance de m’en sortir, c’est de l’amener sur un terrain qu’il ne connaît pas. Au rayon des coups de merde, je choisis donc d2, un peu au pif. Nous verrons bien, me dis-je.

19.h4 Bien-sûr.
À cet instant je me dis que j’y suis allé un peu fort, que je vais finir ma vie seul et incompris. Et que je l’aurai cherché (Othello, à la base, c’est une tragédie).

20.e2 Allons-y gaiement :-D

21.f3 Pour empêcher Blanc d’y jouer.

22.b5 Je passe du côté obscur de la force ; c2 me tendait pourtant sa case…

23.b4 Coup au centre (se réserve c5), suivi de 24.f2, what else ?

25.c5 Dans la logique des choses, suivi de 26.d7, seul coup décent.

27.b6 28.c2 29.c3 30.c8 En jouant b6, Noir empêche Blanc d’y jouer tout en le forçant à agrandir sa frontière ; Blanc c2 ajoute un pion frontière mais empêche Noir d’y jouer un coup tranquille ; Noir c3 poursuit l’idée de ne pas traverser les murs nord et sud de Blanc ; enfin, Blanc c8 me semble être le dernier coup à peu près viable de Blanc. J’avoue ne pas avoir envisagé de reprendre le bord est avec 30.h6, craignant que 31.e8 ne tue la partie.

31.h2 Ça devait bien finir par arriver.
À présent Blanc « is entering a world of pain ! » Tous les coups à l’ouest semblent annoncer la fin du monde ; h6 ne m’avance à rien ; g2 est suicidaire. Étonnamment, je ne vois plus d’autre option que… 32.b2.
Ça semble plié mais je garde quelques raisons d’y croire : d’abord Noir ne peut pas prendre immédiatement le coin a1, il va donc devoir ouvrir le jeu (et consommer du temps), ensuite j’ai toujours la parité (je touche du bois), enfin la pendule aura vraisemblablement son mot à dire. Ayant une mobilité réduite, elle me sera à priori plus favorable… C’est maigre, mais il faut bien que je m’accroche aux branches.

33.e7 34.a3 Quitte à traverser la frontière blanche, Noir joue un coup au centre et se donne un accès au coin a1. L’espace d’une seconde, je pense alors à g7 pour reprendre le contrôle de la diagonale et feindre la possibilité d’un Stoner10 dans le coin sud-est (dans la précipitation, Noir pourrait être tenté de répondre f7…) mais le panneau est un peu gros. Et de toute façon je n’ai pas le temps de creuser la question.
L’échange h6h7 ne me tente pas, sans doute à tort (il s’avère que c’était le coup le moins pire), mais l’idée de donner à Noir un bord équilibré alors que ma situation est déjà critique, comment dire… Je joue finalement a3, histoire de me faire petit.

35.a1 36.a2 37.a4 38.a5 À ce stade je me dis que, perdu pour perdu, il faut que je sauve les meubles. Mon plan consiste donc à conserver la parité, coûte que coûte. Avec un peu de chance, en fin de partie, qui sait, il se pourrait que je trouve une arnaque…

39.d8 40.f8 41.e8 42.h6 43.h7 Je ne sais plus pourquoi j’ai joué 40.f8 (c’est le blackout dans ma tête). Toujours est-il qu’après la séquence de bord 39-41, et contrairement aux raisons que j’avançais de ne pas le faire, je décide finalement de forcer l’échange h6-h7. J’ai une sorte de vision. Un plan.
Je comprends que, dans cette configuration, le seul coup légal de Noir au sud-est, g8, est somme toute assez atroce. Dans l’absolu, les derniers coups de la partie pourraient être Noir g8 (forcé) suivi de f7 g7 h8.
Pour arriver à cette conclusion, reste à remplir les autres régions du plateau sans jamais perdre la parité, et à prier pour qu’il n’y ait pas d’arnaque à la con… Notez que je ne me pose pas la question du nombre de pions qu’il m’en coûtera d’arriver à cette fin ni des bénéfices que j’en tirerai sur un plan comptable, j’en suis incapable, question de temps, mais je suis déjà bien aise d’avoir trouvé une vague idée à suivre. Au mieux je vole la partie, au pire je perds avec dignité.

44.a6 Cohérent avec mon plan (à défaut d’être bon). Assure la parité au sud-ouest.

45.b1 Ce coup semble assez naturel/anodin, mais simasuke loupe un coup autrement plus dévastateur. Après a6, la diagonale a6-e2 est toute blanche, Noir pouvait donc jouer f1 sans que Blanc puisse répondre e1. Si Blanc répond au sud-est, Noir joue e1 sans que Blanc ait accès à d1 ; et si Blanc répond au nord-est, mettons g2, alors b7a8 b8 !
Mais c’est plus rassurant, avec 15 secondes à la pendule, de jouer b1…

Contre toute attente, simasuke va merder sa finale et finir par me donner le gain (au coup 49, cf. analyse rétrograde plus bas) tandis que je ne concèderai que deux pions dans les 20 derniers coups. Le fait est que, pour un cerveau humain, les choix de Blanc étaient sans doute plus évidents que ceux de Noir.
La défaite est forcément amère pour Noir car elle ne reflète pas la physionomie de la partie.
Voilà qui illustre assez bien l’idée que j’évoquais plus haut dans cet article, à savoir qu’en blitz il est parfois plus facile de survivre que de faire le jeu. J’aurais dû payer cash mes excentricités de début de partie, mais le blitz est un jeu à part, qui nous contraint au-delà du calcul et de l’intuition à composer sans relâche avec le temps et la pression.

30.C8? Blanc perd 5 pions
30.H6 D8 E7 E8 A4 F7 A7 A2 A3 A5 F8 G8 B8 G7 H8 C8 H7 A8 A6 B7 A1 B2 C1 B1 E1 F1 H2 D1 G2 G1 H1 37-27
31.H2? Noir perd 3 pions
31.H7 H6 H2 B2 E1 C1 A1 F1 B1 D1 G1 A4 B7 A5 A7 A6 A3 A2 A8 B8 E7 E8 F7 D8 F8 G2 H1 G8 H8 G7 42-22
32.B2 fait 39-25
33.E7 fait 39-25
34.A3? Blanc perd 5 pions
34.H6 H7 G7 E8 A4 D8 F7 F1 F8 A3 E1 A5 G1 H8 G8 B8 A7 A1 A6 C1 D1 H1 G2 A8 B7 A2 B1 39-25
35.A1? Noir perd 1 pion
35.H6 G7 F7 A4 A6 G8 A1 A5 A2 B1 E1 E8 C1 D1 F1 H7 H8 G2 G1 H1 F8 D8 A7 A8 B8 B7 44-20
36.A2 fait 43-21
37.A4 fait 43-21
38.A5? Blanc perd 4 pions
38.H6 H7 D8 F8 E8 B8 G7 B1 C1 F1 E1 D1 G2 H8 B7 A8 F7 G1 H1 G8 A6 A7 A5 43-21
39.D8? Noir perd 3 pions
39.H6 G7 F7 E8 E1 D1 F1 G2 H8 F8 H7 G8 D8 A6 A7 G1 B1 C1 H1 B7 B8 A8 47-17
40.F8? Blanc perd 1 pion
40.H6 H7 A6 F1 G2 B7 E8 E1 A8 F8 F7 B8 G8 A7 G1 H1 G7 H8 B1 C1 D1 44-20
41.E8 fait 45-19
42.H6 fait 45-19
43.H7 fait 45-19
44.A6 fait 45-19
45.B1? Noir perd 9 pions
45.F1 G2 B7 A8 B8 F7 E1 D1 G7 H8 H1 G1 G8 C1 B1 A7 45-19
46.C1 fait 36-28
47.D1? Noir perd 3 pions
47.F1 G2 A7 B7 B8 A8 D1 E1 H1 G1 F7 G8 H8 G7 36-28
48.G2 fait 33-31
49.B7?? Noir donne le gain
49.E1 F1 B8 A8 B7 A7 H1 G1 F7 G8 H8 G7 33-31
50.A8 fait 25-39
51.B8 fait 25-39
52.A7 fait 25-39
53.H1 fait 25-39
54.E1? Blanc perd 1 pion
54.F1 E1 G1 G8 F7 G7 H8 25-39
55.F1 fait 26-38
56.G1 fait 26-38
57.G8 fait 26-38
58.F7 fait 26-38
59.G7 fait 26-38
60.H8 fait 26-38

Tout ça n’est pas très sérieux, au fond, mais ça laisse un méchant goût de reviens-y.

1 « Éclair » en allemand. Plusieurs autres mots du jargon ludique (échiquéen en particulier) sont d’origine germanique : zeitnot, zugzwang etc.
2 Terme japonais désignant un coup remarquable.
3 Littéralement « pénurie de temps ». Situation qui se produit en fin de partie, lorsqu’un joueur ne dispose que d’une poignée de secondes pour jouer plusieurs coups décisifs. Le zeitnot est souvent facteur de stress et de fébrilité.
4 Comme au Go, Othello est un jeu où la forme revêt une grande importance, notamment en début de partie, lorsque le calcul pur ne suffit pas (c’est encore plus vrai en blitz). L’apprentissage du jeu passe souvent par la compréhension de ce qu’est une bonne structure de pions. Nous conseillons toujours au débutant de se préoccuper de la forme avant que de se préoccuper du nombre de pions.
5 Frontière : L’ensemble des pions extérieurs, c’est-à-dire voisins d’une case vide (cf. Glossaire du livret d’initiation « À la découverte d’Othello » écrit par Emmanuel Lazard, Champion de France).
6 Coup tranquille : Coup qui ne retourne aucun pion situé en frontière. Souvent excellent (cf. Glossaire).
7 Influence : On dit que les pions d’un joueur exercent de l’influence lorsqu’ils l’obligent à retourner dans plusieurs directions en même temps (cf. Glossaire).
8 Zugzwang : Se dit de la situation d’un joueur qui est dans la « défavorable obligation de jouer ». Une situation où tous les coups possibles dégradent inévitablement la position du joueur qui a le trait.
9 Parité : Stratégie qui consiste à laisser un nombre pair de cases vides dans les trous où l’adversaire a accès (cf. Glossaire).
10 Piège de Stoner : Attaque d’une configuration de bord faible qui provoque un échange de coins (cf. Glossaire).

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« Quand je pense que ce jeu c’est moi qui suis allé le chercher… au Japon en plus. »
Patrick Dujardin

On vient d’apprendre que Lansay a obtenu les droits de distribution du jeu d’Othello en France (Othello est une marque déposée, propriété d’Anjar.co).
Ça ne nous sort pas de la crise, mais c’est une bonne nouvelle pour la petite communauté des othellistes français car, depuis quelques années, les jeux d’Othello se raréfient dangereusement dans les linéaires des grandes surfaces et autres boutiques spécialisées. Au point que le mois dernier, alors que je pensais naïvement que les fêtes étaient un moment propice à acheter des jeux, il a fallu que je passe Bordeaux au peigne fin pour trouver une boutique approvisionnée : La Grande Récré, place des Grands-Hommes (actuellement la seule enseigne intra-muros qui propose Othello, à ma connaissance). Et je n’étais pas au bout de mes surprises puisque le jeu vendu n’était pas celui auquel je m’attendais (i.e. le classique de Mattel), il s’agissait d’un modèle tout plastique (sans feutrine, diantre !), de couleur bleue (What tha fuck ?! Moi qui croyais que le vert Pantone 356U était une des caractéristiques inaltérables de la marque…), fourni par Mattel Canada !
Sur le moment, je me suis dit que ça sentait le sapin, mais pas celui de Noël…

S’ils n’en vendent pas au moment des fêtes, je ne vois pas quand ils pourraient en vendre (ou la logique de distribution m’échappe complètement).
Quoi qu’il en soit je décide d’appeler Mattel France, disons, par acquit de conscience. Une dame m’explique que Othello est sorti de leur catalogue en 2004 et que les jeux encore vendus sont des fins de stock. J’ai quelques doutes à ce sujet (je tique notamment sur la date) mais vu qu’elle ne me donne pas vraiment l’impression de maîtriser tous les tenants et aboutissants du dossier je n’insiste pas (sans doute avais-je affaire − sans malveillance aucune − à une simple conseillère de vente).
Est-ce à dire que Mattel France a abandonné la marque parce qu’il se vendait de moins en moins d’unités ? Sur ce point j’ai eu pour seule réponse : « Mattel renouvelle régulièrement ses collections ». Traduisez : probablement (what else ?). D’un autre côté, on peut pas dire que Mattel ait fait de gros efforts pour promouvoir le jeu… pas plus que pour tisser des liens avec la FFO.
Une chose est sûre, à présent c’est Lansay qui a la licence pour le marché français.
Va-t-on y gagner au change ? Là est la question.

Mon avis est que nous y gagnons instantanément (comme aux jeux de grattage). S’il est acquis que Mattel a jeté l’éponge depuis belle lurette et que la distribution d’Othello en France était depuis lors promise à la plus grande aridité, façon désert chilo-péruvien, Lansay apparaît un peu comme le Messie. Ce simple effet d’annonce suffit à redonner un minimum d’espoir vis-à-vis de la marque quant aux développements possibles sur le marché français.
Cela dit, au vu des premières images de ce que devrait être le plateau de jeu made in Lansay, quelques inquiétudes pointent aussi sec (Et je ne parle pas du fait que Lansay a plutôt vocation à s’adresser aux très jeunes − on est plus dans le domaine du jouet que celui du jeu. Pas sûr qu’ils fassent grand cas des joueurs de compétition, mais en disant ça je leur fais un procès d’intention, nous verrons bien).
Quand Mattel a succédé à Dujardin, les designers ont opéré un vrai lifting du jeu (tout en préservant les basiques : pions noirs et blancs, feutrine verte) : plateau de jeu alvéolé pour un meilleur centrage des pions ; pions bi-concaves pour une meilleure préhension (en pratique ça se discute, car les alvéoles rendent plus difficile le retournement des pions) ; coins arrondis (choix purement esthétique, on aime ou pas)…
Avec Lansay ça sent à priori plus le recyclage que la refonte. Nous retrouvons peu ou prou les mêmes pions, le même plateau de jeu (les coins arrondis en moins), la couleur bleue pourrait passer pour un élément novateur mais Lansay a manifestement repris la couleur des derniers modèles Mattel vendus hors hexagone (version plastique que j’évoque plus haut). Bref, tout ça me fait dire que nous avons là un ersatz de Mattel qui aurait de surcroît usurpé son appellation « deluxe » puisque rien, dans ce qui nous est donné d’en voir, ne semble la justifier (Où sont les matières nobles traditionnellement associées aux appellations « luxe » ou « deluxe » ? À ce compte imaginez la gueule du modèle standard…). Vous me direz, c’est purement marketing : il ne s’agit pas d’une appellation contrôlée (« Deluxe AOC » :-D ), on pourrait aussi bien l’appeler « ultimate deluxe collector edition », ces appellations n’ont jamais été un gage de qualité, et c’est regrettable (ce serait intéressant de conditionner les appellations d’un jeu de société au respect de certaines normes ou matériaux de fabrication, en faire de véritables labels de qualité en somme).

Gageons que Lansay n’en restera pas là et se donnera les moyens de produire un modèle moins cheap et plus orienté jeu de compétition (i.e. résistant et fonctionnel, voire beau).
Rêvons une minute : un jeu approuvé / recommandé par la FFO qui aurait donné des conseils avisés aux designers Lansay pour une meilleure jouabilité. On en profiterait pour glisser une pub dans les boîtes de jeu, hop, mine de rien…
Du temps où Dujardin distribuait Othello (Dujardin a été racheté par TF1 Games en 2007 mais vend toujours le jeu sous le nom de son aïeul, Reversi, lequel est libre de droit), on trouvait une publicité de la FFO à l’intérieur des boîtes, c’est d’ailleurs grâce à ce leaflet que j’ai eu connaissance de la fédération et que j’en suis devenu membre (ça remonte au début des années 90, vous savez, quand nous n’avions pas encore Internet, l’antiquité quoi). Et lorsque Paul Ralle est devenu champion du monde (en 1984 à Melbourne, Australie), Dujardin collait sur les boîtes d’Othello des macarons dorés mentionnant le sacre du jeune Français.
Je crois savoir qu’à l’époque Dujardin filait chaque année une subvention à la fédé, pas des mille et des cents, faut pas déconner, mais on sentait bien l’idée d’une stratégie gagnant-gagnant.

En parlant de Dujardin, j’ai trouvé sur le site de l’INA cette pépite (1978) :


Notez que les jeux Dujardin (modèle Reversi donc), même combat, ça devient hyper tendu d’en trouver. Mais on ne s’en plaindra pas (mauvaise came, les pions cassent facilement, la feutrine se décolle…).

Le jeu idéal, à tout prendre, il existe déjà. L’emmerdement c’est qu’il vaut excessivement cher (31500¥ soit environ 315€) et qu’il est épuisé.
Ce modèle d’exception a été tiré à 200 exemplaires seulement pour commémorer le trentième anniversaire du championnat du monde d’Othello, en 2006 au Japon (à Mito plus précisément, ville natale de l’inventeur du jeu, Goro Hasegawa).
C’est Tsukuda qui avait produit cette petite merveille (toile sur bois, et pions vraisemblablement en bakélite) que je n’ai pas eu les moyens de m’offrir. J’en cauchemarde encore.

Naturellement, le marché japonais est beaucoup plus porteur pour Othello et le nombre de modèles disponibles est comparativement indécent. En voici quelques-uns, photographiés dans un des énormes centres commerciaux du quartier électrique (Akihabara, Tokyo), en octobre dernier.

Un facing entier pour les jeux d’Othello, impossible de passer à côté.
Il y en a de toutes les sortes et pour tous les goûts, quel pied d’avoir l’embarras du choix !
Voici le modèle classique de MegaHouse, y’a pas photo comme qui dirait. Notez le médaillon dans lequel apparaît Goro Hasegawa. Il s’agit du packaging 2011 : la photo du créateur est désormais sur toutes les boîtes pour commémorer le 40e anniversaire du jeu.
La particularité de ce modèle est que les pions sont intégrés au plateau. Avantage : les pions sont toujours centrés, inamovibles, et donc ne tombent pas, ni ne s’égarent. Inconvénient (de mon point de vue) : on perd le plaisir du retournement sans véritable compensation, la manipulation peut même rebuter. Existe aussi en version poche.
On trouve également plusieurs modèles Reversi, voici le plus imposant (distribué par Hanayama), le plateau est au moins aussi grand que celui du modèle Tsukuda utilisé en tournoi. En revanche la qualité semble un cran au-dessous.
Deux modèles magnétiques qui ont rejoint ma collection perso : un 8×8 d’excellente facture (j’en avais acheté un en 2006, seul le packaging a changé) et un étonnant 6×6 qu’on réservera à l’usage des plus jeunes et des débutants (Le 6×6 a été résolu par Joel Feinstein), ou pour s’essayer à des parties moins ordinaires / formatées.
Une variante d’Othello développée par Goro Hasegawa avec des sections du plateau qui se déplacent et créent de nouvelles interactions (comme si c’était pas déjà assez compliqué), un peu à la manière de Pentago. Concept innovant ou tentation mercantile ? J’ai pas testé la bête, je ne peux donc pas vous donner mon avis, mais pour être franc ça ne me tente pas des masses.
Modèle bling-bling Fifty Cent. Du lourd. La notice conseille de prendre un antinauséeux avant de commencer une partie :-D
Une curiosité en format poche. Je l’ai pris en photo car le design m’a interpelé. Ce modèle fait la promotion de la Tokyo Sky Tree (tour de radiodiffusion de 634m dont la construction devrait s’achever au printemps 2012), mais s’agit-il d’un simple produit dérivé sans aucune autre spécificité ? Je ne saurais le dire. Si c’est une série limitée, il ne me surprendrait pas qu’on le retrouve sur Ebay dans quelques années, présenté comme un collector et vendu dix fois son prix d’origine.

Euh, merci à la boulette qui a servi de chevalet lors de ce shooting un peu hardcore (treize heures d’avion pour ces conneries de geek, il faut qu’elle me kiffe la boulette, et pas qu’un peu…).

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Il y a un peu plus d’un an, j’ai gratté un billet dans lequel j’émettais quelques réserves sur le QI des chats. En voici une illustration intéressante.
À chaud, je ne vois que deux options : soit il a oublié d’appuyer sur le bouton pour faire un double saut, soit sa copine vient de le larguer. ÉNORME.


Dans un registre très différent, le suicide de Superman, par Chris Ware.

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Ma mère ne jure que par le bio, version hardcore.
Si je l’écoutais, il faudrait que je mange des fleurs, et des galettes qui ont un goût de polystyrène. C’est excellent pour la santé, dit-elle.
Encore heureux.
Mais dernièrement je me suis laissé tenter par un combo un peu plus industriel (grande surface, rayon frais) :

Vous m'en direz des nouvelles !

Pour ma défense, le coulis (Ponthier) est 100% naturel, quant à la préparation (Herta), on y trouve quelques additifs mais rien de bien méchant. Le gâteau au citron est moelleux à souhait (servir tiède), et se marie divinement bien avec le coulis aux framboises (accords légèrement acidulés).
Pour faire descendre le tout, un cidre Pressoir de la Pomme d’or, produit par un artisan local (25 cours Balguerie-Stuttenberg). J’ai testé le demi-sec (6% quand même), ça le fait.

Suggestion pour un plaisir facile (coupable, donc). Une fois de temps en temps, y’a pas de mal.
Et c’est pas la boulette qui dira le contraire.

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